L1: l’amertume de Nantes face au départ annoncé de Kolo Muani

L’attaquant de Nantes, Randal Kolo Muani, lors du match à domicile contre Lens, comptant pour la 18e journée de Ligue 1, le 10 décembre 2021 au Stade de La Beaujoire
Par Fanny CARRIER / © 2022 AFP

Le départ annoncé cette année de Randal Kolo Muani tourne au mauvais feuilleton à la nantaise, même si le jeune attaquant semble décidé à enchaîner les buts jusqu’à juin pour les Canaris, opposés à Nice vendredi (21h00) en Ligue 1.

Trop longtemps, le FC Nantes a tergiversé face à cet avant-centre prometteur mais parfois tête en l’air. A l’été 2020, de retour d’une saison en prêt à Boulogne, il a dû cravacher pour convaincre Christian Gourcuff de l’intégrer au groupe pro.

Un an, neuf buts et trois entraîneurs plus tard, “RKM” évitait à Nantes la relégation en marquant le but de la victoire en barrage à Toulouse… et refusait de prolonger, quitte à garder un salaire mensuel inférieur à 20.000 euros, dérisoire par rapport à nombre de ses coéquipiers.

Sous contrat jusqu’en juin, la pépite est désormais libre de s’engager où elle veut et a déjà confirmé que c’était sa dernière saison à Nantes.

Devant les qualités de vitesse et de percussion mais aussi le sens de collectif du jeune homme (23 ans), qui compte sept buts et deux passes décisives cette saison, les prétendants ne manquent pas.

“Kita est vexé”

Selon la presse, des clubs français (Marseille, Lille…), italiens, russes ou encore turcs sont sur les rangs. Mais c’est l’Allemagne qui tient la corde.

Francfort, actuel huitième de Bundesliga, avait pris les devants l’an dernier et fait une offre à l’été, refusée par Nantes. Selon plusieurs médias, Fribourg, actuel quatrième, a récemment proposé neuf millions d’euros pour l’acheter dès cet hiver, quitte à le laisser à Nantes en prêt pour la fin de la saison.

Une manière pour le club allemand de griller la concurrence et pour le président nantais Waldemar Kita de sauver la face. Mais le clan Kolo Muani a refusé.

Déjà amer l’été dernier sur ce dossier, Kita a porté le dossier jusque devant la Fifa à l’automne. Selon son entourage, il accuse Francfort d’avoir approché le joueur au printemps 2021 sans en avoir informé Nantes au préalable comme le règlement l’exige.

“Je pense que le président Kita est vexé que son joueur parte libre en fin de saison”, a réagi Jean-Philippe Durand, recruteur de Francfort, cette semaine sur Canal+.

“Je donne tout”

“C’est un joueur qu’on suit depuis quelques années (…). Il a le profil du joueur qui, pour nous, a encore une marge de progression et peut franchir un palier en Allemagne”, a-t-il ajouté, en évoquant “un accord verbal” avec entre Francfort et le clan Kolo Muani mais encore rien de signé.

Interrogé en zone mixte après le match nul 0-0 dimanche contre Monaco, “RKM” a répété qu’il laissait sa famille et ses agents “s’occuper de tout ça”.

“Je suis encore concentré sur mon football, j’essaie de travailler, continuer à bosser, à tout donner pour ce club (…). Je suis très content d’être là. Quand je suis sur le terrain, je donne tout”, a-t-il assuré.

Antoine Kombouaré a aussi tenu jeudi à tracer une ligne entre la position du club et du président, qu’il dit “comprendre”, et le quotidien du groupe professionnel, qui met tout en oeuvre pour que Kolo Muani fasse parler son potentiel.

“Je ne suis pas inquiet du tout. Randal a encore cinq mois et demi pour donner ce qu’il a à donner. Il est très heureux ici, il a envie de faire une grande deuxième partie de saison et on va tout faire pour qu’il marque des buts et qu’il nous amène le plus haut possible”, a ajouté l’entraîneur nantais.