L1: Golovin à Monaco, un retour fracassant, une “recrue” à protéger

Le milieu russe de Monaco, Aleksandr Golovin (g), lors du match de Ligue 1 à Lorient, le 6 janvier 2021
Par Christophe BELLEUDI / © 2021 AFP

“Pour moi, c’est une recrue”: Niko Kovac est heureux de pouvoir enfin compter sur l’international russe Aleksandr Golovin, auteur d’un retour fracassant mercredi à Lorient après quatre mois d’absence, mais que l’entraîneur monégasque entend encore protéger pour affronter Angers samedi en Ligue 1 (21h00).

Première recrue russe d’un club dirigé par le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev, Golovin possède un statut spécial à Monaco. C’est une star. Malgré lui. Car, à 24 ans, il ne goûte pas spécialement l’exubérance, ni l’hypermédiatisation.

Pourtant, les attentes à son sujet sont énormes. Telles que, après son but à Lorient, le club n’a pas hésité à l’élever au rang de +Tsar+ sur ses réseaux sociaux…

La réalité est tout autre. Souvent décevant, blessé ou suspendu depuis son arrivée sur le Rocher fin juillet 2018, Golovin est un joueur revanchard.

A Lorient, Kovac souhaitait réintégrer pour quelques minutes celui qui avait subi un sérieux claquage à la cuisse gauche fin août contre Metz. Or, le Russe a mis six secondes pour marquer. “Le meilleur changement de ma vie”, a souri son entraîneur en fin de partie.

Le risque de vouloir trop en faire

Il a surtout vu un joueur libéré de ses tourments physiques. Loin de craindre une rechute, Golovin a montré de belles aptitudes. Sa capacité à enchaîner les courses à haute intensité était son point fort avant sa blessure. Il ne semble pas l’avoir perdu.

Mais Kovac sait que son joueur aura, tôt ou tard, un contrecoup physique.

“Il est un peu fatigué, convient l’entraîneur. On va y aller petit à petit. Il ne débutera pas (contre Angers, NDLR) mais on lui donnera du temps de jeu. Le risque, c’est qu’il veuille en faire trop. On pourrait le jeter dans l’eau et voir comment il nage. Ce n’est pas ma volonté.”

Comme durant quatre mois, il continuera à le protéger tout en comptant sur lui. “Golo est un +top joueur+, très important pour nous”, répète Kovac depuis sa convalescence.

“Les docteurs disaient de faire très attention avec sa blessure, explique Kovac. J’étais déçu de devoir patienter. Il faut encore le protéger. Car son impact sur un match est élevé. Il peut apporter beaucoup en fin de saison.”

“Il peut devenir un joueur clé, enchaîne l’attaquant Kevin Volland. A Lorient, il a changé le match, avec beaucoup de qualités offensives et défensives.”

Médiocres statistiques

“Pour moi, c’est une recrue”, résume Kovac. Car le Russe présente un profil complet. A ses qualités de courses, il allie une technique de haut niveau, une capacité à gagner ses un-contre-un et un savoir-faire sur coups francs.

“Pour moi, c’est plus un N.10, mais il peut jouer en retrait ou sur un côté”, souligne Kovac, qui apprécie son sens de l’adaptation.

Après avoir prolongé en mars dernier jusqu’en juin 2024, l’homme aux 33 sélections avec la Russie entend désormais prendre plus de place en Principauté. Or il a été, jusqu’à présent, trop peu décisif en club, avec sept buts et huit passes décisives en 58 apparitions en L1.

En son temps comme entraîneur monégasque, entre octobre et décembre 2018, Thierry Henry avait d’ailleurs relevé qu’il avait “du mal à finir les actions”.

Aujourd’hui, c’est à Kovac de permettre à Golovin de mériter son surnom de +Tsar+. La dernière fois où il a justifié son statut, c’était le 24 septembre 2019, dans un derby contre Nice. Monaco était en grande difficulté. Il avait sorti un match superbe, avec un doublé et une passe décisive. A lui de redevenir ce joueur indispensable.