Le milieu espagnol de Monaco, Cesc Fabregas, lors du match de Ligue 1 face au Paris-SG, Ă  “Louis-II”, le 15 janvier 2020
Par Christophe BELLEUDI / © 2020 AFP

“Sa qualitĂ© est de comprendre le jeu, d’ĂŞtre Ă  la place idoine pour donner de la continuitĂ©”: nouvel entraĂ®neur de Monaco, l’Espagnol Robert Moreno a remis son compatriote Cesc Fabregas au centre du jeu avant de dĂ©fier Strasbourg samedi en Ligue 1 (20h00).

Catalan comme lui, Moreno connaĂ®t Fabregas depuis longtemps. Il sait tout ou presque de son milieu de terrain, et donc comment employer l’ancien joueur d’Arsenal, du Barça et de Chelsea (32 ans), peu utilisĂ© ces derniers mois par son prĂ©dĂ©cesseur Leonardo Jardim.

“Fabregas n’a jamais Ă©tĂ© un joueur qui enchaĂ®ne les courses, explique Moreno. Sa qualitĂ© est de comprendre le jeu”, souligne-t-il.

“Il a Ă©tĂ© champion du monde et champion d’Europe en jouant ainsi, poursuit le nouvel entraĂ®neur monĂ©gasque. Ensuite, c’est une question de continuitĂ©: enchaĂ®ner les entraĂ®nements et avoir la capacitĂ© de faire son travail tout le temps.”

Dans ce domaine, l’annĂ©e qui vient de s’Ă©couler n’a pas Ă©tĂ© bonne pour Fabregas. Mais si Moreno dit avoir notĂ© une Ă©volution, il ne compte pas le changer.

“Sa connaissance du football est grande, sa maturitĂ© aussi, prĂ©cise-t-il. Mais sa base est toujours la mĂŞme.”

“Il peut tout faire”

FormĂ© milieu Ă  La Masia, le cĂ©lèbre centre de formation barcelonais, Fabregas Ă©tait alignĂ© comme “faux N.9” de la sĂ©lection espagnole championne d’Europe en 2012.

“Il peut tout faire, Ă  condition d’avoir un style de jeu comme le nĂ´tre, c’est-Ă -dire d’avoir le ballon, poursuit Moreno. On me demandait la mĂŞme chose au sujet de Sergio Busquets en sĂ©lection. Tu ne peux pas espĂ©rer qu’il soit le meilleur si tu joues en transition.”

Moreno veut offrir les meilleures conditions Ă  ses joueurs. “Tu dois donner au joueur un bon contexte pour que ses qualitĂ©s s’expriment, assure-t-il. Avant de parler de la qualitĂ© des joueurs, il y a des contextes qui les rendent plus ou moins bons.”

Pour lui, Fabregas est actuellement meilleur en soutien de Wissam Ben Yedder. “Je prĂ©fère Bakayoko et Adrien Silva au poste de milieu dĂ©fensif”, prĂ©cise-t-il d’ailleurs.

Titulaire contre Reims, et deux fois contre le PSG, le Catalan est devenu la plaque tournante monégasque version Moreno. Il est aussi un relais du discours du jeune entraîneur.

Un relais pour Moreno

“J’ai beaucoup parlĂ© avec les joueurs de la sĂ©lection”, a expliquĂ© Fabregas au dĂ©but du mois. “Ils aimaient sa mĂ©thodologie. Robert parle beaucoup individuellement et collectivement et fait bien passer son message”, a-t-il soulignĂ©, sĂ©duit par les prĂ©ceptes de l’ancien adjoint de Luis Enrique au Barça (2014-2017).

“Il vient de l’Ă©cole de Barcelone, avec une philosophie similaire Ă  celle de (Pep) Guardiola et Tito Villanova. Il explique très bien pourquoi on fait les choses. Je connais et comprends cette mĂ©thodologie. C’est bien pour moi. Mais de façon honnĂŞte, il m’a bien dit qu’il ne me garantirait pas de jouer.”

Dans le vestiaire, le poids de l’expĂ©rimentĂ© Fabregas, qui n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  dire que le changement d’entraĂ®neur allait “faire beaucoup de bien” Ă  Monaco, est dĂ©sormais encore plus fort.

Il n’y a qu’Ă  Ă©couter Gelson Martins parler de lui. “C’est important d’apprendre auprès de lui (Fabregas, NDLR), a soulignĂ© le Portugais. Il me conseille souvent sur la manière de demander le ballon pour me servir en position de un contre un, et que j’aille provoquer la dĂ©fense adverse.”

Reste Ă  mettre tout cela en pratique lors de la rĂ©ception de Strasbourg, samedi pour la 21e journĂ©e. Car pour viser le podium, Fabregas et Monaco (9e Ă  sept points de la troisième place) n’ont plus le droit Ă  l’erreur…