L1: Collot retrouve Lyon pour achever son intérim nantais

L’entraîneur intérimaire du FC Nantes Patrick Collot (au centre) durant la renconrtre face à Dijon à La Beaujoire, le 13 décembre 2020
Par Fanny CARRIER / © 2020 AFP

Adjoint de Claude Puel à l’OL trois années durant, Patrick Collot revient mercredi à Lyon (21H00) en tant qu’entraîneur N.1 de Nantes, pour le dernier chapitre d’un intérim jusqu’à présent chaotique.

Pour la 4e fois de sa carrière, l’éternel N.2 qui a accompagné six entraîneurs différents depuis 2006 a pris les rênes d’une équipe “pour rendre service”, sans ambition pour la suite mais avec l’intention affichée d’appliquer ses idées.

Originaire du Sud, il a fait l’essentiel de sa carrière à Lille, d’abord pendant sept ans comme milieu offensif (1995-2002) avant de passer par le recrutement et la formation puis de devenir l’adjoint de Claude Puel en 2006.

En 2008, il a suivi Puel à Lyon: sous la houlette des deux hommes, l’OL est resté sur le podium de L1 et s’est offert la première demi-finale de Ligue des champions de son histoire en 2010

perdue contre le Bayern Munich

-, dix ans avant la deuxième décrochée cet été. Mais en 2011, Puel a été limogé et Collot avec lui.

“C’est le football. J’ai été remercié et la vie continue, c’est comme ça. J’en garde un très bon souvenir, j’y ai vécu de très grands moments avec un effectif de qualité, où on cherchait toujours à gagner. C’était des saisons pleines et très enrichissantes”, a-t-il assuré mardi.

“Meneur d’hommes”

Revenu comme adjoint à Lille, il avait déjà assuré des intérims en 2015 et 2016, avant de retourner dans l’ombre, puis de rejoindre Nantes comme bras droit de Vahid Halilhodzic, son dernier entraîneur à Lille.

Dans le vestiaire nantais, sa désignation et son discours volontaire ont été bien accueillis après les flottements ayant marqué les derniers mois de Christian Gourcuff. “+Pat+ est l’homme de la situation”, a assuré le gardien Alban Lafont, qui a salué “un meneur d’hommes” et lui voit toutes les qualités d’un N.1.

Mais les résultats n’ont pas suivi: avec certes plus d’allant, les joueurs n’ont décroché que deux points sur neuf. Un match nul 1-1 contre la lanterne rouge Dijon, une défaite 3-2 à Reims après avoir encaissé trois buts en six minutes et enfin un nul 1-1 arraché à la dernière seconde sur un but gag face à Angers. “On peut parler de miracle”, a reconnu Collot.

Il faut dire que ses choix ont parfois étonné. Certes, il a immédiatement fait valser le 4-4-2 que Gourcuff avait toujours aligné, le remplaçant par un 4-3-3 destiné à apporter plus de sécurité à la défense, avec Andrei Girotto en sentinelle.

Mais il a aussi choisi de laisser sur le banc des joueurs performants comme le latéral Sébastien Corchia et surtout l’attaquant Randal Kolo Muani, révélation de ce début de saison.

“Zones de turbulence”

“Ce n’est pas loin d’être le meilleur attaquant contre lequel j’ai joué depuis le début de la saison”, a salué dimanche le défenseur angevin Romain Thomas. Or, contre Dijon et Angers, l’international Espoirs n’a été que le remplaçant de luxe d’un Renaud Emond en mal de ballons.

Collot a expliqué qu’Emond était chargé d'”user l’adversaire” pour Kolo Muani, qui devait aussi être préservé. Mais le match contre des Lyonnais invaincus depuis la mi-septembre n’est probablement pas une priorité pour Nantes, 15e à 3 points du barragiste, qui n’a plus gagné depuis début novembre.

“Les semaines à venir seront difficiles (…) Il faut être conscients qu’on va lutter un petit moment dans des zones de turbulences importantes”, a prévenu Collot.

D’autant que le flou règne encore sur celui qui prendra la relève pour devenir le 15e entraîneur

sans compter les intérims

en 13 ans de présidence de Waldemar Kita.

Collot lui-même se voit bien rester N.2, d’autant qu’il n’a pas le BEPF, le diplôme obligatoire pour entraîner une équipe professionnelle. Il avait bien tenté de s’inscrire à la formation quand il était à Lille, mais il n’avait pas été retenu et n’a plus réessayé. A 53 ans, il a encore le temps.