L1: à Rennes, Salin et Mendy, deux gardiens pour le prix d’un

Romain Salin avec le Stade rennais lors de la victoire contre Montpellier à La Mosson, le 10 août 2019
/ © 2019 AFP

Le Stade Rennais a embauché deux nouveaux gardiens cet été pour succéder à Thomas Koubek, parti à Augsbourg (Allemagne): Romain Salin (Sporting Portugal), qui a bien entamé le championnat, et Edouard Mendy (Stade de Reims), qui devrait prendre le relais dimanche à Strasbourg.

Ce sont deux très bonnes affaires de ce mercato estival, à en juger par la solidité du premier, qui a participé activement à la victoire sur le Paris SG (2-1), dimanche dernier au Roazhon Park. Et le talent du deuxième, recruté à la barbe d’autres clubs de Ligue 1 qui le convoitaient aussi.

Formé à Rennes (vainqueur de la Coupe Gambardella), puis passé par Lorient, Libourne, Tours et Guingamp, Salin était connu des recruteurs bretons, avec un gros avantage: il était libre de tout contrat après son long séjour au Portugal (quatre clubs, et des fortunes diverses, entre 2010 et 2019).

Très expérimenté, le nouveau sage de l’effectif rennais, âgé de 35 ans, a parfaitement résisté aux assauts des attaquants montpelliérains (1-0) et surtout parisiens (2-1). Il devrait céder sa place à Mendy, dimanche en Alsace, mais on le reverra sûrement cette saison. Surtout si Rennes refait une belle campagne en Ligue Europa (tirage au sort la semaine prochaine) et enchaîne des matches tous les trois jours.

Deux leaders de vestiaire

Mendy, 27 ans, est rentré blessé à un doigt de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) où les Lions du Sénégal ont atteint la finale, sans lui. Un peu juste pour débuter le championnat, il est prêt à monter sur le front de l’est, à la Meinau, tout près de cette Champagne où il a brillé pendant deux saisons.

Jugez plutôt: 32 “clean sheets” (matches disputés sans encaisser de but) en deux ans, soit 18 en Ligue 2, pour participer à la remontée, puis 14 en L1 “dans un championnat qu’il découvrait”, a souligné Olivier Létang, le président rennais lors de sa présentation au Roazhon Park.

Prix de la nouvelle recrue: 4 millions d’euros, soit un tarif très raisonnable pour un gardien de qualité, indispensable en L1. Surtout quand on vise le Top 6 avec un budget en hausse (75 M d’euros) et un effectif renouvelé suite à plusieurs départs inévitables (Koubek, mais aussi Ben Arfa, André, Sarr, etc.).

Mendy est lié au club breton jusqu’en 2023. “Il a un mental d’acier” lié à son “parcours atypique”, une “autorité naturelle” et “c’est un leader de vestiaire”, a indiqué le président Létang. Avec Salin, ça fait donc deux leaders de vestiaire dans les cages rennaises. Et des rôles clairement définis, car Mendy a été embauché comme gardien numéro 1.

“Il va falloir laisser Eduardo (Camavinga) tranquille”, a illustré Salin dimanche soir, après le très gros match du prodige rennais, même pas 17 ans, face aux stars du PSG. Et s’il connaît une petite baisse de régime, “ça voudra dire que nous, les anciens, nous n’avons pas bien fait notre travail”, a-t-il ajouté, conscient de ses nouvelles responsabilités.

Ce sera peut-être l’un des secrets de la réussite de Rennes cette saison, une alchimie subtile entre jeunes et moins jeunes, autour d’un gros noyau dur africain (Camavinga, Niang, Mendy, Morel, Sakho, Traoré). Avec comme chef d’orchestre Julien Stéphan, un entraîneur de 38 ans pour qui la qualité de la partition est aussi importante que le talent des musiciens.