L1: Ben Yedder-Jovetic, l’émulation profite à Monaco

L’entraîneur de Monaco, Niko Kovac, lors du match de Ligue 1 contre le Paris-SG, au Parc des Princes, le 21 février 2021
Par Christophe BELLEUDI / © 2021 AFP

“Les états d’âme, il faut les mettre de côté et Wissam montre l’exemple”: au moment de recevoir Metz samedi (13h00), le milieu monégasque Youssouf Fofana reconnaît la forte concurrence interne, comme celle entre Ben Yedder et Jovetic, et ses bénéfices.

Cette saison, Niko Kovac parvient à gérer de manière subtile les égos de ses plus grandes stars. Des champions du monde Cesc Fabregas à Djibril Sidibé, en passant par les internationaux Aleksandr Golovin, Stevan Jovetic ou Wissam Ben Yedder, il a, jusqu’à présent, gardé chacun concerné par l’objectif collectif (la qualification pour la Ligue des champions) tout en offrant à tous un rôle essentiel.

Ainsi, à Saint-Etienne (victoire 4-0) juste avant la trêve, il a titularisé Jovetic à la place de Ben Yedder (27 titularisations en 29 matches). Ce n’était que la troisième titularisation en L1 (pour 25 matches) du Monténégrin sous l’ère Kovac. Mais le technicien optimise le don de temps de jeu, même lorsque c’est fait avec parcimonie.

Alors fraîchement sélectionné en équipe de France pour la dernière liste avant l’Euro, Ben Yedder ne pouvait pas reprocher ce geste à son entraîneur. D’autant que Jovetic monte en puissance dans l’ultime ligne droite.

“Il méritait de débuter, a lancé Kovac dès la fin du match. C’était important de lui donner sa chance. Ce n’était pas une sanction pour Ben Yedder. Un entraîneur a besoin de faire jouer la concurrence.”

WBY en exemple

Sans aller jusqu’à évoquer une sanction, Kovac met toutefois une réelle pression sur son capitaine. Tout en lui donnant systématiquement “toute (sa) confiance” et en parlant de lui comme du “meilleur attaquant de Monaco”, il attend encore plus dans l’expression de son travail défensif et sa capacité à débloquer une situation.

Depuis son doublé salvateur contre Lorient (2-2, le 14 février), il traverse d’ailleurs une période de disette. Mais WBY s’accroche et se sacrifie pour le collectif. Une attitude qui plaît aussi à Didier Deschamps.

“Les états d’âme, il faut les mettre de côté, explique ainsi son équipier Youssouf Fofana. Wissam montre l’exemple. Il ne va pas à l’encontre du coach, jamais. Si ce n’était pas le cas, ce serait un mauvais exemple pour le collectif.”

Avec 13 buts (dont 7 pénaltys) et 4 passes décisives, Ben Yedder vit une saison statistique moyenne. Mais après avoir contracté le Covid-19, qui l’a longtemps fatigué en début de saison, systématiquement répondu présent en sélection, fait évoluer son jeu sur le plan défensif, et, contrairement à la saison dernière, contribué à inclure son équipe dans la lutte finale pour la C1, cette saison pourrait ressembler à celle de l’épanouissement pour l’ex-Sévillan.

Jovetic en finisseur

Ex-Sévillan lui aussi, Jovetic a laissé une moins belle trace en Andalousie. Mais ses qualités techniques y ont été saluées.

Aujourd’hui, c’est sa capacité à enchaîner progressivement les matches sans se blesser que Kovac apprécie. Durant la trêve, il a encore disputé trois rencontres avec le Monténégro et inscrit trois nouveaux buts.

“C’est sa quatrième année ici, il a eu des hauts et bas, avec des blessures, estime Kovac. Cette saison, il montre ses qualités. Même si, au début, ça a été compliqué, même s’il avait son idée à lui du jeu, il a progressivement compris ce qu’on voulait. Je suis content de son évolution.”

A tel point que, à 31 ans et seulement 4 buts en L1, il offre mieux qu’une alternative à son capitaine. Une réflexion quant à une possible proposition de prolongation de son contrat, qui expire en juin, est même menée en interne. Mais les deux parties préfèrent attendre.

Car une qualification en C1 offrirait une belle base de négociation. Et pour cela, Monaco doit gagner. A commencer par la réception de Metz samedi. Avec Ben Yedder pour débuter et Jovetic en finisseur…