L1: entre Rennes et Lens, le coeur de Loïc Badé balance ?

Le défenseur lensois Loïc Badé s’impose dans les airs face au Lorientais Adrian Grbic au stade du Moustoir, le 13 septembre 2020
Par Fanny CARRIER / © 2021 AFP

“Je ne vais pas leur faire de cadeau parce que je les aime bien”: arrivé cet été à Rennes après une première saison en Ligue 1 réussie à Lens, le défenseur central Loïc Badé attend ses anciens coéquipiers dès dimanche au Roazhon Park (13H00).

Sur son compte Twitter, son profil affiche la photo de sa mère exhibant avec fierté le nouveau maillot Rouge et Noir du club breton avec lequel il a signé pour cinq ans. Mais juste au-dessus, il a aussi laissé celle de supporters lensois brandissant son ancien maillot Sang et Or.

Formé au Havre et arrivé à Lens l’été dernier, le jeune défenseur central (21 ans) y a laissé un souvenir ému, comme en ont témoigné les commentaires des dirigeants du club et des supporters à son départ début juillet. Mais le transfert de Badé à Rennes, estimé à près de 20 millions d’euros (bonus compris) dans la presse, représente la plus grosse vente de l’histoire du club artésien.

Seul regret pour Arnaud Pouille: que Badé n’aie jamais eu l’occasion d’évoluer dans un stade Bollaert plein à cause des restrictions sanitaires la saison dernière. Mais le directeur général du RCL lui a promis “le plus beau des accueils” lors du Lens-Rennes prévu en 20e journée début janvier.

“Voir plus haut”

En attendant, c’est le match aller qui se profile à Rennes dès la première journée. Mais “il n’y a pas forcément de moment particulier pour retrouver son ancien club”, a expliqué le jeune défenseur cette semaine sur le site du club.

“C’est sûr que ce sera un match différent des autres. Je vais jouer une équipe que je connais très bien. Je vais encore plus avoir envie de le gagner”, a-t-il assuré.

Objet de nombreuses sollicitations, il a choisi Rennes en vue de franchir un nouveau pallier avec un club aux ambitions européennes assumées même s’il n’a devancé Lens que d’un souffle en toute fin de saison dernière pour la toute neuve Europa League Conférence.

“J’avais le désir d’être ambitieux, de voir plus haut, de me confronter à des équipes de plus grosse envergure”, a-t-il expliqué lors de sa présentation à la presse. Et même s’il vise plus haut encore, pas question de se brûler les ailes à l’étranger: “Partir trop tôt, ça peut être négatif dans une carrière, donc ça me tenait à cœur de confirmer en France”.

Côté Rennes où la famille Pinault, actionnaire unique depuis 1998, a mis la main au portefeuille pour s’assurer les services de Badé, le club fonde de grands espoirs dans sa nouvelle recrue, arrivé pour remplacer l’ancien capitaine Damien Da Silva, 33 ans, qui a préféré signer à Lyon plutôt que prolonger en Bretagne.

“Charisme naturel”

“Il a déjà un profil de défenseur central moderne, athlétique, dynamique, jeu aérien, capacité à sortir les ballons”, s’est réjoui en juillet le directeur sportif Florian Maurice, conscient de la nécessité de renforcer une défense loin d’être irréprochable l’an dernier.

“On est très contents que Loïc soit dans notre équipe plutôt que dans l’équipe qu’on va affronter”, a plaisanté l’entraîneur Bruno Genesio avant le match de dimanche.

“Il s’est adapté très vite. Il monte en puissance. Et pour son intégration, il a un charisme naturel tourné vers les autres, il a déjà pris sa place dans le groupe. Même si c’est un jeune joueur, il a toutes les qualités pour s’imposer dans le jeu mais aussi pour s’imposer comme un des leaders du groupe”, a-t-il ajouté.

Et dans l’immédiat, “il a de plus en plus d’automatismes avec Nayef” Aguerd en charnière centrale, a assuré l’entraîneur. Face à Lens, son entrée en matière sera “un peu différente, mais le plus important c’est qu’il se concentre sur ce qu’il a à faire, en laissant les émotions de côté”.