L1: Gasset, la tête à Bordeaux mais les Verts toujours à cœur

L’entraîneur bordelais Jean-Louis Gasset lors de la réception de Brest a stade Matmut-Atlantique, le 6 décembre 2020
Par Raphael PERRY / © 2020 AFP

Après Montpellier et le Paris SG, Jean-Louis Gasset a rendez-vous mercredi (21h00) avec Saint-Étienne, autre club qui a compté dans sa carrière d’entraîneur. Sans rancœur malgré les piques qui lui ont été adressées depuis son passage, mais avec l’envie de mettre les choses au point.

“Il y a 35 ans que je suis entraîneur, j’ai connu deux, trois endroits magiques: Montpellier parce que c’est mon club, ma ville, c’est chez moi, Paris où j’ai connu des choses extraordinaires, et Saint-Étienne. Je n’ai vécu que 18 mois à Saint-Étienne mais je peux vous dire que j’ai des images d’une aventure humaine avec des joueurs, avec un public. Magnifique”, raconte-t-il.

Et l’ancien adjoint de Laurent Blanc, âgé de 67 ans, ajoute: “Personne n’arrivera à me blesser quand on parle de Saint-Étienne”.

Arrivé dans le Forez en novembre 2017 initialement pour épauler le novice Julien Sablé, promu après l’échec de l’Espagnol Oscar Garcia, Gasset se voit confier lors de la trêve hivernale suivante le destin des Verts, englués en bas de tableau après dix matches sans victoire dont une défaite mémorable (0-5) à domicile dans le derby face à Lyon.

Il entame ce rôle de pompier de service en faisant venir plusieurs recrues qui grèveront par la suite les finances stéphanoises. Des choix qui lui ont été reprochés, mais qu’il assume.

“J’ai dit aux présidents (Roland Romeyer et Bernard Caïazzo) qu’il fallait renforcer l’équipe. Tout le monde était d’accord au club”, se défend-il.

Mathieu Debuchy, Yann M’Vila, Neven Subotic et Paul-Georges Ntep viennent ainsi “pour me donner un coup de main”.

Aussi bien que Galtier ou Herbin

“C’était ma première mission, tout le monde était ok sur ça”, rappelle-t-il, fier de son bilan dans la foulée (2 défaites en 19 matches). “On finit 7es, on n’est pas européens au goal-average mais on a vécu six mois extraordinaires, on a redonné le goût à des gens, l’espoir, la vie à un stade”.

Sur la lancée, on lui demande l’Europe. Banco! “En ayant fait ces six mois, si on y rajoute un petit plus, on se donne plus de chances de finir dans les 4 ou 5 premiers”, prévoit Gasset.

Avec le renfort de Wahbi Khazri et Timothée Kolodziejczak, en levant l’option de Rémi Cabella”il fallait donner 5 ou 6 M d’euros à Marseille, il a été revendu 12 M d’euros en Russie”

, l’ASSE finit 4e, aussi bien qu’avec Christophe Galtier en 2013-2014.

“On était partis sur un groupe de 15 pros. S’il n’y a pas l’Europe, ça ne sert à rien d’avoir 25 joueurs”, précise Gasset. “J’avais vu jouer la Gambardella, je savais qu’il y avait du talent”. William Saliba, Wesley Fofana, Mahdi Kamara et Charles Abi débutent sous ses ordres.

“Mes joueurs, une armée”

“Tout était fait en accord avec la direction”, répète l’actuel entraîneur bordelais qui, durant ses 57 matches dirigés en L1 avec les Verts, a tourné à 1,77 point par match, le meilleur ratio de sa carrière sur un banc.

“J’avais un groupe de joueurs, j’avais quinze pros, c’était une armée, se souvient-il. Je ne dis pas qu’on était la meilleure équipe mais les hommes, on a vécu un truc. Quand on s’est séparés, tout le monde pleurait”, se souvient-il.

Car l’idylle prend fin subitement, en mai 2019. “J’ai encore dans la tête ce dernier match contre Nice (3-0) qui nous amène l’Europe, je sais que je vais m’arrêter car je suis cuit, au bout du rouleau et ces gens qui vous remercient… Chapeau!”

“On m’a demandé deux missions, j’ai fait les deux missions, résume-t-il. Si ça avait paru exagéré, les gens m’auraient dit +Jean-Louis, on peut pas aller où tu veux+. Et peut-être qu’on n’aurait pas redressé la barre comme on l’a fait et peut-être que Saint-Étienne ne serait plus en L1”.

Mercredi, Gasset retrouve des Verts qui n’ont pas gagné depuis mi-septembre (15es, 13 pts). Mais difficile d’avoir des états d’âme, alors que son Bordeaux (11e, 19 pts) espère basculer vers la première moitié de tableau.