L1: l’heure des sanctions après Lyon-Marseille

Le meneur de jeu de l’OM Dimitri Payet touché par une bouteille d’eau lancée par supporter lyonnais depuis le virage nord du Parc OL, le 21 novembre 2021
Par Stanislas TOUCHOT, avec Jean DECOTTE / © 2021 AFP

Quelles sanctions après Lyon-Marseille? Deux semaines après l’interruption de ce match de Ligue 1 pour un jet de bouteille en plastique sur Dimitri Payet, la commission de discipline se réunit mercredi (16h30) pour trancher, enfin, et tenter d’endiguer les débordements à répétition en tribunes.

Secoué par une vague d’incidents graves depuis cet été, le football français attend fébrilement la décision de mercredi, mais aussi de nouvelles mesures gouvernementales espérées mi-décembre pour répondre à l’indignation générale, encore accrue par l’affaire OL-OM.

Le 21 novembre, le capitaine marseillais Dimitri Payet avait reçu une bouteille d’eau en pleine tête alors qu’il s’apprêtait à tirer un corner devant le virage occupé par des ultras lyonnais, où aucun filet de protection n’était installé. Le match, interrompu à 0-0 après seulement quatre minutes de jeu, n’avait jamais repris, au terme d’un imbroglio mêlant arbitre, clubs et représentants de l’Etat.

L’auteur du jet de projectile, interpellé, a été condamné par la justice à six mois de prison avec sursis en comparution immédiate.

Dans cette atmosphère pesante, les membres de la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) doivent s’extraire du contexte général et juger la responsabilité de l’Olympique lyonnais qui, tout en plaidant un “acte isolé”, risque gros.

Il s’agit de répondre à plusieurs questions: le dispositif de sécurité mis en place par l’OL était-il suffisant pour protéger les joueurs, ou bien défaillant? Dans ce dernier cas, quelle sanction doit être prononcée? Le match doit-il être rejoué, à Lyon, à huis clos ou encore sur terrain neutre? Doit-il plutôt être considéré comme perdu sur tapis vert?

“Mauvaise foi”

Le barème de sanctions n’étant pas très précis, Lyon et Marseille partagent la même incertitude avant le jugement.

A partir de 16h30, les débats débuteront devant la commission, qui avait initialement prévu de se réunir plus tard, à 18h00. Ce sera sans Payet, qui a choisi de ne pas participer, ni physiquement, ni en visioconférence, et pour l’heure sans dirigeants marseillais, pas conviés par la commission pour venir faire entendre leur voix, a-t-on appris mardi soir de source ayant connaissance du dossier, confirmant une information de L’Equipe et de RMC.

Dans le camp lyonnais, la thèse de “l’acte individuel et isolé”, que “personne ne peut anticiper ou empêcher”, sera défendue.

“Il faut être d’une mauvaise foi évidente pour comparer les événements (avec ceux) de Nice-Marseille, Montpellier-Marseille ou Lens-Lille”, soit des rencontres marquées par “des envahissements de terrains” ou “des bagarres”, a déjà avancé le président Jean-Michel Aulas, dont le club occupe la 12e place de Ligue 1.

Huis clos à titre conservatoire

Le soir du match, ce dernier avait demandé en vain la reprise du jeu, sans convaincre l’arbitre principal Ruddy Buquet. “Je fais malheureusement partie du Comex (Comité exécutif de la FFF, NDLR) et ça ne va pas en rester là”, aurait lancé Aulas à l’arbitre, selon le rapport arbitral consulté par l’AFP, alors que le dirigeant lyonnais a évoqué des propos “sortis de leur contexte”.

La commission de discipline, réunie en urgence le 22 novembre, avait prononcé à titre conservatoire un huis clos total du stade de l’OL, une mesure appliquée la semaine dernière lors de la défaite 2-1 contre Reims.

La commission a déjà su se montrer sévère cette saison: il y a un mois, l’instance présidée par Sébastien Deneux avait infligé à l’OGC Nice un retrait de deux points dont un avec sursis, ainsi qu’un huis clos pour trois matches, en réaction aux débordements survenus le 22 août lors de Nice-OM (jet de bouteille sur Payet, déjà, envahissement du terrain par des supporters et bagarre générale).

La décision rendue mercredi interviendra cinq ans après un jet de pétards ayant visé le gardien lyonnais Anthony Lopes à Metz. Au terme de l’instruction, la rencontre avait été rejouée et le club mosellan sanctionné d’un retrait de deux points (plus un avec sursis), une sanction réduite en appel à trois points de retrait avec sursis.

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