L1: le perfectionniste Bernardoni, tête haute avec Angers face au PSG

Le gardien de but français d’Angers, Paul Bernardoni, célèbre avec ses coéquipiers la victoire du SCO face aux FC Metz au stade Raymond-Kopa d’Angers, le 3 octobre 2021
Par Fanny CARRIER / © 2021 AFP

“Le prochain match, il va nous sauver la baraque”: auteur d’une belle bourde contre Metz, le gardien Paul Bernardoni a reçu un soutien appuyé de ses coéquipiers d’Angers, de quoi défier la tête haute les stars du Paris SG vendredi (21h00) en Ligue 1.

Dimanche 3 octobre au stade Raymond Kopa, 58e minute, Angers et Metz étaient à parité 1-1. Sur une passe en retrait anodine, le portier angevin a complètement manqué son dégagement, laissant Farid Boulaya donner l’avantage aux Lorrains.

Mais quand Thomas Mangani a égalisé peu après (66e) puis Stéphane Bahoken a arraché la victoire (93e), ils ont tenu à célébrer avec “Paulo”, qu’ils ont ensuite envoyé mener la célébration devant les tribunes avec un “clapping” (séquence rythmée d’applaudissement collectif).

“On a voulu fêter ça avec lui. Il nous a tellement sauvés”, a expliqué Mangani. “C’est un grand grand professionnel, donc forcément il s’en veut”.

“Nous on l’aime. Il nous a rapporté tellement de points et puis ça prouve la valeur d’une personne dans un vestiaire, quand il y a tout le monde qui se surpasse pour lui (…). Je suis persuadé que le prochain match, il va nous sauver la baraque”, a-t-il ajouté.

“Très rigoureux”

Dix jours plus tôt, le perfectionniste Bernardoni s’était en effet montré décisif face à des Marseillais en pleine confiance, en remportant deux face-à-face essentiels contre Luis Henrique puis Bamba Dieng (0-0).

“C’est la qualité du groupe, la solidarité”, a salué l’entraîneur, Gérald Baticle. “Paul a su nous rapporter des points. Et l’équipe a su lui rendre ce soir. On va continuer de travailler, Paul va continuer de travailler.”

Il a pour cela retrouvé Olivier Tingry, l’entraîneur des gardiens qui avait supervisé ses débuts professionnels à Troyes en 2015, arrivé cet été dans les valises de Baticle.

Avec un axe de progression essentiel: un jeu au pied qui laisse souvent à désirer.

Mais “c’est quelqu’un qui travaille beaucoup, qui est exigent avec lui-même”, explique à l’AFP le défenseur Romain Thomas. “Il a un fort tempérament, il sait où il veut aller et il ne laisse rien au hasard. Il est très rigoureux à l’entraînement comme dans son hygiène de vie.”

Sur le terrain, “il dégage beaucoup d’assurance, et il fait un très bon début de saison. Il est rassurant, malgré sa jeunesse”.

6-1 l’an dernier

Le longiligne gardien (1,90 m) de 24 ans a d’ailleurs longtemps été un pilier de l’équipe de France Espoirs, avec une campagne olympique à la clé.

Loin de la fête rêvée avec le groupe qui avait bataillé pour se qualifier, les JO de Tokyo, disputés à huis clos avec une équipe de bric et de broc, se sont conclus sur une victoire folle contre l’Afrique du Sud (4-3) et deux lourdes défaites face au Mexique (4-1) et au Japon (4-0).

Bernardoni, qui avait fait des Jeux un objectif majeur, en a quand même retenu l’expérience irremplaçable du village olympique, avec sa cantine où l’icône du tennis Novak “Djokovic attend ses brocolis derrière toi”.

Vendredi, ce sont d’autres stars qui l’attendent, même si le PSG n’aura pas encore récupéré ses internationaux sud-américains. Le défi s’annonce de taille pour Angers, qui n’a jamais battu le PSG depuis sa montée en Ligue 1: un premier nul encourageant en décembre 2015 (0-0) avant une litanie de défaites, voire de débâcles: 32 buts encaissés pour 5 marqués en 10 matches…

En octobre 2020, Bernardoni en a pris six au Parc des Princes (6-1). Et si les Angevins ont limité la casse à domicile en janvier (0-1), le PSG leur a aussi infligé un 5-0 en avril en quart de finale de Coupe de France. Mais “Paulo” était alors sur le banc.