L1: les Girondins de Bordeaux, entre peur du vide et quête d’un repreneur

Les Girondins de Bordeaux, entre peur du vide et quête d’un repreneur
Par Raphael PERRY, avec Fanny CARRIER à Ploemeur / © 2021 AFP

Que va-t-il advenir des Girondins ? La décision de l’actionnaire King Street de lâcher Bordeaux, avec des conséquences immédiates difficilement perceptibles, a provoqué une onde de choc chez l’actuel 16e de Ligue 1… Mais aussi un début de mobilisation, avec déjà deux candidats repreneurs.

Que risque le club ?

A la suite de la décision du fonds d’investissement américain de ne plus financer le club, les Girondins ont été placés à leur demande entre les mains d’un mandataire ad hoc en charge de trouver une solution durable.

L’information a été confirmée vendredi à l’AFP par le tribunal de commerce de Bordeaux qui explique que “c’est une procédure préventive qui aboutit dans beaucoup de cas à un résultat satisfaisant”.

Dans l’absolu, plusieurs scénarios sont envisageables, allant de la rétrogradation automatique si le club devait déposer le bilan d’ici la fin de saison, ou administrative si c’est en fin de saison, en passant par l’hypothèse de l’arrivée d’un repreneur qui maintiendrait l’activité avec l’aval du tribunal de commerce.

Cette dernière option, la plus favorable, semble tenir la corde, d’autant plus après une disposition votée par le comité exécutif de la Fédération française (FFF) fin 2020 qui prévoit que “tout club qui ferait l’objet d’une procédure de sauvegarde ou de redressement judiciaire ouverte avant la reprise des Championnats 2021-2022 (l’été prochain, NDLR) ne sera pas automatiquement rétrogradé dans la division inférieure s’il bénéficie d’un plan de sauvegarde, d’un plan de redressement ou d’un plan de cession homologués par le tribunal compétent avant cette même échéance”.

Quels repreneurs possibles ?

Dans le microcosme bordelais, ils font à présent figure de sauveurs potentiels. Bruno Fiévet et Pascal Rigo, originaire ou avec des attaches girondines, sont deux entrepreneurs qui ont fait fortune à l’étranger, le premier dans la banque d’affaires en Suisse, le second dans la boulangerie aux États-Unis.

Supporters des Girondins, ils sont sortis du bois chacun à leur tour l’an dernier pour racheter le club à King Street. Avec deux fins de non recevoir à chaque fois.

La ville de Bordeaux, qui se veut “partie prenante pour le choix du futur repreneur des Girondins”, a confirmé, par la voix de son maire (écologiste) Pierre Hurmic, être “en contact depuis plusieurs mois avec ces deux repreneurs”, tout en souhaitant “qu’ils correspondent à un certain nombre de qualités économiques, sportives, éthiques”

“Il y en aura peut-être d’autres. Le tribunal de commerce est parfaitement capable de faire en sorte que le club soit transmis à un repreneur sérieux”, a ajouté l’élu, avocat de profession, qui exclut totalement “que l’on puisse accepter qu’un club comme celui-là soit vendu au plus offrant”, comme des fonds spéculatifs ou de pension américains.

Vendredi, le quotidien sportif L’Équipe a révélé que le nom de Gérard Lopez, ex-propriétaire de Lille, circulait également.

Quel avenir sportif en L1 ?

Dans ce contexte, les joueurs bordelais préparent une série de matches cruciaux pour le maintien du club: ils sont partis jeudi soir en stage en Bretagne, où ils affronteront Lorient dimanche.

Bordeaux, qui a dégringolé à la 16e place après 10 défaites lors des 12 dernières journées, ne compte que cinq points d’avance sur le barragiste Nîmes à cinq journées de la fin.

Vendredi matin, les Girondins se sont présentés à 10h00 au stade de Ploemeur (Morbihan), en présence d’une poignée de supporters et de journalistes. Si certains d’entre eux se sont arrêtés pour signer des autographes, la consigne était clairement le silence radio avec la presse.

A leur arrivée sous le soleil, le groupe bordelais a été accueilli par Yoann Gourcuff, leur ancien meneur de jeu (2008-2010), venu en voisin, ce qui a ému l’entraîneur Jean-Louis Gasset, adjoint de Laurent Blanc à l’époque du dernier titre de Bordeaux en 2009.

Après avoir proposé à son ancien joueur et jeune retraité de prendre part à l’entraînement, les deux hommes se sont entretenus un moment pendant le footing d’échauffement des joueurs.

L’entraînement, plutôt léger, a duré un peu plus d’une heure, dans une ambiance studieuse mais pas forcément morose. Sur Twitter, le “community manager” du club s’est aventuré à citer le Dalaï Lama: “la joie est une puissance, cultivez-la”.

Mais pour l’heure, les supporters bordelais s’inquiètent. Et les Ultramarines, principal groupe d’ultras en guerre ouverte avec le président Frédéric Longuépée encore en place, ont appelé à un rassemblement samedi (15h00) devant la mairie “car le pronostic vital de notre club tant aimé est aujourd’hui engagé”.

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