L1: l’automne morose de l’OM

Le gardien de but espagnol de Marseille, Pau Lopez, pendant le match de Ligue Europa entre Galatasaray et l’Olympique de Marseille au stade Nef, à Istanbul, le 25 novembre 2021.
Par Stanislas TOUCHOT / © 2021 AFP

Le jeu séduit moins, les résultats sont entre deux eaux et les incidents en tribunes pèsent sur le déroulé de la saison: l’automne n’est pas très gai à Marseille, contraint d’accueillir Troyes dimanche en Ligue 1 dans un stade Vélodrome désert (20h45).

La tristesse des huis clos, personne n’était pressé de la ressentir à nouveau après la longue parenthèse sanitaire de 2020-2021. Ni les supporters, ni les joueurs, ni l’entraîneur Jorge Sampaoli, qui répète régulièrement combien il se nourrit des ambiances les plus chaudes.

Mais la sanction est tombée après les incidents des matches Angers-Marseille et Marseille-PSG et c’est donc devant des tribunes entièrement vides, comme aux pires heures de la saison du Covid-19, que l’OM va tenter contre Troyes de se remettre dans la bonne direction.

Car depuis sa très convaincante victoire il y a deux mois contre Rennes (2-0), l’équipe provençale n’avance plus beaucoup. Toutes compétitions confondues, elle a enregistré sur la période deux victoires seulement, contre Lorient et Clermont, trois défaites et une avalanche de matchs nuls (sept).

Premiers doutes

Jeudi, la sanction est tombée en Ligue Europa avec un revers 4-2 sur la pelouse de Galatasaray, qui ne laisse que la modeste Ligue Europa Conférence, troisième coupe d’Europe créée cette année, comme horizon continental à l’OM. Cette élimination de la C3, certes dans un groupe difficile, fait mal alors que, pour une fois, les clubs français sont performants sur la scène européenne.

Logiquement, les premières critiques et les premiers doutes apparaissent donc autour du travail de Sampaoli, pas plus surpris que ça. “C’est normal, c’est le foot, un milieu où l’amour dure peu”, a-t-il dit vendredi en conférence de presse

“La victoire ou la défaite change l’analyse. Cela fait partie de notre profession. On est exposé à des analyses qui sont parfois un peu +amateur+, car il y a beaucoup d’autres choses à analyser en plus du résultat. Certaines critiques sont cohérentes, d’autres non. Et je ne m’attache pas non plus aux commentaires favorables, car tout change au match suivant”, a expliqué le technicien argentin.

Sampaoli sait tout de même que son équipe marque trop peu dans le jeu et pâtit de performances individuelles décevantes, de la part de cadres supposés comme Milik, Gerson ou Lirola, comme de joueurs très performants en début de saison et moins à l’aise aujourd’hui, à l’image de Luan Peres ou Saliba.

Avec Payet ?

Vendredi encore, l’ancien sélectionneur de l’Argentine a évoqué deux pistes d’amélioration, sur le terrain et en dehors, via le mercato.

“On doit progresser en efficacité dans les deux surfaces où nous ne sommes pas assez tranchants. On doit aussi continuer à travailler le positionnement pour chercher le joueur libre”, a-t-il d’abord expliqué.

“On a un groupe très jeune, très nouveau et qui doit évoluer. Pour corriger les choses, il pourrait aussi y avoir l’arrivée d’un certain type de joueurs que nous n’avons pas”, a-t-il aussi estimé.

Alors que s’ouvre une semaine à trois matches abordables en huit jours (Troyes, Nantes, Brest), Sampaoli aimerait surtout que son équipe redevienne celle “qu’elle a été en début de saison, plus convaincue de son style et qui a fait de très bons matches”.

Mais comme rien n’est simple à l’OM, le technicien argentin ne savait pas encore vendredi s’il pourrait compter sur Cengiz Ünder (dos) et surtout Dimitri Payet, touché dimanche dernier à la tête par une bouteille d’eau lancée par un supporter lyonnais.

“C’est difficile de savoir ce que quelqu’un va ressentir alors qu’il est agressé à chaque fois qu’il va frapper un corner. Dimitri est important pour nous. S’il est prêt, il jouera, sinon il laissera sa place à quelqu’un”, a résumé Sampaoli, un peu désabusé.