L1: Bordeaux, une semaine en eaux troubles

Les Bordelais, après le 5e but marqué à domicile par le défenseur belge de Reims Wout Faes, lors de la 23e journée de Ligue 1, le 6 février 2022 au Stade Auguste-Delaune
Par Raphael PERRY / © 2022 AFP

Ridiculisés à Reims (5-0), les Girondins de Bordeaux ont vécu une semaine étrange entre la mise à pied de leur entraîneur Vladimir Petkovic, l’attente impatiente de la nomination de son successeur David Guion et la préparation inquiète de leur match à Lens dimanche (17h00).

“Oui, la semaine a été un petit peu mouvementée”, a confirmé Jaroslav Plasil, ancien milieu et capitaine de l’équipe, passé lundi de deuxième adjoint de Petkovic à pompier intérimaire “en mission jusqu’à dimanche”.

Et ce ne sera pas simple à Bollaert pour la pire défense des cinq grands championnats européens (58 buts encaissés). Dans la charrette de la L1 (19e), la sérénité a disparu depuis belle lurette du côté du Haillan, où les dirigeants sont contraints de s’affairer en coulisses pour sauver le patient bordelais et éviter un accident industriel en mai.

Après l’éviction en janvier des indésirables Otavio et Laurent Koscielny

resté au club comme ambassadeur à l’international

et l’apport lors du mercato hivernal de quatre joueurs censés oxygéner un groupe perdu, c’est donc une valse d’entraîneurs qui a animé la semaine.

Telle une évidence, Petkovic et son adjoint Antonio Manicone n’ont pas résisté à l’énième naufrage défensif de leur équipe en Champagne dimanche. Leur mise à pied est un coup dur porté au projet initial de Gerard Lopez, qui a longtemps maintenu sa confiance à l’ancien sélectionneur de la Suisse, pourtant sans levier depuis des semaines.

Au jeu des chaises musicales qui s’en est suivi, Plasil et le Portugais André Monteiro, arrivé cet été de Mouscron

club belge détenu par Lopez

ont pris le relais et “ont fait dans la simplicité, en travaillant certaines choses” selon Plasil pour redonner confiance à un groupe “conscient du danger”.

Guion coche toutes les cases

“Quand on se retrouve en bas du classement, on doute, on a peur de mal faire, on fait parfois moins d’efforts. A partir du moment où la confiance n’est pas là, on est souvent plus en retard dans les duels, on communique peut-être un peu moins”, expose le Tchèque.

“A Lens, si tout le monde donne son maximum au niveau mental, technique, tactique et physique, il y aura peut-être un résultat au bout”, a ajouté Plasil, qui s’assoira sur le banc avec Monteiro, faute de numéro 1 pourtant choisi mais pas encore officialisé en raison de la procédure de séparation avec Petkovic. Cela devrait être le cas lundi prochain.

La quête de ce pompier aura pris trois jours à Gerard Lopez et son directeur technique Admar Lopes, qui ont étudié plusieurs profils avant d’opter pour David Guion. A 54 ans, l’ancien entraîneur de Reims, réputé calme, rigoureux et proche de ses joueurs, avait déjà été pisté cet été avant que Petkovic, nom plus clinquant après son Euro réussi, ne soit choisi.

Révélé à Chambéry (N3) qui avait atteint les quarts de finale de la Coupe de France 2011 après avoir éliminé trois clubs de L1 (Monaco, Brest et Sochaux), Guion avait confirmé à Reims avec un titre de champion de L2, deux maintiens confortables (8e et 14e), entrecoupés d’une qualification européenne (6e) 57 ans après la dernière, avec une belle assise défensive (meilleure défense de L1 lors de la saison tronquée 2019/2020). Ce qui cloche cette saison chez les Girondins.

Cet aspect de son CV et sa connaissance de la L1 ont assurément joué par rapport à ses principaux concurrents, David Bettoni, l’ancien adjoint de Zinédine Zidane au Real Madrid qui rêve de devenir numéro 1, ou le jeune portugais Joao Sacramento, qui était dans le staff lillois quand Lopez était à la tête des Dogues.