L1: David contre Ben Yedder, duel en pointe pour Monaco-Lille

La joie de l’attaquant canadien de Lille, Jonathan David (g), et de ses coéquipiers, après avoir marqué contre Marseille, lors de leur match de L1, le 3 mars 2021 au stade Pierre-Mauroy à Villeneuve d’Ascq
/ © 2021 AFP

Alors que le sprint approche, le duel entre Monaco (4e) et le leader Lille, dimanche (17h00), vaut très cher. Pour rafler la mise, les deux équipes comptent sur leur avant-centre: Jonathan David et Wissam Ben Yedder, deux trajectoires différentes, mais deux buteurs incontournables.

. David enfin lancé

Recrue phare du Losc, qui voulait en faire le successeur de Victor Osimhen, David (21 ans), arraché aux Belges de La Gantoise contre un chèque de 27 millions d’euros, a connu des débuts compliqués dans le Nord. Arrivé à court de forme, l’international canadien a peiné à se montrer décisif dans une équipe nordiste pourtant fringante.

Malgré la confiance de son entraineur Christophe Galtier, qui l’a titularisé lors des sept premières journées de Championnat en dépit de performances moyennes, David n’a pas réussi à se hisser au niveau de ses partenaires.

“Il m’a fallu du temps pour m’adapter et découvrir la L1, faire connaissance avec mes coéquipiers. J’avais un peu perdu ma forme car je n’avais pas beaucoup joué à cause du Covid. Ce n’était pas facile au début”, a-t-il admis début mars.

Passé par le banc, l’attaquant a enfin eu le déclic en novembre, avec un but et une passe décisive face à Lorient (4-0). Il a ensuite confirmé contre… Monaco (2-1) début décembre, avec une nouvelle réalisation.

Mais c’est surtout en 2021 que le puissant avant-centre a enfin montré l’étendue de son talent. Depuis le début de l’année, il a inscrit sept de ses neuf buts en Championnat et apporté des points très précieux au Losc dans la course au titre.

Il a ainsi sorti le leader de plusieurs mauvais pas en marquant les buts de la victoire face à Reims (2-1), Rennes (1-0), Nantes (2-0) ou encore Marseille (2-0) début mars, avec un doublé en toute de fin match.

“C’est un garçon très atypique dans son comportement, souvent détendu, très détendu et même parfois trop détendu. Il est comme ça, c’est sa personnalité. Il n’a aucune pression, il est atypique mais opportuniste. Et en 2021, il marque des buts importants”, a résumé Galtier.

. WBY, l’Europe puis l’Euro

“On ne va rien lâcher!” C’est le leitmotiv de Ben Yedder en cette fin de saison. Généralement peu expansif, le capitaine monégasque (30 ans) lâche désormais cette phrase dès qu’il le peut. Histoire de maintenir le cap pour ses jeunes coéquipiers, même lorsque les temps sont plus compliqués collectivement ou personnellement.

L’international n’a en effet plus marqué depuis un mois. C’était contre Lorient (2-2), le 14 février. Il avait inscrit un doublé et arraché, en sauveur, l’égalisation à la dernière seconde.

Depuis, quatre matches ont passé, dont une victoire en Coupe à Nice (2-0) lors de laquelle il est resté sur le banc. S’il a été discipliné à Paris (2-0), ses prestations ont été médiocres contre Brest (2-0), face à qui il a raté son seul penalty en huit tentatives cette saison, et à Strasbourg.

Mais ce n’est certainement pas dans la dernière ligne droite que son entraîneur Niko Kovac va le lâcher. “Il a toute ma confiance”, assure le technicien croate, qui explique: “Avoir des hauts et des bas fait partie de la vie d’un buteur. Wissam est très important pour l’équipe.”

Avec Kevin Volland (13 buts, 4 passes décisives en L1), Ben Yedder (13 buts, 4 passes) forme en effet un duo capable de déstabiliser la solide arrière-garde lilloise.

“Wissam doit être dans la surface, précise Kovac. C’est sa place. Parfois, le ballon arrive mal. Le plus important, c’est la dernière passe. Elle doit être effectuée avec encore plus de finesse pour qu’elle aille dans la zone de Wissam.”

Pour le technicien et Monaco, l’objectif est clair: le podium. Et pour cela, une victoire contre Lille pèserait lourd. “Il reste dix matches, on va bien voir”, sourit Kovac.

Au-delà, Ben Yedder a aussi l’Euro en ligne de mire. Régulièrement sélectionné ces deux dernières saisons, il restera en ballotage jusqu’au bout tant la concurrence est forte. Pour lui aussi, les dix prochains matches seront déterminants.