L1: au PSG, les “Titis” restent en couveuse

Le milieu de terrain néerlandais du Paris Saint-Germain Xavi Simons entre en jeu pour remplacer Julian Draxler en Coupe de France sur la pelouse de Caen le 10 février 2021
Par Alexis HONTANG / © 2021 AFP

Contraint par son effectif pléthorique et la pression du résultat, le Paris SG laisse peu de temps de jeu aux joueurs issus de sa formation, une situation qui risque de se répéter à Saint-Etienne, dimanche (13h00) lors de la 15e journée de Ligue 1.

Cette affiche sera estampillée “Ligue des talents”, l’ancien slogan du Championnat de France, mais les stars de demain “made in L1” porteront plutôt un maillot vert.

Les prometteurs Etienne Green (21 ans), Zaydou Youssouf (22 ans), Saïdou Sow (19 ans), Lucas Gourna-Douath (18 ans), Aïmen Moueffek (20 ans) ou Adil Aouchiche (19 ans, un ancien du PSG) ont rafraîchi ces derniers mois la vénérable institution forézienne.

Aujourd’hui, l’ASSE dispose du troisième effectif le plus jeune des cinq grands pays d’Europe (moyenne de 24,74 ans), derrière Monaco (24,31) et le Bayer Leverkusen (24,64), selon les données de l’observatoire du football CIES.

Tout l’inverse du PSG, qui figure sur le podium des équipes les plus âgées de Ligue 1 (27,61 ans).

A l’exception d’Eric Junior Dina-Ebimbe (21 ans, 2 titularisations cette saison en L1), les opportunités sont rares pour la nouvelle génération de “Titis” du centre de formation, pour jouer aux côtés de Lionel Messi ou Neymar.

C’est l’un des axes de progression à travailler pour l’entraîneur Mauricio Pochettino, fragilisé cette semaine par des rumeurs de départ avant que le directeur sportif Leonardo ne le conforte vendredi auprès de l’AFP et ne démente tout contact avec Zinédine Zidane, cité pour le remplacer.

Simons, promesse en salle d’attente

“Les jeunes vont avoir leur chance, c’est certain, pour le présent ou pour le futur. Ils l’auront quand ils la mériteront”, a assuré Pochettino samedi en conférence de presse, assurant ne pas être “affecté” par les rumeurs.

“Il y a des jeunes joueurs qui ont le niveau pour faire leurs débuts avec l’équipe première d’un club comme le PSG, mais aussi pour s’y installer”, a-t-il insisté.

Le niveau, en effet, est élevé, comme l’a montré la victoire des jeunes pousses parisiennes sur le terrain de leurs homologues de Manchester City (3-1), mercredi en Youth League, la Ligue des champions des moins de 19 ans.

Mais, des cadres de cette formation entraînée par Zoumana Camara, aucun n’a joué en L1 cette saison, à commencer par Xavi Simons et Edouard Michut, tous deux retenus dans le groupe pour le déplacement dimanche à Saint-Etienne, au même titre que Lucas Lavallée.

Simons, 18 ans, est arrivé en 2019 au PSG en provenance du FC Barcelone, auréolé de la réputation de future superstar, alimentée par sa popularité sur les réseaux sociaux (3,7 millions d’abonnés sur Instagram).

“Il y a une explication: on a 33 joueurs professionels dans l’effectif”, avait expliqué Pochettino début novembre. “Le poste auquel Simons joue (milieu offensif, NDLR) est peut-être celui où il y a le plus de concurrence.”

“Frustration”

“Nous pensons qu’il est parfois mieux pour (les jeunes) de jouer avec leur équipe, pour ne pas vivre la frustration” de ne pas jouer avec les A, a détaillé le technicien.

Plutôt être heureux avec les U19, que de cirer le banc avec les pros: la philosophie de “Poche” s’est pliée aux contraintes de son effectif XXL, et à un environnement sous pression qui lui interdit le moindre faux pas.

La suppression de l’équipe réserve, en 2019, est une autre pierre dans le jardin des “Titis”, puisque cela suppose des occasions en moins de jouer.

“Aujourd’hui, on a des joueurs comme Michut, Xavi Simons, El Chadaille (Bitshiabu), qui sont très proches de l’équipe professionnelle”, déclarait en février le directeur sportif Leonardo à la radio France Bleu Paris.

Dix mois plus tard, les intéressés attendent toujours leur tour. Et le souvenir de “Titis” qui ont quitté le club pour trouver du temps de jeu se fait de plus en plus vivace, comme l’ont fait Tanguy Nianzou Kouassi (Bayern) ou Aouchiche, parti… à Saint-Etienne.