L1: Camavinga en baisse, Aouar en hausse et Lyon en conquête

Le milieu de Rennes, Eduardo Camavinga, lors du match de groupes de la Ligue des champions à domicile face à Séville, le 8 décembre 2020
Par Fanny CARRIER et Francois-Jean TIXIER / © 2021 AFP

Eduardo Camavinga peine à Rennes, Houssem Aouar pétille à Lyon: concurrents pour une place en Bleu à l’Euro, les deux milieux affichent des trajectoires opposées avant de s’affronter samedi (21h00) en Ligue 1, avec le titre honorifique de champion d’automne à conquérir pour l’OL.

Une nul au Roazhon Park suffirait à offrir cette distinction aux Gones pour la première fois depuis la saison 2008-2009, même si virer en tête à mi-championnat ne garantit rien: cette année-là, l’Olympique lyonnais avait finalement terminé troisième derrière Bordeaux (champion) et Marseille.

De son côté, Rennes (4e), débarrassé de la Ligue des champions, est revenu dans la course à l’Europe mais reste à quatre longueurs du Paris Saint-Germain (2e) et de Lille (3e), et à sept points de l’OL, leader et actuellement en pleine forme.

Certes, la performance d’Aouar contre Lens (3-2) mercredi n’a pas été la plus aboutie de la saison mais le milieu international (22 ans, 1 sélection) semble en phase ascendante après ses déboires de l’automne.

“J’ai eu beaucoup de pépins qui m’ont ralenti sur mes performances mais ça va beaucoup mieux. Je suis plus frais physiquement, aussi. J’avais souffert du Covid et je n’ai pas pu jouer tous les matches. Cela a un peu impacté mon début de saison”, a-t-il souligné juste avant la trêve, en s’affirmant résolument “tourné vers le présent”.

Aouar, après les sautes d’humeur

Le présent, pour Lyon, c’est une série de quinze rencontres sans défaite (dix victoires, cinq nuls), à laquelle Aouar a pleinement contribué avec trois buts et trois passes décisives pour quatorze matches.

De quoi oublier ses sautes d’humeur: exclu contre Montpellier pour la seule défaite du club lyonnais cette saison (2-1) en septembre, puis suspendu pour affronter Nîmes (0-0), le milieu avait aussi raté un match contre Reims après avoir été suspendu par le club (3-0).

Il s’était alors soustrait à une séance de travail athlétique après la rencontre à Angers, qu’il avait suivie du banc de touche après une blessure aux adducteurs.

On aurait pu craindre qu’il soit dès lors victime de la concurrence féroce à l’OL dans l’entrejeu, avec notamment l’intégration réussie de la recrue Lucas Paqueta.

Mais il n’en est rien: Aouar, un temps sur le départ cet été avant de se résoudre à rester à Lyon, affiche une belle complémentarité avec ses partenaires. Et son entente avec Memphis Depay et désormais Paqueta a dynamisé le jeu offensif lyonnais.

A l’inverse, Eduardo Camavinga (18 ans, 3 sélections) est plutôt en baisse de régime depuis plusieurs semaines.

Sur les réseaux sociaux, une parodie “d’alerte-enlèvement” circule pour signaler la disparition d’un jeune surdoué du football, qui n’est plus apparu à son meilleur niveau depuis un match lumineux couronné d’un magnifique but contre Montpellier fin août, quelques jours avant de devenir à 17 ans le plus jeune joueur de l’ère moderne à porter le maillot des Bleus.

Camavinga, la tête ailleurs ?

S’il a brillé en équipe de France, la suite de sa saison a été ternie par un vilain coup à une cuisse. Et ses adversaires, désormais prévenus, savent mieux le priver d’espaces.

Des vacances de luxe à Dubaï pendant la trêve, un changement d’agent en décembre avec l’arrivée du Britannique Jonathan Barnett, en amont d’un transfert au montant potentiellement historique annoncé à l’été prochain vers un grand d’Europe: lui qui a soufflé ses dix-huit bougies en novembre a peut-être aussi un peu la tête ailleurs.

Avant la trêve tout comme mercredi à Nantes (0-0), il n’était plus titulaire. Une question de “gestion d’effectif”, s’est contenté d’expliquer son entraîneur Julien Stéphan qui répète, depuis cet été, qu’après la révélation, l’année de la confirmation est toujours plus délicate.

“Il a eu un petit coup de moins bien, il va retrouver de la fraîcheur et de la spontanéité et revenir à son niveau”, a-t-il dit.

Et puis ce coup de mou a été collectif, a assuré son partenaire en Bleu Steven Nzonzi. “On a tous manqué de jus à un moment donné, mais +Cama+ se porte très bien”, a assuré l’ancien de l’AS Rome.