L1: à Rennes, Grenier a retrouvé une place au soleil

Le milieu de terrain de Rennes Clément Grenier (d) lors du derby contre Brest, le 17 janvier 2021 au stade Francis-Le Blé
Par Fanny CARRIER / © 2021 AFP

Artisan des succès de la saison 2018/19, Clément Grenier ne faisait plus partie des plans de Julien Stéphan, mais le revoilà au cœur du dispositif de Rennes, qui tentera de s’accrocher au wagon de tête de la Ligue 1, dimanche contre Lille (17H00).

“Ca a été un peu compliqué. Mais j’ai continué à travailler, à croire en moi”, a-t-il raconté juste avant la trêve de Noël, alors qu’il venait d’inscrire le but de la victoire face à Metz (1-0), son premier depuis août 2019.

“Un peu compliqué”… Lui qui avait brillé en Ligue Europa (jusqu’en 8e de finale) et en Coupe de France (jusqu’au titre) il y un an et demi, a bien enchaîné les matches au début de la saison dernière, mais à partir de l’automne 2019, son temps de jeu s’est réduit à peau de chagrin.

La faute à des blessures, mais aussi à la concurrence au milieu de terrain, avec en particulier l’éclosion d’Eduardo Camavinga.

C’est d’ailleurs le jeune prodige rennais de 18 ans qui a été appelé chez les Bleus cet automne.

Grenier, retenu dans toutes les sélections de jeunes, a fait cinq apparitions en équipe de France en 2013 et 2014, lors de matches amicaux, avant qu’une blessure n’anéantisse ses chances de participer au Mondial au Brésil. Il n’a plus été appelé depuis.

Nouveau système

A Rennes, il était donné partant depuis un an. Mais faute de propositions intéressantes, il a préféré rester, sans perdre espoir de sortir de l’ombre: “J’ai toujours continué à travailler. Même quand je ne jouais pas et qu’on ne comptait pas trop sur moi”, a-t-il raconté.

“Le problème de Clem’, c’est qu’il a eu pas mal de pépins physiques et quand tu n’enchaînes pas les matches, c’est compliqué. Surtout quand l’équipe tourne bien, car c’est difficile de modifier les choses”, assure à l’AFP son ancien équipier Benjamin André, et adversaire dimanche.

C’est donc quand les Bretons ont peiné à l’automne, entre Championnat et Ligue des champions, que Grenier est réapparu.

D’abord essentiellement sur la scène européenne, sans grand succès puisqu’il a participé aux cinq défaites rennaises. Puis en L1, où il est peu à peu monté en puissance au cours du mois de décembre.

Mais il restait en joker derrière le trio Nzonzi-Camavinga-Bourigeaud, jusqu’à ce que Stéphan choisisse d’aligner ses quatre atouts ensemble face à Lyon, avec Benjamin Bourigeaud décalé sur l’aile gauche, le jeune Jérémy Doku à droite, et Grenier en soutien d’un Martin Terrier plus à l’aise en avant-centre.

“Qu’on croie en moi”

Bingo! Clément Grenier a livré une prestation magistrale contre son club formateur, dans le pressing et la tenue de balle.

Après Metz (1-0), il a marqué contre Lyon (2-2) le 9 janvier, puis à Brest (1-2) le dimanche suivant. Et le trio qu’il forme avec Terrier et Bourigeaud, bien aidé par les accélérations de Doku, compte un total de sept buts et quatre passes décisives sur les cinq derniers matches.

Dimanche, Bourigeaud sera suspendu, mais l’entraîneur Julien Stéphan compte bien préserver ce nouvel équilibre pour ne pas se laisser distancer par les Lillois, deuxièmes au classement avec six points d’avance sur Rennes.

Pour Grenier, en fin de contrat en juin, c’est aussi une nouvelle occasion de marquer des points auprès d’éventuels recruteurs. Des médias britanniques ont évoqué l’intérêt de clubs de Premier League…

Lui-même se dit tenté par une aventure à l’étranger. En décembre, il ne fermait même pas la porte à un départ rapide: “Je ne sais pas ce qui se passera en janvier. J’aime ce club et tant qu’on me donnera la possibilité de jouer, je donnerai le maximum pour ce club. Ce que je veux, c’est continuer de jouer et qu’on croie en moi”.