L1: dur, dur d’être gardien aux Girondins cette saison

Benoît Costil (à gauche) trompé par le milieu rennais Lovro Majer le 16 janvier dernier lors du Stade Rennais-Bordeaux au Roazhon Park
Par Raphael PERRY / © 2022 AFP

Entre l’expérimenté Benoît Costil, blessé depuis deux mois, et son suppléant Gaëtan Poussin, les gardiens bordelais sont dans le dur: garder la cage des Girondins, pire défense de Ligue 1 avant d’affronter le Paris SG dimanche (13h00), a tout d’une pénitence cette saison.

S’il y avait une “Passoire d’or” européenne décernée en fin de saison comme il existe le Soulier d’or pour le meilleur attaquant, les portiers de Bordeaux (2,41 buts encaissés par match) se la disputeraient sûrement avec ceux de Greuther Fürth, dernier de Bundesliga (2,56), voire Ilian Meslier, leur compatriote titulaire d’un Leeds en déconfiture ces derniers temps (2,28).

Ne leur demandez pas non plus la signification de l’expression anglaise “clean sheet”, qui désigne un match sans prendre de but ! Ce terme a disparu de leur vocabulaire depuis mai dernier, si l’on excepte leur balade en Coupe de France en décembre contre les faibles amateurs mahorais des Jumeaux de M’Zouzia (10-0).

Avoir disputé 27 journées de championnat sans avoir préservé une seule fois leur cage inviolée est typique d’une équipe en perdition, lanterne rouge de L1 souffrant de maux multiples, sportifs et mentaux, et surtout répétitifs (5-2 à Strasbourg en décembre, 6-0 à Rennes en janvier, 5-0 à Reims en février).

Parmi les 65 buts encaissés jusque-là cette saison par Costil (50 buts en 21 matches) et Poussin (15 en 6 matches), beaucoup l’ont été suite à d’errements défensifs liés à des déséquilibres.

Scoumoune

D’autres ont été le fruit de la malchance, à l’image du coup de billard amenant l’égalisation de Monaco mi-février pour la première de l’entraîneur David Guion sur le banc, ou bien découlent de décisions arbitrales plus ou moins litigieuses comme ces penalties concédés (9 au total, record en L1) à Reims, contre Lens à l’aller et au retour, ou Troyes (2-0) dimanche dernier.

Sous le mandat de Vladimir Petkovic, qui a rarement pu aligner le même bloc défensif deux matches de suite, Costil a régulièrement été livré à lui-même dès que ses partenaires se ruaient pour revenir au score en oubliant de défendre.

L’international de 34 ans, qui avait réussi 10 “clean sheets” lors de la seule phase aller la saison dernière, a certes retardé l’échéance à plusieurs reprises. Mais c’est bien sur une de ses erreurs début janvier que Bordeaux a perdu son historique et symbolique invincibilité à domicile contre Marseille (0-1) datant de 1977.

L’arrivée à son chevet en janvier de Grégory Coupet, entraîneur de gardiens jovial et positif, aurait dû ramener de la sérénité dans les rangs. Mais Costil s’est gravement blessé au mollet trois jours plus tard…

“Plus rigoureux et discipliné”

Pour le baptême de sa doublure Gaëtan Poussin contre Strasbourg le 23 janvier, ce dernier a encaissé trois buts, mais comme ses coéquipiers avaient eu la bonne idée d’en inscrire 4, Bordeaux s’est offert un bref répit.

Ensuite, malgré plusieurs recrues défensives, ça a été l’avalanche pour le gardien de 23 ans formé en club, avec 5 buts concédés contre Reims, puis 3 autres en à peine 26 minutes à Lens.

En apportant “un cadre plus rigoureux et discipliné” que son prédécesseur Petkovic, Guion a un peu réduit la perméabilité ces dernières semaines (4 buts encaissés lors des 3 derniers matches).

Si les Girondins ne gagnent toujours pas et restent englués à la dernière place, ils concèdent désormais beaucoup moins de situations à leurs adversaires.

Mais leur arrière-garde reste fragile à la veille de se rendre dans un Parc des Princes qui s’annonce très remonté, quatre jours après l’effondrement des Parisiens face au Real Madrid en 8e de finale retour de Ligue des champions (1-0, 1-3).