L1: Avec un Terem Moffi éteint, Lorient dans le brouillard

Le Nigérian Terem Moffi (d) avec le FC Lorient contre Rennes dans le derby breton de Ligue 1 le 28 novembre 2021 au stade du Moustoir à Lorient
/ © 2021 AFP

Il avait été le moteur de la remontée spectaculaire de Lorient la saison dernière. Mais Terem Moffi ne marque plus depuis des mois et les Merlus, qui reçoivent le PSG mercredi (21h00), sont au fond du trou.

Dimanche 31 janvier, stade du Moustoir, 91e minute: lancé dans la profondeur par Laurent Abergel, Moffi fait parler sa vitesse et son adresse pour traverser le terrain et inscrire le but de la victoire contre des Parisiens médusés (3-2).

Pour Lorient, promu englué en zone rouge avec seulement 12 points à l’issue de la phase aller, miné tout janvier par le Covid, cela a été le début d’une remontée de 30 points jusqu’au maintien.

Moffi, jeune attaquant nigérian arrivé dans un quasi-anonymat à la fin de l’été 2020 via la Lituanie puis la Belgique, en avait été le principal artificier: après quelques mois de mise en route délicats, il a terminé la saison avec 14 buts et 3 passes décisives.

Malgré le départ cet été de son complice Yoane Wissa, transféré à Brentford (Premier League), le puissant Nigérian de 22 ans a débuté la saison sur le même rythme, avec 2 buts et 2 passes décisives lors des cinq premiers matches.

“Ce petit but…”

Mais depuis, la machine s’est déréglée. Son entente avec Armand Laurienté en pointe s’est délitée et des blessures en cascade ont privé l’équipe de cadres essentiels à l’animation du jeu. Moffi ne reçoit plus autant de bons ballons et n’arrive plus à exploiter ceux qui lui parviennent.

“Chaque équipe est dépendante d’un ou deux gros joueurs. Nous, on est aussi dépendant de lui”, reconnaissait il y a quelques semaines l’entraîneur Christophe Pélissier.

Et Lorient plonge: tombeurs de Monaco, Lille et Nice en début de saison, les Merlus n’ont plus rien gagné depuis 3 mois et 12 matches et sont avant-derniers et relégables. Ils restent sur une série de 8 défaites toutes compétitions confondues, au cours desquelles ils ont concédé 17 buts et n’en ont marqué que 2.

Ce n’est pas faute d’avoir essayé: à Metz il y a dix jours, ils ont tenté 18 tirs, pour un seul but, quand leurs adversaires en ont inscrit 4 avec 3 tirs cadrés et un dévié par la défense lorientaise.

“Dans le dernier geste, quand on sent qu’on est en difficulté, on a du mal à lâcher les actions”, a expliqué Pélissier. L’entraîneur lorientais continue pourtant d’y croire: pour lui, il manque juste “ce déclic, ce petit but…”

Privé de CAN ?

Malgré le marasme, le président Loïc Féry a réaffirmé sa confiance en Pélissier et en Moffi: “Il a eu un passage à vide, notamment en raison d’une douloureuse blessure à la clavicule. Je n’ai aucun doute qu’il va revenir au top, parce que c’est un top joueur”, a-t-il assuré la semaine dernière au quotidien Ouest-France.

Si la méforme de Moffi coûte cher à Lorient, elle risque aussi de le priver de la CAN en janvier. Sélectionné en équipe du Nigeria pour la première fois en juin, il a dû renoncer en octobre à cause de sa clavicule et n’a pas été rappelé en novembre.

Il aurait pu profiter du forfait annoncé de Victor Osimhen, mais l’attaquant de Naples a assuré mardi qu’il était “disponible”. Moffi aurait donc vraiment intérêt à se montrer à son avantage mercredi soir.

Mais refaire le coup de janvier reste de l’ordre du miracle. A l’époque, les Merlus avaient déjà repris confiance en battant Dijon sur le fil quelques jours plus tôt. Et c’est un Moffi en pleine ascension, buteur à chacun des quatre matches précédents, qui avait cueilli les Parisiens à froid.