L1: la colère des supporters de l’OM pousse au report du match contre Rennes

Banderole hostile au président de l’OM Jacques-Henri Eyraud, quelques heures avant le match contre Rennes, le 30 janvier 2021 à Marseille
/ © 2021 AFP

La tension montait depuis des semaines autour de l’OM et elle a débordé samedi avec des incidents graves au centre d’entraînement de La Commanderie, pris d’assaut par près de 300 supporters, qui ont entraîné le report du match initialement prévu à 21h face à Rennes.

Les faits ont eu lieu en début d’après-midi. Arrivés en cortège derrière une immense banderole sur laquelle on pouvait lire “Cassez Vous” et portant des drapeaux “Dirigeants Dehors”, ils se sont massés devant les grilles de La Commanderie et ont immédiatement allumé pétards, feux d’artifice et fumigènes.

Ils en ont lancé un grand nombre au-delà des murs d’enceinte et trois arbres plantés juste à l’entrée du centre d’entraînement ont fini calcinés. En passant par le côté droit du site, par des champs appartenant à une communauté religieuse, une partie de ces supporters se sont ensuite approchés des bâtiments.

Là, ils auraient selon plusieurs médias lancé des pierres vers le bus des joueurs. Certains de ces derniers étaient sur place et auraient assisté aux incidents. Selon Le Parisien et L’Equipe, le défenseur espagnol du club Alvaro Gonzalez aurait même été touché par un projectile. L’OM, interrogé par l’AFP, n’avait pas confirmé ces informations en début de soirée.

Selon la préfecture de police, interrogée par l’AFP, c’est l’intervention de policiers envoyés en renfort qui a permis de “mettre fin aux dégradations”. La police a également annoncé 25 interpellations parmi les supporters, ainsi que des blessures légères pour sept policiers et des dégradations sur trois véhicules des forces de l’ordre.

Dizaines de banderoles

En milieu d’après-midi, le calme est revenu à La Commanderie, installée au milieu d’une traverse tortueuse et étroite du 11e arrondissement, dans l’est de Marseille. Seuls d’innombrables débris de pétards, quelques graffitis contre la direction du club et les trois cyprès brûlés témoignaient de l’intensité du coup de force des supporters olympiens.

La gravité des faits a tout de même poussé l’OM à demander le report du match prévu à 21h contre Rennes. La demande a été acceptée par la LFP, qui a simplement annoncé que la partie se jouerait “à une date ultérieure”.

“Suite aux incidents intolérables survenus au centre d’entraînement de l’OM cet après-midi, le Stade Rennais F.C. prend acte de la décision de la Ligue de football professionnel de reporter le match de ce soir prévu à 21h00 au stade Vélodrome”, a de son côté fait savoir le club breton sur Twitter.

Le mouvement de protestation avait en fait débuté dès la matinée, avec un déploiement massif partout dans la ville de banderoles d’opposition à la direction de l’OM, et notamment à son président Jacques-Henri Eyraud.

Bientôt le PSG

“Suivez AVB, cassez-vous tous”, “Les Parisiens, cassez-vous”, “Rendez-nous l’OM”, “Les Olympiens vous haïssent” ou “Direction, c’est la fin”, pouvait-on notamment lire sur ces banderoles installées sur des ponts autoroutiers, des rond-points ou jusque sur la Corniche qui surplombe la Méditerranée.

Plusieurs de ces messages visaient directement le président Eyraud, très impopulaire parmi les supporters de l’OM, particulièrement remontés contre lui après une intervention dans une conférence sur le management lors de laquelle il avait évoqué le “danger” d’avoir trop de Marseillais ou de supporters de l’OM au sein du club.

“JHE: Pas de Marseillais à l’OM ? Dégage d’ici”, pouvait-on ainsi lire sur une banderole déployée au-dessus d’une voie rapide, et “JHE, Marseille te vomit” sur une autre, installée rond-point du Prado, à quelques mètres du stade Vélodrome.

Depuis plusieurs semaines, face aussi à la dégradation des résultats de l’équipe, seulement septième en Ligue 1 (avec désormais deux matches en retard) et piteusement éliminée de la Ligue des Champions, la contestation avait pris un tour récurrent avec des rassemblements devant le Vélodrome avant chaque match à domicile.

Samedi, l’intensité de la colère est montée de plusieurs crans. Et la semaine à venir s’annonce de nouveau agitée. Car le prochain match programmé au Vélodrome, le dimanche 7 février, est le choc face à l’ennemi juré, le Paris SG.