L1: Jérémy Doku, la future star que Rennes attend ?

L’attaquant belge du Stade Rennais, Jérémy Doku (d), lors du match de Ligue 1 à domicile face à Angers, le 23 octobre 2020
Par Fanny CARRIER / © 2020 AFP

Englué dans une mauvaise passe, le Stade rennais mise sur son onéreuse recrue Jérémy Doku, grand espoir belge d’à peine 18 ans attendu pour réanimer une attaque engourdie, et si possible dès samedi en Ligue 1 face à Brest (17h00).

Après un début de championnat tonitruant, Rennes vient d’enchaîner cinq rencontres sans victoire entre L1 et Ligue des champions, et doit absolument faire le plein de confiance avant deux déplacements plus que périlleux la semaine prochaine sur les terrains de Chelsea puis du Paris SG.

Le tout sans sa star Eduardo Camavinga, blessé et indisponible probablement toute la semaine prochaine.

Les regards se tournent donc vers Doku, de cinq mois son aîné, devenu début octobre le plus gros transfert de l’histoire du club breton (plus de 26 millions d’euros). Il faut dire qu’avec trois buts inscrits sur les quatre derniers matches, l’attaque rennaise a besoin de retrouver de l’allant.

Né dans une périphérie réputée difficile d’Anvers, Doku a été recruté dès l’âge de 10 ans par Anderlecht (1re div. belge), qui a réussi à le faire passer professionnel à l’été 2018, alors que des grands clubs européens comme Liverpool lui faisaient déjà les yeux doux.

Quasiment aussi précoce que Camavinga, il a lui aussi fait ses débuts en pro à 16 ans et quelques mois, même s’il lui a fallu plus d’une saison pour s’imposer comme titulaire.

Et comme Camavinga chez les Bleus, Doku a fait ses débuts en équipe de Belgique à la rentrée, avec lui aussi un premier but le soir de sa première titularisation.

“Vraiment besoin de jouer”

Pour lui, Rennes est un tremplin. “A mon âge, j’ai vraiment besoin de jouer, et je sentais que je pouvais monter de niveau (…) mais je ne voulais pas aller trop haut non plus. Rennes c’est le club où je peux jouer, où les autres clubs me voient…”, a-t-il déclaré vendredi en conférence de presse.

Mais si le directeur sportif de Rennes Florian Maurice l’avait à l’oeil depuis un moment, Doku n’a commencé à s’intéresser à Rennes que fin septembre, une semaine avant la fin du mercato. Immédiatement reparti en sélection, il est revenu la veille du match contre Dijon (1-1), où il est entré pour les dernières minutes sans encore connaître le nom de tous ses coéquipiers.

Lancé en fin de match contre Krasnodar (1-1) puis titularisé pour les défaites face à Angers (2-1) puis au Séville FC (1-0), il a néanmoins montré sa vitesse et sa force de percussion.

Patience

Mais lui qui avait réussi deux buts et quatre passes décisives en sept matches en début de saison en Belgique sait qu’on attend plus de lui: “Je dois être plus efficace, finir mes actions, faire de bons choix (…). Je suis venu ici pour marquer des buts et faire des +assists+” (passes décisives, NDLR), a-t-il expliqué.

L’entraîneur Julien Stéphan, lui, réclame “un peu de patience”, répétant que Doku est arrivé dans une période où l’enchaînement des matches ne lui laisse pas le temps de prendre ses repères à l’entraînement avec ses partenaires.

“Il est rentré dans les rencontres et dans l’équipe sans timidité, sans dénaturer son style de jeu. C’est important qu’il puisse exprimer ses qualités d’explosivité, de dribble, d’élimination. Après, il faut faire les choix justes, être capable de bien lire quand faire la passe et quand faire le dribble”, a-t-il expliqué.

Et l’entraîneur breton a refusé de fixer des délais pour ce processus d’adaptation, assurant que son nouveau poulain a avant tout besoin de confiance. “En tout cas, on est ravis qu’il soit là et on va l’accompagner de la meilleure manière possible”.