L1: Hilton a fait son temps… à Montpellier

Le défenseur de Montpellier Vitorino Hilton avant un match de pré-saison, le 21 juillet 2019 à Washington
/ © 2021 AFP

Clap de fin pour Vitorino Hilton ? Vétéran de la Ligue 1 et des cinq plus grands championnats européens à l’extraordinaire longévité (43 ans), le défenseur brésilien ne jouera plus pour Montpellier et semble proche de la fin d’une carrière entamée au siècle dernier.

Lundi, le club présidé par Laurent Nicollin a en effet annoncé, quinze jours après le terme de la saison, que Hilton ne porterait plus le maillot de Montpellier. Mais il lui a été proposé “de rester dans une nouvelle mission”. Que va décider le joueur ?

Il y a une dizaine de jours, le président Nicollin avait rencontré Hilton sans qu’aucune des deux parties n’officialise la retraite de l’un des joueurs emblématiques du championnat et de la “Paillade”, où il a passé dix ans.

“J’ai toujours envie de jouer, mais ça ne tient pas qu’à moi. Tout le monde le sait que je veux continuer. Je l’ai dit plusieurs fois, si ça doit s’arrêter, ça va s’arrêter”, avait déclaré le Brésilien à la veille de l’ultime match de la saison à Nantes (1-2), manifestement pas prêt à stopper une carrière marquée par sa longévité.

Arrivé en janvier 2004 à Bastia, en provenance du Servette Genève, le défenseur brésilien, originaire de Brasilia, a disputé plus de 17 saisons dans le championnat français passant de Lens (2004-2008), à Marseille (2008-2011) avant de finir à Montpellier qu’il avait rejoint durant l’été 2011.

Pas de privilèges

En L1, il s’est bâti un beau palmarès, remportant une Coupe de la Ligue, deux titres de champion de France, le premier avec Marseille après plus de 18 ans d’insuccès, et le second avec Montpellier en 2012.

Avec 501 matches comme titulaire en Ligue 1 (512 au total), un temps de jeu constant et de rares blessures, c’est une légende qui s’apprête à quitter le MHSC au bout d’une saison encore pleine (29 matches, 24 comme titulaire), où il s’est à nouveau rendu indispensable quelle que soit l’organisation de la défense.

Comme si le temps n’avait pas de prise sur sa forme physique et son rendement.

“L’hygiène de vie, tout ce que l’on fait autour du foot, est importante et vous épargne les blessures. Ensuite, il faut avoir envie de s’entraîner tous les jours, de se faire mal sur le terrain. J’ai toujours refusé les entraînements aménagés parfois accordés aux joueurs de plus de 30 ans, et ces privilèges de l’âge”, a-t-il un jour expliqué à l’AFP.

Hilton a entamé sa carrière en 1998 à Chapecoense, au coeur du Brésil, avant de jouer à Parana et rejoindre très vite l’Europe et le Servette Genève.

Timing et anticipation

Le gamin de Brasilia, issu d’un milieu modeste, a fait de sa passion pour le ballon sa bouée de sauvetage pour se faire une place au soleil et mettre à l’abri ses proches. Il a appris le jeu dans la rue, au milieu des tours de la capitale brésilienne et au côté de son frère.

Ce défenseur central au physique atypique (1,80m, 80 kg) a compensé sa taille, plutôt modeste à son poste, par son intelligence de jeu. “J’ai été jugé toute ma carrière en raison de mon gabarit, car un joueur de 1,80 m n’est pas un défenseur pour beaucoup”, disait-il.

“Au Servette, Lucien Favre, qui voulait un défenseur costaud, m’a fait jouer mon premier match avec la réserve. En face, il y avait un attaquant de 1,90 m. Il n’a pas touché un ballon de la tête. Favre m’a ensuite titularisé. Je compense avec mon timing et le sens de l’anticipation. Si j’avais mesuré quatre ou cinq centimètres de plus, j’aurais peut-être joué dans des clubs plus prestigieux”, a-t-il raconté.

Alors que l’aventure est finie avec le maillot de Montpellier, Hilton n’a pas encore confirmé sa retraite.

S’il le fait, il devra ensuite décider d’une éventuelle nouvelle vie dans le football. Leader par l’exemple plus que par le verbe, il n’excluait pas ces derniers temps d’enfiler le costume de formateur ou d’entraîneur pour “transmettre sa passion du jeu”.