L1: Jérôme Hergault, le héros inattendu de Lorient

Jérôme Hergault félicité par ses partenaires après son but contre le FC Metz le 16 mai 2021.
Par Fanny CARRIER / © 2021 AFP

Pour lui le foot c’était le plaisir et les copains, sans prétention. Mais Jérôme Hergault, 35 ans, a gravi les échelons presque sans le faire exprès, jusqu’à inscrire face à Metz le but qui laisse Lorient maître de son destin dimanche à Strasbourg (21H00).

“Avec Neymar, on ne fait pas le même métier”, se plaît à répéter ce latéral au sourire franc et au crâne légèrement dégarni, à des années-lumière du “bling-bling”, qui a découvert la Ligue 2 à 28 ans et fait ses premiers pas dans l’élite en novembre dernier.

Il a commencé le foot en région parisienne, où il est né, avant de s’y mettre plus sérieusement à Lavaur, près de Toulouse, où ses parents ont déménagé quand il avait 15 ans. Il passe son bac puis un master de droit de la santé, tout en revenant jouer le dimanche.

Mais à l’été 2008, il rejoint Luzenac, un club de CFA (4e division) où officie un jeune entraîneur prometteur: Christophe Pélissier. Pour lui, c’est le véritable grand saut, plus impressionnant que tous ceux qui ont suivi.

Ensemble, ils montent en National dès 2009 et se qualifient pour la Ligue 2 en 2014 avant d’être fauchés par une rétrogradation administrative (annulée des années plus tard par la justice). Pélissier rebondit à Amiens et Hergault découvre finalement la L2 avec le Red Star (2014-2017) puis Ajaccio (2017-2019).

Quand Pélissier arrive à Lorient, alors en L2, à l’été 2019, il fait venir Hergault, latéral droit qui peut aussi jouer à gauche, pour pallier une série d’absences dans ses couloirs. Et malgré une fracture du bras en septembre, le latéral fait le boulot.

Une fois Lorient de retour dans l’élite, “Jéjé” reste cependant sur le banc, avec seulement une poignée d’apparitions. Jusqu’à cet hiver, où Covid-19, blessures et suspensions lui libèrent la voie.

“joli pied de nez”

Il n’est pas le plus rapide, pas le plus technique non plus, mais son intelligence de jeu fait le reste, alors que Lorient, en perdition en première partie de saison, rebondit spectaculairement sur la phase retour.

“C’est quelqu’un qui aime bien ces challenges-là”, explique Pélissier. “Il s’est mis au niveau de la Ligue 1. C’est à l’image de l’équipe, il n’y a pas que lui, mais je crois que c’est un joli pied de nez à l’histoire.”

Lui qui n’avait jamais marqué en 143 matches de Ligue 2 inscrit son premier but en championnat professionnel d’une belle frappe du droit malheureusement noyée par une défaite-fleuve en février contre Lille (4-1).

Son deuxième but fait plus de bruit: alors que Metz vient d’égaliser, Lorient est de nouveau barragiste virtuel, mais il marque le but de la victoire, dimanche dernier (2-1).

“Armand (Laurienté) me met un super ballon, je n’avais plus qu’à mettre un plat du pied, sécurité”, raconte-t-il sobrement. Accroché à sa 17e place, après être resté scotché en zone rouge pendant une partie de la saison, Lorient est assuré de rester en L1 en cas de victoire à Strasbourg.

“Après avoir battu le Paris SG (3-2 en janvier) et avec deux buts de Jérôme Hergault pour sa première saison en Ligue 1, on ne peut pas descendre”, s’amuse Pélissier.

Mais l’aventure serait-elle en train de se terminer pour le héros du moment, en fin de contrat ? “Quand on joue, on a toujours envie de continuer”, assure-t-il.

Lui qui s’est mis à la musculation cette année reste en tout cas assidu à la salle, raconte Pélissier. “Mais c’est peut-être pour ses vacances cet été…”