L1: Brest très mal parti mais loin d’être cuit

L’entraîneur de Brest, Michel Der Zakarian (d.), félicite le milieu de terrain brestois, Franck Honorat (g.), lors du match de L1 entre le Stade Brestois et le Stade de Reims, au stade Francis-Le-Blé, à Brest, le 17 octobre 2021.
Par Fanny CARRIER / © 2021 AFP

Dix matches, toujours pas de victoire et une 19e place douloureuse: les Brestois débutent aussi mal cette saison qu’ils ont fini la dernière, mais avec suffisamment d’atouts pour espérer se relever, même si ce sera compliqué samedi à Lille.

Lors de leur dernier passage au stade Pierre Mauroy en février, les Brestois, installés en milieu de tableau avec une avance confortable sur la zone de relégation, avaient arraché un nul (0-0) aux futurs champions de France.

Mais depuis, c’est la dégringolade, avec pour seuls actifs une victoire en mars contre la lanterne rouge Dijon (3-1) et une toute dernière le 24 avril à Saint-Etienne (2-1).

Passé à un souffle de la relégation en mai, Brest voit revenir le spectre de sa dernière incursion en L1 entre 2010 et 2013: une première saison convaincante, une deuxième à l’arraché et la troisième terminée au fond du trou.

“Que ce soit le staff, les joueurs, la direction, tout le monde gamberge”, reconnaissait récemment l’entraîneur Michel Der Zakarian.

Courant alternatif

Arrivé cet été, “Der Zak” a longtemps grondé, avant de se montrer plus encourageant ces dernières semaines. “Je ne vais pas gueuler tout le temps”, a-t-il expliqué, sans s’interdire de “bousculer” les joueurs par moments.

Dimanche, après une nouvelle contre-performance contre Reims (1-1), il a ainsi commencé par râler contre ses défenseurs restés “à 5 mètres au marquage” sur l’ouverture du score rémoise et contre un effectif qui “a joué à la baballe” en première période.

Avant de reconnaître: “On a eu le mérite de revenir”. Grâce à une somptueuse reprise de volée de Franck Honorat, l’un des seuls “Ty-Zefs” vraiment en forme cette saison.

Parce que les Brestois sont essentiellement sur courant alternatif, capables de grosses absences mais aussi de bousculer n’importe quelle équipe. Face au PSG en août, ils ont bien cru pouvoir revenir à 3-3 avant de se faire punir sur un contre (2-4).

Cette saison, Brest est d’ailleurs la seule équipe de L1 à avoir marqué lors de chacun de ses dix matches.

“Si on regarde bien les matches, on n’est pas perdu. On n’est pas une équipe alarmante. Ca va tourner, c’est impossible que ça reste ainsi parce qu’on se la donne sur le terrain”, a assuré le défenseur Lilian Brassier dans un entretien au quotidien Ouest France.

“Pas des mauvais joueurs”

Cet engagement n’est pourtant pas évident pour tous: “Il y a des joueurs qui ont montré de très belles qualités il y a un an. Aujourd’hui, on se demande si certains ont déjà joué au foot”, a dénoncé le directeur sportif, Grégory Lorenzi, dans un entretien au Télégramme la semaine dernière.

“Forcément, il y a un problème. Mais ce ne sont pas devenus des mauvais joueurs du jour au lendemain”, a-t-il insisté. Lui qui n’a quasiment pas eu de budget pour recruter cet été comptait sur ces talents.

Comme le milieu offensif Romain Faivre, révélation du début de saison dernière et encore précieux en août, qui semble comme éteint depuis l’échec de son transfert à l’AC Milan.

Mais alors que la crise gronde à Saint-Etienne, l’autre pensionnaire de la zone rouge, l’heure est encore à l’union à Brest. La position de Michel Der Zakarian semble même plus solide que celle de son homologue lillois Jocelyn Gourvennec. Et les supporters sont toujours là, avec des banderoles encourageantes.

Pour l’instant, Brest n’est qu’à 3 points de la 17e place, et même si le calendrier se durcit (déplacement à Lille et à Lorient, réception de Monaco et Lens), “Der Zak” garde le moral: “Lille a perdu à Clermont, il faut qu’on se mette en tête qu’on est capable d’aller gagner là-bas”.