L1: Gerson, le “Joker” de Sampaoli

Le Brésilien Gerson avec l’OM lors de la réception du SCO Angers au stade Vélodrome, le 4 février 2022
Par Stanislas TOUCHOT / © 2022 AFP

Longtemps introuvable sur le terrain, Gerson est désormais partout: aligné par Jorge Sampaoli à droite ou à gauche, au milieu, en attaque et parfois même en défense, le Brésilien justifie son surnom de “Joker” avec Marseille, opposé dimanche à Brest en Ligue 1 (20h45).

Comme toujours, il est difficile d’imaginer quel onze de départ proposera Sampaoli dimanche en Bretagne, où l’OM voudra mettre fin à une vilaine série de mauvais résultats (un point en trois matches). Mais Gerson, qui a débuté huit des neuf dernières rencontres de son équipe, devrait en être. A quel poste? Mystère.

Depuis le début de saison, le Brésilien a joué milieu relayeur, à droite comme à gauche, milieu offensif, faux N.9 en alternance avec Dimitri Payet et même parfois arrière gauche en cours de match. Face à Monaco dimanche dernier, il évoluait comme un quasi ailier droit et quatre jours plus tard, contre Bâle, il occupait la même fonction mais de l’autre côté !

“Au Brésil aussi j’ai joué à plusieurs postes. C’est pour ça qu’on m’appelait Coringa (le Joker, NDLR). Je suis toujours disponible pour aider l’équipe”, a raconté le Marseillais vendredi en conférence de presse.

Parfaitement adapté

Lors de ses débuts en Europe, à l’AS Rome puis à la Fiorentina, avant de retourner au Brésil devenir le joueur mature qu’il est désormais, Gerson (24 ans) avait déjà été baladé de poste en poste. Mais cela trahissait surtout alors l’incertitude de ses entraîneurs quant à son meilleur rôle.

Aujourd’hui, sa polyvalence est un véritable atout tactique pour Sampaoli, qui s’en prive d’autant moins qu’il est directement à l’origine du recrutement du joueur, arrivé cet été pour quelque 20 millions d’euros, un investissement très important à l’échelle de l’OM.

“Nos positionnements ont toujours à voir avec les espaces laissés par l’adversaire. Si nous avons placé Gerson à gauche contre Bâle, c’était pour fixer à l’extérieur, permettre à Payet de jouer plus intérieur et à Kolasinac de monter de façon plus linéaire”, a expliqué Sampaoli vendredi.

Le technicien argentin a surtout assuré qu’après de premières prestations discrètes, voire parfois insuffisantes, Gerson était désormais “parfaitement adapté au groupe, à un football différent et à un nouveau pays”.

“Il gagne des duels, il attaque la surface, il élimine ses adversaires. Il est sur le bon chemin pour devenir un joueur respecté dans ce rôle. Ces derniers temps, il a vraiment répondu aux attentes”, a ajouté l’entraîneur de l’OM.

Travail mental

Alors que son équipe vit une fin d’hiver compliquée, avec des résultats en dents de scie et des prestations très variables, la nouvelle constance de Gerson est en effet un atout important pour Marseille.

“Je me sens de mieux en mieux, plus adapté, plus heureux. J’ai toujours travaillé pour être au meilleur niveau et j’ai été aidé par mes équipiers, le staff, un groupe très uni qui sait ce qu’il veut”, a expliqué Gerson.

“Chaque pays a sa culture, ses spécificités. Ici il y a beaucoup de joueurs rapides, physiquement très forts. J’ai essayé de m’adapter et maintenant je suis au diapason des autres”, a-t-il ajouté.

L’international auriverde, qui n’a toutefois pas été appelé par Tite pour les prochains matches de la Seleçao fin mars, a aussi reconnu avoir fait “un travail mental” pour accompagner sa montée en puissance.

“Quand on est bien dans sa tête, tout marche mieux. A partir du moment où on se libère de ce qu’on peut lire ou entendre, tout va mieux”, a-t-il dit. S’il lisait ou écoutait ce qui se dit aujourd’hui sur lui, Gerson verrait que les avis ont bien changé.