L1: Dernis appelle Saint-Etienne à “s’inquiéter un peu quand même”

Le milieu Geoffrey Dernis (d), alors à Brest, lors d’un match de Ligue 1 à domicile contre Montpellier, le 12 décembre 2012
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Ancien milieu de Saint-Etienne (2006-2009), Geoffrey Dernis a vécu la série de sept défaites consécutives de l’automne 2008. Il appelle les Verts, englués dans une spirale similaire et opposés à Lille dimanche (21H00) “à s’inquiéter un peu quand même avant qu’il ne soit trop tard”.

Q: Quel souvenir conservez-vous de cet enchaînement de défaites en 2008 ?

R: “Nos résultats étaient contradictoires entre un très bon parcours, en milieu de semaine, en Coupe de l’UEFA que nous retrouvions après une bonne saison précédente, et nous ne parvenions pas à gagner en championnat chaque week-end. Nous n’avions pas la réussite dont nous bénéficions sur les matches européens. C’était une période assez noire au cours de laquelle nous accumulions les défaites. Ce n’était pas évident moralement.”

Q : Au bout de cinq défaites, l’entraîneur Laurent Roussey avait été limogé. Quel discours avait tenu son successeur, Alain Perrin, pour remobiliser le groupe ?

R: “A l’époque, Laurent Roussey n’était pas soutenu par l’un des deux présidents (Roland Romeyer, NDLR). Cela le fragilisait et les résultats n’ont pas aidé, forcément même s’ils avait contribué à nous faire retrouver la coupe d’Europe. Il n’a pas survécu à cette série de défaites et nous étions relégables. Quand Alain Perrin est arrivé, il a eu en face un groupe atteint psychologiquement. Il a fallu du temps à Alain Perrin pour retrouver un effectif bien dans sa tête et dans son corps, renouant avec la confiance. Nous n’avons pas gagné tout de suite. Il a changé des joueurs, de dispositif. Nous nous sommes sauvés à la dernière journée. Nous devions absolument battre Valenciennes (4-0) mais nous n’avions pas notre destin entre nos mains car nous avons profité de la défaite de Caen pour nous maintenir.”

Q: En comparaison, quel regard portez-vous sur la situation actuelle ?

R: “En 2008, notre groupe se connaissait depuis quelques temps et avait des qualités, sans dire que l’effectif actuel n’en n’a pas. Nous avions les moyens de nous sauver plus facilement mais nous n’avons pas eu les résultats en rapport avec la valeur de notre groupe. Aujourd’hui, l’équipe est très jeune et cette jeunesse a du mal à confirmer les attentes. Habituellement, quand on accumule les défaites, les supporters sifflent et il n’est pas évident de supporter la pression. Aujourd’hui, le stade est vide, c’est triste mais c’est aussi un moyen de s’en sortir psychologiquement. Toutefois, seul le terrain va les aider. Il faut que Saint-Etienne stoppe cette spirale et que la jeunesse surmonte ses difficultés. Cela servira d’apprentissage.”

Q: Êtes-vous inquiet pour l’ASSE ?

R: “Il reste beaucoup de matches mais si on me dit que Saint-Etienne n’est pas inquiet, quand est-ce que l’on va s’inquiéter ? Si c’est en avril, cela risque d’être un peu tard. Inquiétez-vous un peu quand même ! Car c’est avec cette inquiétude que l’on va peut-être redoubler d’efforts, retrouver une notion de groupe et aller chercher des résultats. Nous, nous avions galéré jusqu’au bout. Claude Puel n’a pas eu tous ses cadres à disposition, blessés ou suspendus. Je suis curieux aussi de voir l’ASSE au complet. Et n’oublions pas que certains joueurs, mis à l’écart, reviennent, par obligation”.

Propos recueillis par François-Jean TIXIER