L1: le Paris SG, finaliste enfin décomplexé mais équipe à remodeler

Le directeur sportif brésilien du Paris Saint-Germain Leonardo (d.) en discussion avec le président qatari du PSG Nasser Al-Khelaifi lors d’un entraînement au stade de la Luz à Lisbonne, le 22 août 2020.
Par Alexis HONTANG / © 2020 AFP

Après sa finale perdue de Ligue des champions, le Paris SG est renvoyé à ses chantiers: 2020-2021 doit être l’année de la confirmation européenne, mais jusqu’au sommet, il lui reste encore du chemin, de la reconstruction d’un collectif aux prolongations de Neymar et Mbappé.

Le PSG a seulement eu le temps de sécher ses larmes. La Ligue 1 a repris, la nouvelle saison est déjà là avec un premier match contre Lens (reprogrammé au 10 septembre), et cela l’empêche de ruminer les images de la cruelle défaite face au Bayern Munich à Lisbonne (1-0).

Les joueurs avaient à peine quitté la pelouse de l’Estadio da Luz, que leur président Nasser Al-Khelaïfi leur livrait la prochaine feuille de route, au micro de RMC Sport: “On va travailler la saison prochaine pour gagner la Ligue des champions parce que c’est notre objectif. On y croit plus qu’avant.”

Les propriétaires qatariens du PSG ont patienté neuf ans avant de toucher du doigt leur rêve de soulever la Coupe aux grandes oreilles. Les déclarations du dirigeant laissent imaginer qu’ils aimeraient attendre moins longtemps jusqu’à leur deuxième finale.

Aujourd’hui, le PSG ne se cache plus. La malédiction crainte par les supporters, traumatisés par le souvenir de la “remontada” subie à Barcelone en 2017 (4-0, 1-6), a été remplacée par la certitude que le club détient les moyens de faire de grandes choses, née d’un été fou qui l’a aussi vu réussir le Grand chelem national.

“Aujourd’hui, nous voulons seulement nous relever et recommencer à essayer… Et que personne ne doute du fait que nous réussirons”, a écrit le milieu argentin Leandro Paredes.

“Rage”

“Que cette rage reste quelque part dans nos ventres pour repartir au combat, revenir et gagner”, a renchéri le défenseur Presnel Kimpembe.

Plus que jamais, les Parisiens misent sur la Ligue des champions, eux qui attendent autant le 1er octobre, date du tirage au sort des poules de la C1, que leur reprise en Championnat en septembre.

Mais le “Final 8” a démontré que l’état d’esprit, loué ces dernières semaines, ne suffisait pas, en couronnant le Bayern, modèle d’expérience et de régularité au travers les décennies.

Au novice parisien de prouver qu’il peut répéter les mêmes performances européennes chaque année. “C’est le commencement, pas un sommet”, a prévenu Thomas Tuchel, à l’orée de semaines cruciales pour son effectif, jusqu’à la clôture du mercato le 5 octobre.

“Quand je vois le Bayern investir et garder ses joueurs… si nous voulons continuer à jouer à ce niveau, il faut utiliser le marché des transferts maintenant, élargir l’effectif. La prochaine saison sera très exigeante, il faut bâtir un groupe très, très fort”, a assuré le technicien sur la chaîne britannique BT Sport.

Les départs d’Edinson Cavani, Thiago Silva, Thomas Meunier ou Tanguy Kouassi contraignent le PSG à manoeuvrer, vite et bien. Les deux premiers laissent un vide sur le terrain comme en dehors, où ils étaient deux emblèmes du club.

Le directeur sportif Leonardo chercherait un joueur par ligne. La quête d’un latéral droit et d’un milieu serait érigée en priorité, selon la presse spécialisée.

Neymar-Mbappé, un show à prolonger

En même temps, le dirigeant doit consolider ses bases, surtout le duo Neymar-Mbappé qui s’est imposé comme le moteur du dragster parisien.

La superstar brésilienne vient de boucler sa saison la plus complète, sans blessures et avec un état d’esprit irréprochable: “Je crois qu’aujourd’hui je vis mon meilleur moment à Paris”, savourait “Ney” avant le Portugal.

Or, les contrats des deux joueurs, complices comme jamais cette saison, se terminent en 2022. Cela laisse au PSG quelques mois pour négocier d’éventuelles prolongations.

En cas d’échec des négociations, un des deux attaquants, voire les deux, pourrait partir en 2021, ce qui basculerait le PSG vers une autre ère, forcément moins clinquante… à moins que le fantasme Lionel Messi, sur le départ de Barcelone, ne se concrétise ?

Et si la meilleure chance du PSG de remporter la C1 était dès la saison prochaine ? Pour Paris, il n’y a pas une seconde à perdre.