L1: de Paris à Lyon, Aulas toujours au centre du jeu

Le président emblématique de l’Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas, le 6 octobre 2021 à Paris
Par Francois-Jean TIXIER / © 2021 AFP

Incontournable Jean-Michel Aulas: critiqué pour son attitude lors du match interrompu Lyon-Marseille, désavoué par le départ de son protégé Juninho, le dirigeant reste un personnage incontournable du football français et de l’OL, qui a écopé mercredi d’une sanction peut-être moins sévère que redouté.

Réunie à Paris mercredi soir, la commission de discipline a sanctionné l’Olympique lyonnais d’un retrait d’un point au classement et deux matches à domicile à huis clos à la suite des incidents du match OL-OM, stoppé après un jet de bouteille d’eau en plastique sur le capitaine marseillais Dimitri Payet.

L’une de ces rencontres à huis clos a déjà été purgée contre Reims (défaite 2-1) et l’autre le sera lors de la rencontre face à l’OM à rejouer sans spectateurs.

La sanction est lourde financièrement avec un manque à gagner de 5 à 6 millions sur la billetterie et les prestations diverses au stade.

Mais elle paraît moins sévère que ce qu’elle aurait pu être et il n’est pas certain que le club rhodanien formule un appel pour la contester.

“Il impose sa vérité”

Pour tenter d’influer sur la décision, Jean-Michel Aulas (72 ans), président de l’OL depuis 34 ans, s’est encore démené.

On l’a entendu réclamer “ne pas avoir à payer plus que les autres” dans un début de saison perturbé par les débordements en tribunes. On l’a vu aussi émettre des propositions sur Twitter, comme par exemple de “pouvoir remplacer un joueur potentiellement blessé à l’occasion d’un incident pour éviter d’arrêter à tort un match”.

“C’est un professionnel de la politique du foot”, pointe un dirigeant d’un club du haut de tableau en Ligue 1. “Sa communication est changeante, pleine de +fake news+, mais c’est un professionnel. Il a 35 ans d’expérience. Il impose sa vérité. Mais il n’a pas donné une bonne image le soir des faits.”

De quoi alimenter le procès du chef d’entreprise, parfois accusé de confondre intérêt général et intérêt particulier de son club.

Il y a un an et demi, il s’était, seul contre presque tous, opposé sans succès à la décision prise par la Fédération française de football (FFF) et la Ligue de football professionnel (LFP) d’arrêter le championnat sur consigne sanitaire du gouvernement, quand d’autres ligues ont su reprendre comme en Allemagne.

“Jean-Michel Aulas s’intéresse au mécanisme du football. Alors, évidemment tout le monde dit qu’il ne pense qu’à son club mais quand on veut améliorer les choses, on regarde ce qui est bon pour son club et tout le monde en bénéficie”, confiait alors Olivier Blanc, qui a été son proche collaborateur durant plus de trente ans, au quotidien Le Progrès.

Dans le passé, le président de l’OL a mené bien des combats: la cotation en bourse des clubs français, l’indemnisation pour la mise à disposition des internationaux après une blessure d’Eric Abidal avec les Bleus ou le statut professionnel des femmes et leur rémunération.

En première ligne

Récemment encore, Aulas est monté en première ligne après le fiasco du diffuseur défaillant Médiapro, plaidant publiquement pour l’arrivée de nouveaux diffuseurs… jusqu’à l’irruption inattendue d’Amazon.

Et sa prise de position contre une Superligue européenne privée, alors qu’il faisait partie des proches du patron de la Juventus Turin, Andrea Agnelli, l’un des instigateurs du projet, a été saluée par le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin.

Enfin, Jean-Michel Aulas est actuellement le seul président de club français à siéger à la fois à la Fédération, où il fait partie du Comité exécutif, et à la Ligue en tant que représentant de la FFF.

Cela lui a valu d’autres critiques: selon des extraits de ce rapport d’incidents rédigé par M. Ruddy Buquet, arbitre principal d’OL-OM, le patron du club lyonnais se serait prévalu de sa présence au “Comex” de la Fédération pour faire planer l’idée de ne “pas en rester là” au sujet de la décision de l’arbitre, lui-même placé sous la tutelle de la FFF… Des propos “sortis de leur contexte”, l’a défendu l’OL.

Bref, Aulas tient bon la barre: si la situation sportive de Lyon est délicate en L1 (12e), le dirigeant pourrait profiter du départ annoncé du directeur sportif Juninho en janvier pour revoir l’organisation technique de son club.