L1: Galtier exporte sa méthode pour remodeler Nice à son image

L’entraîneur Christophe Galtier en conférence de presse lors de sa présentation officielle à l’OGC Nice, le 29 juin 2021
Par Janine GIANARIA / © 2021 AFP

Sacré avec Lille au printemps, Christophe Galtier a filé plein sud cet été, jusqu’à Nice: symbole des ambitions des Aiglons après une saison décevante, l’entraîneur doit encore achever d’y construire une équipe à son image, un exercice délicat après une préparation compliquée.

Pas question de s’éparpiller ou de visiter sa nouvelle ville, tout juste inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco: à 54 ans, Galtier le Marseillais, qui s’est engagé pour trois saisons, se sait attendu pour bâtir son classique 4-4-2 à la hauteur du recrutement déjà engagé (36 millions d’euros) pour la reprise de la Ligue 1 le 8 août face à Reims.

L’exercice est délicat: neuvièmes la saison passée, les Aiglons ont connu deux entraîneurs différents, Patrick Vieira et Adrian Ursea, et l’effectif, très rajeuni à cause de l’absence des internationaux et des blessés, a enchaîné au cours de sa préparation un nul et trois défaites pour une seule victoire.

Des résultats sans grande surprise, mais samedi, au soir de l’échec devant l’Union Berlin (0-2), Galtier a poussé un coup de gueule comme les Verts de l’ASSE et les Lillois ont dû en entendre souvent dans ses précédents clubs.

“Il ne laisse rien passer”

“On peut souffrir car l’adversaire est meilleur, ils le sont tous actuellement”, a reconnu le technicien, pas connu pour pratiquer la langue de bois, prenant en compte les limites réelles du moment. Mais il a prévenu: “Quand le championnat démarrera, on ne pourra pas accepter si peu d’engagement!”.

Adjoint pendant 10 ans, puis numéro 1 à Saint-Etienne (2009-2017) et au Losc (2017-2021), Galtier s’est forgé une méthode et des principes, en sortant tout d’abord de la zone rouge les Verts, puis les Dogues, avant de propulser les deux équipes en Coupe d’Europe, finissant même par atteindre au printemps dernier la consécration nationale avec les Nordistes.

“C’est toujours une équipe qui gagne, pas des joueurs à fort potentiel”, répète-t-il.

Un constat partagé par Julien Fournier, directeur football de l’OGCN et ami de longue date du technicien. Le dirigeant et son président Jean-Pierre Rivère ne fixent pas d’objectif en terme de place à celui qui a été élu trois fois meilleur entraîneur de L1, mais attendent une “équipe à la bagarre” et sans doute avec plus d’identité de jeu que ces derniers temps.

Les Aiglons ont, eux, déjà noté à l’entraînement les exigences en matière d’investissement et de respect des consignes de leur nouveau technicien. “Il ne laisse rien passer”, témoignent-ils. Mardi, après ses premiers pas niçois, le milieu Mario Lemina, tout juste arrivé de Southampton, a aussi évoqué “une séance intense”.

Recrutement pas terminé

Au-delà de l’ex-milieu défensif de l’OM et de la Juventus Turin, Nice a déjà enregistré les renforts de Jean-Clair Todibo, transféré définitivement de Barcelone après six mois de prêt, du latéral lyonnais Melvin Bard, qui vient de prendre part à la décevante campagne des Bleus aux JO, et de trois “Oranje”: les ailiers Calvin Stengs (ex-AZ Alkmaar) et Justin Kluivert (le fils de l’ex-star néerlandaise Patrick Kluivert, prêté par l’AS Rome), et le milieu Pablo Rosario (PSV Eindhoven).

Les photos prises au siège niçois par des supporters de Myron Boadu (AZ Alkmaar), l’avant-centre néerlandais convoité par Monaco et du milieu offensif Mohamed Ihattaren, sur le départ du PSV Eindhoven, ont enflammé un peu plus le mercato niçois.

Une chose est sûre, le recrutement azuréen n’est pas terminé. Galtier souhaite un gardien, un défenseur axial, un avant-centre et peut-être milieu, en cas de départ de Kephren Thuram à Francfort, pour maintenir la concurrence sur tous les postes.

Le Gym, soutenu par la puissance financière du géant pétrochimique Ineos, tient à répondre aux attentes de son entraîneur mais garde sa ligne directrice

pas question de faire “de folie ou n’importe quoi”.