L1: lâché par Nantes, Batista Mendy s’éclate à Angers

Le milieu de terrain d’Angers Batista Mendy (droite) félicite son coéquipier Azzedine Ounahi pour son but, lors du match de ligue 1 entre le SCO et l’Olympique Lyonnais, au stade Raymond-Kopa à Angers, le 15 août 2021
Par Fanny CARRIER / © 2021 AFP

Nantes l’a formé mais n’a pas su le lancer en pro: arrivé libre cet été à Angers, Batista Mendy attend son ancien club de pied ferme dimanche lors de la 6e journée de Ligue 1 (15H00).

Arrivé au centre de formation à 15 ans, ce milieu défensif prometteur a signé son premier contrat professionnel à 18 ans mais est resté longtemps affecté à l’équipe réserve.

Il n’a approché les pros que lors de sa dernière année de contrat. Et après une petite demi-heure de jeu à Monaco en août 2020, retour à la réserve, au motif qu’il refusait de prolonger.

A son arrivée en février, Antoine Kombouaré a tenté de le convaincre en le faisant jouer toute la seconde période lors de son premier match sur le banc nantais à Angers (victoire 3-1).

Peine perdue, le dialogue était rompu entre le club et l’entourage du joueur de 21 ans, qui est reparti en réserve et a claqué la porte en fin de saison.

“On a tout fait pour le garder”, a assuré Kombouaré en août, expliquant que le joueur et ses agents réclamaient “des sommes qu’on ne peut pas donner”.

“Mais on lui souhaite bonne chance et une très belle carrière. C’est évidemment un très bon joueur”, a conclu l’entraîneur de Nantes.

“Dans le tempo collectif”

Les rumeurs de presse parlaient d’Allemagne ou de Brest, mais Mendy, né à Saint-Nazaine, s’est contenté de remonter un peu plus la Loire pour s’engager pour trois ans à Angers.

Et dès les premiers matches, le voilà installé dans l’entrejeu, apparemment serein et sans complexe. Solide en récupération, efficace à la relance, “il est dans le tempo collectif et il est performant”, salue son nouvel entraîneur, Gérald Baticle.

“Il a une bonne maîtrise des émotions, une bonne technique pour pouvoir gérer la pression adverse, des qualités de relance… C’est un joueur très intéressant”, ajoute l’ancien adjoint lyonnais.

Avec le jeune attaquant Mohamed-Ali Cho, “ils se sont bien fondus dans la masse. Ils sont jeunes, ils ont la dalle”, note le capitaine angevin Ismaël Traoré, précisant que ces jeunes devaient gagner en régularité et progresser encore pour viser de plus grands clubs.

“On leur a dit de se lâcher et de montrer ce qu’ils savaient faire. Ici on est dans un club assez familial, simple, on se prend pas la tête”, assure-t-il.

Deux Nantais formés au club

Petit tacle au psychodrame permanent qui semble devenu la règle chez le voisin nantais? A La Jonelière, Batista Mendy incarne en tout cas la décadence d’un centre de formation au passé glorieux mais délaissé depuis deux décennies.

Sur cette période, plus d’une vingtaine d’entraîneurs se sont succédé sur le banc nantais, et la plupart n’ont pas eu le goût ou le temps de prendre la mesure des jeunes, surtout depuis l’arrivée en 2007 de la famille Kita, dont les nombreux transferts ont monopolisé l’espace.

Cet été, une autre promesse du centre, le jeune défenseur Thomas Basila, lui aussi mis sur la touche parce qu’il refusait de prolonger, est parti libre. Engagé à Ostende (1ère div. belge), il joue actuellement en prêt à Nancy (L2).

A la grande époque nantaise des Suaudeau/Denoueix, la Jonelière fournissait plus de la moitié de l’effectif professionnel. Aujourd’hui, après les départs d’Imran Louza (bien vendu à Watford) et de l’ancien capitaine Abdoulaye Touré (bradé au Genoa), Kombouaré n’a plus que deux joueurs formés au club.

Deux attaquants: Quentin Merlin et Randal Kolo Muani. Agé de 19 ans, le premier vient de signer professionnel mais ne compte que 9 minutes de temps de jeu au total. A 22 ans, le second a été la révélation surprise de la saison dernière mais a lui aussi refusé de prolonger et partira libre l’an prochain, peut-être dès janvier.