Neymar (g) et Marco Verrati se congratulent après un des six buts du PSG contre Saint-Etienne en quarts de la Coupe de la Ligue au Parc des Princes, le 8 janvier 2020
Par Yassine KHIRI / © 2020 AFP

Une avalanche de buts Ă  poursuivre: le Paris SG, fort d’un nouveau schĂ©ma de jeu valorisant son quatuor offensif et d’un groupe au complet, compte profiter d’une double confrontation en Ligue 1 contre Monaco, dimanche (21h00) puis mercredi, pour peaufiner ses automatismes avant la Ligue des champions.

“On a la chance d’avoir quatre des dix meilleurs joueurs du monde, c’est incroyable. C’est pour ça que le coach a choisi de changer de système. En laisser un des quatre sur le banc, c’est vraiment quelque chose de difficile pour le football”: après l’Ă©nième rĂ©cital de ses coĂ©quipiers Mauro Icardi, Kylian MbappĂ©, Neymar et Angel Di Maria contre Saint-Etienne (6-1) mercredi, Marco Verratti a parfaitement analysĂ© les raisons de la transformation de son Ă©quipe.

Depuis la mue tactique en 4-4-2 opĂ©rĂ©e Ă  Montpellier (3-1) dĂ©but dĂ©cembre, après plusieurs rĂ©sultats poussifs en 4-3-3, Paris et ses “Quatre Fantastiques” ont affolĂ© autant les compteurs que leurs adversaires en l’espace d’un mois avec sept victoires d’affilĂ©e, la bagatelle de 32 buts inscrits… et seulement 4 buts encaissĂ©s !

Enfin le système gagnant pour briller sur la scène europĂ©enne ? Monaco (7e, 28 points), dans le sillage de son nouvel entraĂ®neur Robert Moreno, est condamnĂ© Ă  se montrer Ă©tanche face aux assauts du leader de Ligue 1 (45 pts), dimanche au Parc puis mercredi au stade Louis-II, s’il veut enclencher une remontĂ©e au classement.

Icardi-MbappĂ©, une complicitĂ© “Ă©vidente”

De son côté, Paris pense déjà à Dortmund: avant son huitième de finale aller de Ligue des champions le 18 février prochain, Thomas Tuchel se satisfait de ne compter aucun blessé dans son effectif, quasiment du jamais-vu depuis son arrivée. Et il commence à se forger des certitudes.

Au-delĂ  de la relation fusionnelle entre “Ney” et “KM”, un autre duo commence Ă  se dĂ©tacher: la paire Icardi-MbappĂ©.

Si le “serial-buteur” argentin a rĂ©ussi Ă  inscrire contre les Verts son premier triplĂ© sous le maillot parisien, il le doit en grande partie Ă  l’altruisme du champion du monde français, double passeur.

Le vĂ©ritable chef d’oeuvre de l’ex-capitaine de l’Inter Milan est pourtant intervenu quelques minutes plus tard: d’un enchaĂ®nement technique de très haut niveau, contrĂ´le en extension puis passe en une touche du pied gauche, l’Argentin a offert le 6e but parisien… Ă  MbappĂ©.

“Icardi et MbappĂ© aiment jouer ensemble, avec une complicitĂ© Ă©vidente. C’est nĂ©cessaire qu’ils se cherchent l’un l’autre”, s’est fĂ©licitĂ© Tuchel.

“La vĂ©ritĂ©, c’est que je me sens très bien ici Ă  Paris”, a confiĂ© Icardi, prĂŞtĂ© cet Ă©tĂ© par l’Inter Milan, en zone mixte. “Nous n’avons encore parlĂ© de rien pour le moment. En mai, quand la saison sera terminĂ©e, nous discuterons Ă  coup sĂ»r. Si j’ai la possibilitĂ© de rester, j’en serai très content.”

Neymar, symbole d’un quatuor qui dĂ©fend enfin

RĂ©ticent au dĂ©part Ă  aligner quatre joueurs offensifs par crainte d’exposer son bloc dĂ©fensif aux vagues adverses, Tuchel a fini par conditionner l’alignement de toutes ses Ă©toiles Ă  une plus grande implication dĂ©fensive de chacun.

Une image symbolise cette nouvelle rĂ©solution, vite acceptĂ©e par son vestiaire: un tacle rageur de Neymar pour rĂ©cupĂ©rer un ballon dans le camp stĂ©phanois. “Je l’ai vu, put…! Quand on parle de prise de conscience, Neymar qui tacle, ça parle Ă  toute l’Ă©quipe, c’est top”, a complimentĂ© MbappĂ©.

“Ce n’est pas un secret. Au plus haut niveau, ce sont les Ă©quipes qui jouent comme une Ă©quipe qui ont du succès. On veut (que le quatuor) ait une complicitĂ© offensive, mais il faut toujours faire les efforts en Ă©quipe”, a renchĂ©ri Tuchel samedi.

L’origine du dĂ©clic ? La leçon subie contre le Real (2-2) fin novembre Ă  Santiago-Bernabeu, oĂą les Parisiens ont longtemps Ă©tĂ© surclassĂ©s avant d’arracher un nul miraculeux.

“On s’est parlĂ© dans le vestiaire après le match de Madrid, raconte Marco Verratti. On s’est dit que si on voulait changer de système, il fallait que tout le monde coure”.

“On sait que ce qu’on faisait n’Ă©tait pas suffisant, acquiesce Kylian MbappĂ©. On n’est pas les meilleurs dĂ©fenseurs du monde mais c’est mieux, et on le voit sur le terrain: les joueurs derrière sont beaucoup plus frais pour nous donner de meilleurs ballons car ils ont moins Ă  courir pour nous”.