L1: Kamaldeen Sulemana, le tube de l’été en Bretagne ?

La joie de l’attaquant ghanéen de Rennes, Kamaldeen Sulemana (d), félicité par ses coéquipiers après son but marqué à domicile contre Lens, lors de la 1ère journée de L1, le 8 août 2021 au Roazhon Park
Par Fanny CARRIER / © 2021 AFP

Quatorze minutes, un but et un double salto: du haut de ses 19 ans, Kamaldeen Sulemana n’a pas traîné pour se mettre dans la poche un public rennais impatient de le voir associé à son alter ego Jérémy Doku en Ligue 1.

Cela ne sera probablement pas dès dimanche à Brest (15h00), mais les Rouge et Noir comptent sur leurs deux explosifs ailiers pour conquérir une place en phase de groupes de la Ligue Europa Conférence lors de leur barrage face aux Norvégiens de Rosenborg (19 et 26 août).

Arrivé mi-juillet en provenance du club danois de Nordsjaelland, où il avait compté 10 buts et 8 passes décisives en championnat la saison dernière, le jeune ailier international ghanéen était resté muet en matches de préparation.

Mais avant la fin du premier quart d’heure de son premier match de Ligue 1 face à Lens, parfaitement lancé en profondeur par Flavien Tait, il a décoché une splendide frappe enroulée du droit que le poteau a poussée au fond des filets.

Un but et des saltos de célébration qui lui ont valu une ovation du public tout juste de retour au Roazhon Park, qu’il est allée savourer au pied des tribunes, une main derrière l’oreille pour ne pas en perdre une miette.

“Beaucoup de fraîcheur”

Né à Techiman, dans le sud du Ghana, il a été formé à l’Académie “Right To Dream”, partenaire de Nordsjaelland, et comptait l’Ajax Amsterdam et plusieurs clubs anglais parmi ses courtisans cet été.

Il a finalement signé pour cinq ans à Rennes, pour un transfert évalué dans la presse à près de 20 millions d’euros.

“J’ai choisi Rennes parce que le projet était très intéressant et bon pour moi. Il y a beaucoup de jeunes talents. C’est bon pour m’améliorer”, a-t-il expliqué à la presse. “J’ai aussi pensé à mon temps de jeu. Ici j’avais des chances de jouer plus”.

L’entraîneur rennais, Bruno Genesio, ne cachait pas sa satisfaction dimanche: “On a vu sa vitesse et sa percussion, mais aussi son adresse devant le but (…). Et je l’ai trouvé très structuré sur l’aspect défensif, avec beaucoup d’efforts de replacement et de contre-pressing”.

Ses coéquipiers aussi sont conquis: “C’est un jeune qui amène beaucoup de fraîcheur, d’insouciance. Il est très joyeux. C’est un plaisir de le voir sourire dès le matin”, a témoigné Benjamin Bourigeaud.

Seul bémol pour l’instant, “il va falloir qu’il se mette au niveau de la Ligue 1 et du rythme”, a prévenu le directeur sportif rennais, Florian Maurice.

“Plusieurs combinaisons possibles”

Face à Lens, Sulemana est sorti peu avant l’heure de jeu. Doku, encore en phase de reprise après des vacances décalées par l’Euro, est entré à sa place, mais beaucoup espèrent désormais voir les deux ailiers alignés ensemble.

Même âge, quasiment la même taille et les mêmes tresses… et surtout la même explosivité pour mettre le feu dans les défenses adverses. Mais Doku, arrivé en octobre 2020, avait mis plus de cinq mois pour inscrire son premier but sous le maillot rennais.

Et Sulemana

qui joue avec un maillot frappé de son prénom Kamaldeen

est plus fin et plus polyvalent, capable d’évoluer aussi en deuxième attaquant. L’entraîneur de Brest, Michel Der Zakarian, lui voit même “encore plus de qualité” que Doku dans le jeu sans ballon.

“Nous sommes tous les deux rapides, on aime tous les deux dribbler. On a des qualités similaires. Ça peut être intéressant pour les ailes de jouer ensemble. Après, avec la qualité de l’effectif, plusieurs combinaisons sont possibles”, a assuré Sulemana cette semaine sur le site du club.

Et si Doku s’est illustré à l’Euro cet été avec la Belgique, Sulemana, déjà sélectionné en octobre 2020 avec le Ghana, a été rappelé pour des matches de qualification au Mondial en septembre, avec dans le viseur la CAN en janvier.