L1/incidents: 18 mois d’interdiction de stade pour des supporters lensois

Des supporters lensois pénètrent sur la pelouse du stade Bollaert à la mi-temps de la rencontre entre Lens et Lille, le 18 septembre dans le cadre de la 6e journée de Ligue 1
/ © 2021 AFP

Une semaine après les débordements lors du derby entre Lens et Lille samedi à Bollaert, le Racing Club de Lens a infligé de lourdes sanctions à certains de ses supporters, allant jusqu’à 18 mois ferme d’interdiction de stade.

“Les sanctions vont de 9 à 36 mois d’interdiction de stade, en mêlant du ferme (18 mois maximum) à du sursis. Dans certains cas, ces interdictions seront assorties d’une plainte si un comportement violent est suspecté”, a annoncé Arnaud Pouille, directeur général du RCL lors d’une conférence de presse.

Le RC Lens se montre ainsi intransigeant envers ses supporters qui ont envahi la pelouse, à la mi-temps du derby face à Lille, finalement remporté 1 à 0.

Le directeur général lensois l’a martelé: les sanctions décidées par le Racing concernent “toutes les personnes identifiées qui se seraient introduites sur le terrain”.

En marge du salon Sport Unlimitech, la ministre des Sports Roxana Maracineanu a salué “la décision du président de Lens (…) S’il faut que nous durcissions les procédures administratives ou judiciaires, nous le ferons”, a-t-elle souligné auprès de l’AFP.

A ce jour, 17 supporters ont été identifiés, sur plus d’une centaine qui ont quitté la tribune Marek. Évidemment, Arnaud Pouille a aussi vilipendé le parcage du Losc, où “80 sièges ont été arrachés, fracturés” et les “toilettes dévastées”. Et il a déploré “des images que l’on avait rarement vues”, estimant que “ces faits relèvent plus du hooliganisme que du +supportérisme+.”

Conséquences économiques

“Les supporters acceptent toute forme de condamnation de violence. Le plus compliqué a été de leur faire comprendre qu’ils n’avaient pas à s’introduire sur le terrain en réaction à ce qu’ils voyaient. Le terrain, c’est sacré”, a souligné le N.2 du club lensois.

Les conséquences économiques sont importantes pour le club: 30.000 euros de réparation et 100.000 euros d’investissement prévus pour réaménager le parcage visiteurs. “Tant que nous n’avons pas agi à ce niveau, le bas du parcage sera fermé”, a-t-il précisé.

A cette somme, s’ajoutent 2 millions d’euros de perte sèche pour les réceptions à huis clos de Strasbourg (0-1) et Reims (1er octobre), après la sanction infligée à titre conservatoire par la commission de discipline de la LFP, dans l’attente de l’instruction du dossier.

Les décisions définitives seront connues le 6 octobre.

Samedi, à la mi-temps du match, des dizaines de supporters lensois avaient envahi le terrain pour aller en découdre avec le parcage des Lillois, qui avaient arraché des sièges pour les lancer sur des supporters artésiens. Les échauffourées, limitées par l’intervention des CRS, ont fait six blessés légers et deux spectateurs ont été interpellés.

L’un d’eux, un supporter lillois âgé de 26 ans, a comparu lundi pour “violences sur personne dépositaire de l’autorité publique” avec “arme par destination”, à savoir “un siège arraché”. L’audience a été renvoyée au 18 octobre, et l’homme est ressorti libre sous contrôle judiciaire.

Parallèlement, “plusieurs enquêtes ont été diligentées suite aux événements”, dont une “pour des faits de provocation à la haine et exhibition de signes racistes ou xénophobes”, avait précisé le parquet de Béthune mercredi dans un message à l’AFP.