L1: après sa relégation précoce, Dijon espère rebondir vite

Le président de Dijon, Olivier Delcourt, avant un match de Ligue 1 à Saint-Etienne, le 16 septembre 2017
Par Francois-Jean TIXIER / © 2021 AFP

Dernier de Ligue 1 avec seulement 3 victoires en 34 journées, Dijon a dû se résoudre dimanche à redescendre en L2, quittée en 2016, après plusieurs mois de mauvais résultats. Sans renoncer à l’espoir de remonter avec un projet sportif plus solide.

Cette relégation mathématique pendait au nez du DFCO, lanterne rouge depuis la 22e journée fin janvier et qui a enchaîné ensuite une série noire de 12 défaites consécutives, un record en L1.

Cette descente intervient en outre après quatre saisons à batailler parmi les mal-classés: 16e l’année de sa remontée dans l’élite (2016-2017), 11e place la saison suivante (2017-2018), miraculeusement sauvé en barrage en 2019 face à Lens avant d’être à nouveau reconduit en 2020 puisque le club était seizième au moment de l’arrêt du championnat pour cause de pandémie.

Ce retour à l’étage inférieur n’est toutefois pas vécu comme une fatalité.

“Quand j’ai été nommé président (en 2012), nous avons passé cinq belles années en Ligue 2. C’est un beau championnat qui est celui du DFCO dont la place se situe entre la 15e de Ligue 1 et la 10e de Ligue 2”, avait reconnu début avril auprès de l’AFP le président Olivier Delcourt, lucide sur les raisons de cette saison cauchemardesque.

Recrutement défaillant

“La chute a été amorcée depuis ce maintien (en barrage) face à Lens. Il y a eu un certain relâchement, compréhensible, à tous les niveau du club”, a-t-il reconnu.

Le dirigeant pointe du doigt les défaillances du recrutement, notamment ces deux dernières saisons, mais aussi le manque d’investissement de certains joueurs.

“Certains cadres sont partis sans avoir été remplacés. Il y a eu aussi certainement une fin de cycle. Nous n’avons sans doute pas assez anticipé les choses”, avait encore admis M. Delcourt.

“J’ai voulu changer des choses mais ça n’a pas fonctionné”, concédait-il alors.

Le remplacement au poste d’entraîneur de Stéphane Jobard par son adjoint David Linarès, le 12 novembre, en même temps que le licenciement du directeur sportif Peguy Luyindula, nommé quelques mois plus tôt après avoir été durant un an conseiller du président, avait bien provoqué une timide réaction.

Mais l’équipe, qui avait très mal débuté par quatre défaites, n’est parvenue à se hisser à la 18e place (celle de barragiste) que lors des 18e et 19e journées.

Pour rebondir en Ligue 2, Olivier Delcourt devrait compter encore sur Linarès, 46 ans, qui finit de passer ses diplômes et qui a encore deux ans de contrat. Avec un recrutement qu’il aura, cette fois, à assumer.

Trois ans pour remonter

Champion de France avec l’Olympique lyonnais (2002), Linarès est un fidèle du club où il a terminé sa carrière de joueur en Ligue 2 avant d’embrasser celle d’entraîneur, chez les dames d’abord, puis auprès des équipes réserves et professionnelles.

Le DFCO s’appuiera aussi sur les compétences de Gérard Bonneau comme directeur du recrutement.

Ancien scout pour les jeunes à l’OL puis les professionnels, Bonneau, 67 ans, vient d’être nommé à un poste similaire à celui qu’il occupait depuis 2018 au Servette de Genève, où il a contribué au retour du club dans l’élite (2019) puis en Ligue Europa (2020).

Pour ce qui est de ses infrastructures sportives, le club dijonnais, fondé en 1988 après la fusion de deux équipes évoluant alors en CFA (4e div.), le Dijon FC et le Cercle sportif laïc dijonnais, va inaugurer un centre d’entraînement flambant neuf en juin puis son nouveau centre de formation en 2022.

En Ligue 2, le DFCO s’appuiera sur un budget de 16 à 18 millions d’euros.

“Nos budgets ont toujours été établis avec dans la tête que nous puissions jouer en Ligue 1 ou Ligue 2. La saison prochaine, nous n’aurons aucune excuse car, fixés à l’avance sur notre sort, nous avons un temps d’avance pour organiser notre recrutement. L’ambition sera de remonter sur trois ans, moins si l’on peut”, a d’ores et déjà annoncé Olivier Delcourt.