L1: Benito, un statut vraiment privilégié dans le Bordeaux de Petkovic ?

Le défenseur bordelais Loris Benito lors du délacement de son équipe à Metz au stade Saint-Symphorien, le 6 janvier 2021
Par Raphael PERRY / © 2021 AFP

Lancé en sélection suisse par Vladimir Petkovic, son nouvel entraîneur à Bordeaux, tous les voyants semblent au vert pour le latéral gauche Loris Benito. Sauf que les Girondins viennent de lui mettre deux concurrents dans les pattes.

Aux premiers abords, il fait figure de grand gagnant après l’arrivée de “Petko”, qui débute sur le banc bordelais dimanche (15h00) contre Clermont lors de la 1re journée de Ligue 1.

Apprécié de l’ex-boss de la Nati qui l’a retenu lors du dernier Euro, Benito a tout pour asseoir un peu plus son statut de cadre du club au scapulaire.

Que ce soit sur le terrain avec 54 matches disputés sur 66 possibles ces deux dernières saisons en L1 ou en dehors, grâce à son polyglottisme

il parle six langues

qui en fait un relais privilégié auprès de ses coéquipiers, notamment étrangers.

Les facultés d’analyse de ce joueur de 29 ans ont aussi été très appréciées en interne au printemps dernier lorsqu’il fallait déminer le champ médiatique et porter une parole rassurante, quand rien ne tournait plus rond et que ses partenaires boudaient les rendez-vous avec la presse.

Au sortir de l’Euro, où il a disputé en tout huit petites minutes contre la Turquie en poules, le natif d’Aarau ne se voyait pas quitter les Girondins où il est sous contrat encore un an.

“Je veux honorer mon contrat. Je suis heureux à Bordeaux et en France”, a-t-il confié à un média espagnol durant ses vacances en Galice, la terre de ses parents, sans se douter de l’arrivée imminente de Petkovic qui ne l’a pas sondé avant de poser ses valises en Gironde.

L’axe, sa préférence désormais

“J’ai fait exprès de ne pas beaucoup parler aux gens, a ainsi avoué le technicien d’origine bosnienne lors de son intronisation. Chaque membre de l’équipe a ses propres opinions, et moi je veux me créer la mienne”.

En voyant partir libre durant l’intersaison les latéraux Youssouf Sabaly et Maxime Poundjé, Benito savait que la nouvelle équipe dirigeante emmenée par Gerard Lopez allait s’atteler à leur dénicher un remplaçant à ce poste d’arrière gauche en déshérence aux Girondins depuis le départ de Benoît Trémoulinas en 2013.

Mais voilà que ce sont deux joueurs à potentiel, âgés de 23 ans, le Portugais Ricardo Mangas et le Ghanéen Gideon Mensah, prêtés respectivement par Boavista

dont Gerard Lopez est l’actionnaire majoritaire

et le RB Salzbourg, qui ont rejoint le groupe bordelais en milieu de semaine.

Deux joueurs “plus jeunes, qui apportent une certaine fraîcheur, qui peuvent aussi surprendre. Ils correspondent tout à fait à ce type de joueurs, à la vision qu’on a du jeu, de produire du jeu, d’aller vers l’avant”, a expliqué l’ancien patron du LOSC.

Des qualités un brin différentes de celles de Benito, véritable couteau suisse, capable de jouer également central gauche

sa préférence

dans un système à trois ou à quatre comme en fin de saison dernière pour arracher les points manquant pour le maintien, mais aussi parfois piston, sa position lorsqu’il a ouvert son compteur but avec la Nati contre Gibraltar en novembre 2019, même s’il n’est pas catalogué pour sa vitesse et ses déboulées.

Lors des présentations devant la presse du véloce Mensah et de l’accrocheur Mangas, capable lui aussi de jouer dans l’axe, le directeur technique Admar Lopes a rappelé la polyvalence de Benito, éludant la question de la concurrence, préférant évoquer et se féliciter de “la complémentarité” entre tous ces gauchers.

C’est désormais à Petkovic de la trouver et pourquoi pas contre Clermont.