L1: Ben Arfa brouille la relation Létang-Stéphan à Rennes

L’entraîneur de Rennes Julien Stéphan discute avec son président Olivier Létang avant une séance d’entraînement du club, le 6 mars 2019 à la Piverdière
Par Frédéric HAPPE / © 2019 AFP

“Un peu plus de soutien aurait été appréciable”. Les critiques d’Hatem Ben Arfa contre le jeu rennais ont laissé affleurer des fêlures dans la relation entre le président Olivier Létang et l’entraîneur Julien Stéphan. Inquiétant avant l’été ?

Le dirigeant a fini par sortir de son silence vendredi soir, dans un entretien à Ouest-France pour conforter son entraîneur et tenter de sauver la belle unité née de l’épopée européenne et de la victoire en Coupe de France, brièvement menacée par un tropisme rennais, si propice aux crises en tout genre.

“J’ai sans doute commis une erreur en ne prenant pas la parole plus rapidement”, a admis le dirigeant avant d’assurer qu’aucun “joueur, ni aujourd’hui ni dans le futur, (ne) sera plus important que le club, l’équipe et l’entraîneur”.

Des mots que Stéphan aurait aimé entendre plus tôt, car ce ne sont pas tellement les jugements à l’emporte-pièce d’un joueur qui n’a jamais été réputé pour son profil bas qui chagrinaient le technicien.

“Ce qu’on nous propose, niveau jeu, c’est limité quand même”, avait notamment estimé HBA. “Il est libre de penser ce qu’il veut même si je remarque qu’à plusieurs reprises, ces dernières semaines, il a dit tout le contraire”, avait balayé Stéphan, assimilant cela à une forme d’ingratitude.

“Sur la première partie de la saison, il ne jouait pas ou très peu et lorsque j’ai repris l’équipe, j’ai construit l’équipe autour de lui (…) Nous avons fait beaucoup de choses pour lui”, avait-il rappelé.

“Voilà, ça se termine comme ça cette fin de saison, c’est assez surprenant, mais c’est ainsi”, avait-il conclu sur ce sujet, désabusé.

“Je m’interroge…”

Mais le coach n’avait pas compris que le président Olivier Létang ne soit pas immédiatement monté au créneau pour défendre “l’institution” qui lui est si chère.

“Ça m’interpelle et je m’interroge”, avait admis Stéphan, estimant, à raison, que la remise en cause publique des choix d’un coach qui a offert au club sa première épopée européenne digne de ce nom et son premier trophée depuis 48 ans, devrait être une ligne rouge absolue.

La relation particulière entre le dirigeant rigoureux et le fantasque milieu offensif, tissée au Paris SG, n’est un secret pour personne.

Et l’impression d’un régime particulier pour le joueur ne date pas de cet épisode, lui qui n’avait été privé que d’un match après avoir séché une mise au vert avant un choc dans la course à l’Europe contre Marseille. Tout ça parce qu’il était “fatigué”…

“Pour l’entraîneur, la notion de soutien est fondamentale”, avait rappelé Stéphan qui n’avait pas non plus vu son contrat, qui ne court qu’une année encore, prolongé.

“Aucune approche, d’aucun club”

“Pour mener à bien un projet, il faut être sûr de pouvoir le porter de manière efficace, donc, il faudra discuter”, avait-il lâché.

Stéphan avait vaguement laissé planer la menace d’un départ.

“Je dois être loyal envers mon club et envers la famille Pinault qui m’a toujours fait confiance (mais) s’il y a des raisons qui m’amènent à penser que je ne peux pas mener (le projet) à bien, il faut bien réfléchir”, avait-il glissé tout en assurant n’avoir eu “aucune approche, d’aucun club” et ne pas être “dans cet esprit là”.

“Je n’envisage pas un autre entraîneur que Julien au Stade Rennais la saison prochaine. C’est quelqu’un avec qui j’ai plaisir à collaborer, à travailler (…) je souhaite construire avec lui dans la durée”, a martelé vendredi soir Olivier Létang pour couper court aux spéculations.

L’avenir de Ben Arfa, non convoqué par Stéphan pour le déplacement à Strasbourg samedi, semble en tout cas réglé et se dessiner ailleurs qu’en Bretagne.

“Il y a un élément qui le guide, c’est le plaisir. Mais il y a un élément qui nous guide, nous, c’est qu’il ait envie d’être avec nous. À partir du moment où, Hatem indique qu’il n’y a pas de notion de plaisir, et donc pas d’envie, cela paraît effectivement plus difficile” de le conserver, a reconnu le dirigeant