L1: à Strasbourg, une fin de mandat mouvementée pour Thierry Laurey

L’entraîneur de Strasbourg, Thierry Laurey, lors du match de Ligue 1 à Nîmes, le 18 avril 2021
/ © 2021 AFP

Au bout de cinq saisons, une montée en L1, trois maintiens et une Coupe de la Ligue, Thierry Laurey s’attendait à quitter Strasbourg sereinement mais le Racing (16e), éloigné de la relégation fin avril, n’a pas encore assuré sa place dans l’élite la saison prochaine.

“On vit cela tous les ans, quand tu as un budget comme le nôtre, quand tu as un effectif comme le nôtre, tu sais qu’à chaque début de saison tu peux être en danger”, a esquissé vendredi l’entraîneur alsacien, avant le déplacement à Nice dimanche.

A deux journées de la fin, le club ne compte qu’un point d’avance sur le barragiste Nantes, et trois sur Nîmes, premier relégable.

Pourtant, le danger semblait bien loin à la mi-temps du match contre les Canaris le 25 avril dernier, lorsque Strasbourg menait 1-0. A ce moment-là, les Alsaciens avaient virtuellement douze points d’avance sur eux.

Mais Nantes a gagné (1-2), et l’écart s’est réduit comme peau de chagrin.

“Sur les derniers matches, la déception c’est la deuxième période contre Nantes, elle n’était pas à la hauteur de ce qu’on attendait d’un match comme celui-ci, c’était un tournant”, a confirmé Laurey.

Un tournant manqué, qui a amorcé la dégringolade alsacienne mais surtout le sursaut nantais qui a enchaîné deux succès dans la foulée pour recoller aux shorts des Strasbourgeois incapables de gagner depuis cinq matches, leur plus mauvaise série cette saison.

“Ça a commencé contre Nantes. On a donné le +boost+ à Nantes et après ils ont tout gagné. C’est difficile bien sûr, car on a manqué beaucoup d’occasions pour être plus calme mais on reste positif pour aller chercher ce maintien”, confiait le capitaine Stefan Mitrovic en conférence de presse d’avant-match.

“Tu laisses tomber”

Avec Thierry Laurey, pas la peine d’insister sur sa fin de règne, il n’est venu en conférence de presse que “pour parler du match”. Le reste ? “Tu laisses tomber, c’est aussi simple que ça…”

Cette semaine, son président Marc Keller, d’habitude peu loquace, a également balayé ces questions d’un revers de main dans la presse locale (DNA), mais surtout envoyé un message à ses joueurs. “Il faut que l’on sente une réaction presque une révolte…un comportement irréprochable” avec “des guerriers” sur le terrain.

“J’espère que ça va servir. Marc a voulu rassurer tout le monde et mettre les gens devant leurs responsabilités. Moi je veux de la détermination, de l’agressivité. Il faut se faire un peu plus violence et montrer qu’on est des compétiteurs, des professionnels mais sans faire n’importe quoi”, a résumé Thierry Laurey.

La situation est périlleuse mais l’entraîneur strasbourgeois met en garde contre toute idée de “révolution”. Il pointe surtout “des erreurs qui coûtent cher” mais refuse de parler de “mauvais matchs”, même contre Montpellier (2-3) dimanche alors que les Alsaciens étaient menés 3-0 dès la 48e minute.

A Nice, une défaite ne condamnerait pas Strasbourg, qui jouerait alors sa tête en L1 contre Lorient lors du dernier match. “Il y a du suspense à tous les étages, vous devriez être heureux”, a conclu Laurey.