L1: Adrian Ursea passe en première ligne à Nice


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Adjoint respecté et apprécié de Lucien Favre puis de Patrick Vieira à Nice, le Roumain Adrian Ursea se retrouve en première ligne pour tenter de remettre le Gym dans le sens de la marche en Ligue 1, avec dès dimanche un déplacement à Reims.

De l’ombre à la lumière, Ursea va abandonner sa casquette de N.2 pour prendre les commandes d’une équipe de l’élite, un rôle qu’il a rarement occupé malgré ses 53 ans et une carrière déjà copieuse.

“C’est un immense défi, j’en suis conscient. Mais je suis aussi conscient de ce que je peux apporter. J’ai bien roulé ma bosse”, a-t-il souri vendredi lors de sa conférence de presse de présentation.

Peu connu du grand public mais très apprécié dans le milieu et par les supporters niçois, le nouvel entraîneur des Aiglons est avant tout un passionné, un gros bosseur et un fin tacticien, dont le parcours n’est pas celui d’un carriériste.

Ancien milieu de terrain international avec la Roumanie (4 sélections), il a fait l’essentiel de sa carrière de joueur en Suisse, héritant d’un second passeport. Il y est aussi devenu technicien avec des expériences comme adjoint, entraîneur des jeunes ou N.1, comme il l’a rappelé vendredi.

“J’ai dirigé le Servette Genève deux fois, dans des situations encore plus difficiles que celle d’aujourd’hui. La première fois j’avais 38 ans et j’étais le plus jeune entraîneur de Suisse. Mais ensuite, j’ai basculé vers la formation. J’avais envie de découvrir toutes les facettes du métier pour mieux le connaître”, a-t-il raconté.

Cruyff et Edgar Morin

“Adrian aime la finesse”, avait dit de lui Lucien Favre, dont Ursea a été l’adjoint sur la Côte d’Azur de 2016 à 2018. Les deux hommes s’étaient rencontrés à Genève en 2001 et n’ont plus jamais coupé le fil. L’actuel entraîneur du Borussia Dortmund n’avait d’ailleurs réclamé qu’Ursea pour compléter le staff niçois à son arrivée.

Adopté en deux saisons par le tout Nice, le polyglotte Ursea avait tout de même fait ses valises en 2018 pour diriger les U21 du Servette quand Favre était retourné Outre-Rhin. Mais il n’hésitait pas à franchir la frontière pour visiter les Aiglons en stage estival à Divonnes-les-Bains (Ain).

Il y avait beaucoup discuté de jeu avec Vieira. Un peu plus tard, ce dernier l’avait rappelé à Nice pour le seconder dans l’analyse vidéo puis sur le banc.

“Honnêtement, Adrian était embêté pour Patrick. Mais il ne prend la place de personne. Sur le plan humain, c’est quelqu’un de remarquable. Quand il était parti, on ne s’était pas vraiment quittés”, a déclaré vendredi le président niçois Jean-Pierre Rivère, qui a assuré qu’Ursea n’était pas un intérimaire, mais le coach choisi pour finir la saison, au moins.

“Je n’aurai pas le style de Favre ni celui de Vieira. Mais ils nourrissent ma réflexion”, a expliqué le Roumain. Curieux de tout, lecteur comme l’ex-entraîneur de Monaco Leonardo Jardim du philosophe et sociologue français Edgar Morin, Ursea aime parler de la prise d’espace sur le terrain ou de la primauté du déplacement en citant abondamment Johan Cruyff.

Mais sa priorité est désormais la gestion de la crise, alors que Nice n’est que 11e de Ligue 1 et déjà éliminé de la Ligue Europa.

“L’urgence absolue est de remettre les joueurs en confiance”, a-t-il dit à quelques heures du déplacement à Reims. “Il y a trois semaines, l’équipe a fait une perf à Angers (victoire 3-0), tout ne n’est pas envolé depuis”.