L1: et si Domenech ramenait un peu de calme à Nantes?

L’entraîneur de Nantes, Raymond Domenech (c), et ses joueurs avant le match de Ligue 1 contre Rennes à La Beaujoire, le 6 janvier 2021
Par Fanny CARRIER / © 2021 AFP

Malgré les railleries et les supporters déchaînés contre le “Kita Circus”, Raymond Domenech affiche un calme olympien depuis son arrivée à Nantes et compte bien insuffler cette sérénité pour relancer ses Canaris samedi à Montpellier (21h00) en Ligue 1.

Son retour aux affaires, dix ans après la débâcle au Mondial-2010, alimente sur les réseaux un flux continu de bons mots en référence au bus des Bleus à Knysna. Et son premier entraînement marqué par la musique et les commentaires de cirque diffusés par des supporters, remontés contre la présidence de Waldemar Kita, a marqué les esprits.

La veille du derby contre Rennes, certains ultras ont accroché des dizaines de banderoles “FC Nantes à vendre” dans l’agglomération. Au centre d’entraînement des Rennais, le message des supporters était clair: “Pas de pitié, enfoncez ces clowns”.

Mais à chaque conférence de presse, Domenech s’est présenté détendu, le ton posé, parfois charmeur, parfois moqueur

-y compris contre Kita–, pour assurer encore et encore sa confiance en ses joueurs.

“Ce n’est pas de la méthode Coué. Cela s’appuie sur un bilan net, clair, des qualités des joueurs”, assure-t-il.

Au-delà du jeu, son principal objectif est de “les rassurer sur leurs qualités”. “On a des joueurs capables de jouer, capables de construire. Maintenant il faut qu’ils en soient persuadés et qu’ils le mettent en place”.

“Confiance, sérénité”

Le terne 0-0 face à Rennes pour ses débuts mercredi ? Il y a vu la renaissance d’un groupe: “J’ai trouvé une équipe qui avait envie, qui s’est parlé, qui a joué ensemble, qui a défendu quand il fallait, qui a eu des possibilités de ressortir”.

“Son style, c’est de nous donner de la confiance, de la sérénité”, confirme Sébastien Corchia. Pour cela, il cherche avant tout à instaurer un dialogue avec les joueurs, de manière informelle mais aussi à travers un conseil des cadres qu’il a demandé au capitaine Nicolas Pallois de réunir.

“Il sait à quel moment on peut rigoler et à quel moment il faut travailler. Il nous chambre et ça fait du bien d’avoir aussi ça”, salue Corchia.

Et alors que certains joueurs se plaignaient du manque de directives de Christian Gourcuff, Domenech assomme son équipe de longues séances vidéo.

“C’est une des premières fois où je fais autant de vidéo, mais le coach veut vraiment que ça rentre dans la tête, qu’on sache où on doit être sur le terrain”, explique Mehdi Abeid.

“Il nous demande ce qu’on aurait pu faire dans cette situation et si on ne sait pas, il nous explique ce qu’il aurait voulu, c’est un échange”, ajoute-t-il.

“Prendre des points”

“On sait ce qu’on a à faire, on sait où se placer, on sait comment attaquer. C’est très clair et ça nous aide”, assure Corchia. “Avant, je pense qu’on faisait les efforts, mais les uns après les autres”.

Au final, le 4-4-2 présenté face à Rennes, avec Pallois et Andrei Girotto en charnière centrale, ressemblait beaucoup à celui de Gourcuff, même si le bloc défensif s’est révélé plus efficace dans l’animation, avec un premier match sans prendre de but depuis 2 mois.

Mais “ce n’était pas un 4-4-2. Normalement c’est un 4-2-2-2 (…). C’est même un 2-4-2 avec les deux latéraux qui doivent monter au niveau des milieux de terrain”, a tenté d’expliquer Domenech après le match.

Si le bloc a tenu face à des Rennais qui n’ont pas cadré un tir malgré une possession de balle de 72%, il en sera peut-être autrement face au duo Delort-Laborde à Montpellier. Et les Nantais devront également trouver les moyens de partir à l’attaque.

Au-delà des mots, Nantes pointe à la 17e place de Ligue 1 et vient d’enchaîner neuf matches sans victoire. “On sait notre potentiel, on sait ce qu’on peut faire. Mais prendre des points, c’est ça qui nous fera gagner en confiance”, assure Abeid.