L1: Alban Lafont, le Monsieur Plus du FC Nantes

Le gardien nantais Alban Lafont (d) face au Parisien Kylian Mbappé, le 19 février 2022 au stade de La Beaujoire
/ © 2022 AFP

Des points, Nantes lui en devait déjà beaucoup dans cette Ligue 1. Samedi, Alban Lafont a offert aux Canaris un succès de prestige contre le Paris SG (3-1), multipliant les parades face aux stars parisiennes, dont un penalty arrêté devant Neymar.

Avec son allure féline, le gardien nantais s’est joué des plus grands. Celui dont Antoine Kombouaré a fait son capitaine en avril 2020 a fait taire depuis le début de saison ceux qui voyaient en lui un portier trop irrégulier.

Propulsé en Ligue 1 à seulement 16 ans et dix mois sous le maillot toulousain, exilé par la suite à la Fiorentina, le natif de Ouagadougou (Burkina Faso) a pris incontestablement une nouvelle dimension depuis son arrivée au FC Nantes.

Prêté à l’été 2019 pour deux saisons par le club italien, il a depuis signé un contrat en bonne et due forme avec le FCN qui n’a pas hésité à lever l’option d’achat de 7,5 M EUR pour se l’attacher jusqu’en 2024.

Peut-être qu’en fin de saison, le président Waldemar Kita le laissera partir contre un chèque beaucoup plus gros. En attendant, Lafont rassure, inspire et conseille.

“J’ai envie d’aider le groupe à aller plus haut”, avait-il confié le jour de sa signature. Il est fidèle à sa parole.

Face au Paris Saint-Germain, Lafont (23 ans) a tout repoussé ou presque, dans son style si particulier, avec la dextérité d’un chat, à même d’intervenir dans les pieds de Messi (3e et 8e), de repousser la tentative de Mbappé (19e), la reprise à bout portant de Gueye (27e), la tentative de Neymar (28e), le déboulé de Mbappé (54e)…

Vitesse d’exécution

Le gardien du FC Nantes a confirmé son goût prononcé pour le face-à-face, avec notamment cette faculté de s’allonger de tout son long ou de lancer son pied opposé sans donner aucune indication au tireur.

C’est surtout sa vitesse d’exécution qui a contrarié les stars parisiennes, du moins quand ces dernières ne sont pas prises les deux pieds dans le tapis.

Que dire du penalty mollement tiré par Neymar dont il a pu se saisir, ou de ce grossier raté de Mbappé à bout portant…

Jusqu’au bout, Alban Lafont a veillé sur les siens, à l’image de cette manchette devant Draxler (84e) ou de cette sortie pleine d’autorité face à Mbappé.

Dans un stade de la Beaujoire en ébullition, c’était lui le patron, le guide d’une bande d’affamés, volontaires et sans le moindre complexe d’infériorité. Le brassard l’a transformé, il a franchi un cap, il a mûri, comme aime à le rappeler son entraîneur Antoine Kombouaré.

Au coup de sifflet final, il s’est contenté d’une petite tape amicale à ses défenseurs, avant d’aller saluer le portier du PSG, Keylor Navas, qui contrairement à lui, n’a pas eu forcément grand chose à faire mais est allé en chercher trois dans ses filets.

L’ancien Bleuet qui avait fait une croix sur l’Euro Espoirs pour aider le FC Nantes à se maintenir à travers une double confrontation contre Toulouse en barrage. Aujourd’hui, il rêve d’Europe.