L1: Kawashima, l’improbable retour du gardien japonais de Strasbourg

Le gardien de Strasbourg, Bingourou Kamara, lors du match de Ligue 1 à Marseille, le 29 janvier 2020
/ © 2020 AFP

Kamara ou Kawashima ? L’entraîneur strasbourgeois Thierry Laurey devrait trancher en faveur du gardien japonais, déjà aligné à Lorient (3-1), pour la réception de Nice samedi en Ligue 1, faisant du portier numéro 3 un improbable titulaire à l’entame de la saison.

Interrogé vendredi en conférence de presse, le technicien alsacien a toutefois botté en touche avec humour: “Si j’étais Didier Deschamps, j’aurais dit: +Bien essayé+”, en référence à la réponse jeudi du sélectionneur à un journaliste qui lui demandait si un retour de Karim Benzema en sélection était possible.

Matz Sels blessé mi-juillet pour plusieurs mois (rupture d’un tendon d’Achille) et Bingourou Kamara testé positif au Covid-19 début août, voilà comment le vétéran nippon de 37 ans est passé des oubliettes à numéro 1.

“Il est évident que les joueurs qui avaient un déficit (athlétique) n’ont pas pu récupérer. On fera un point après la première trêve internationale”, a expliqué Laurey au sujet des neuf joueurs contaminés par le coronavirus.

Pour la star japonaise, adulée en son pays du haut de ses trois participations à la Coupe du monde avec les +Samouraï Blue+ (2010-2014-2018), “retrouver la L1” dans le Morbihan était un réel “plaisir” malgré la défaite inaugurale.

Kawashima, premier joueur japonais à signer dans un championnat européen, a évolué cinq saisons en Belgique à Lierse (2010-2012) et au Standard de Liège (2012-2015), une en Ecosse, à Dundee United (2015-2016) puis deux au FC Metz (2016-2018).

Il a rejoint Strasbourg quelques semaines après le Mondial réussi en Russie. En dépit d’un parcours honorifique (1/8 de finale perdu contre la Belgique 3-2), il accepte encore un rôle de numéro 3 en Alsace comme lors de ses deux saisons précédentes à Metz.

“Je voulais rester en France”

“Il y avait des possibilités à l’étranger, je pouvais également retourner au Japon mais ce n’était pas mon objectif”, rappelle Kawashima à l’AFP. “J’ai fait des choix, je voulais rester en France où il y a de bonnes compétitions.” Des compétitions qu’il vit souvent des tribunes, quasi toujours du banc de touche (1 match en L1 en deux saisons).

Mais comme à Metz, l’homme aux 91 sélections avec le Japon, est passé de numéro 3 à gardien titulaire en un éclair. “Je fais les efforts pour être performant, je travaille chaque jour avec la même mentalité à l’entraînement ou en match. S’il y a une chance pour moi, je suis là pour aider le groupe. Après c’est le coach qui décide”, lâche le deuxième gardien le plus âgé de L1 (derrière Yohan Pelé à Marseille).

“A moi, tu ne me parles pas d’âge”, la célèbre réplique de Kylian Mbappé vaut également dans l’autre sens. “C’est dans la tête”, répond Eiji Kawashima qui “rêve” de participer à une quatrième Coupe du monde au Qatar en 2022.

Pour Bingourou Kamara, 23 ans, propulsé numéro 1 après la blessure de Sels, c’est un nouveau coup d’arrêt. Sa quatorzaine, au repos forcé, chez lui, a coupé son élan jusqu’au 18 août. Et peut-être bouleversé la hiérarchie derrière Sels, l’incontestable muraille belge qui ne reviendra pas sur les terrains avant 2021.

“C’est forcément une déception au fond de lui mais j’essaie de lui dire que ça fait partie d’une carrière”, a confié à l’AFP le nouvel entraîneur des gardiens Stéphane Cassard, qui conseille à “Bingou”, grand artisan de la victoire en Coupe de la Ligue (2018-2019), de rester “patient” et “positif”.