L1: à Rennes, encore des raisons de croire au sursaut

Le sélectionneur du Stade Rennais, Julien Stéphan, lors du match de groupes de la Ligue des champions à domicile face à Séville, le 8 décembre 2020
Par Fanny CARRIER / © 2020 AFP

Une campagne européenne ratée, une chute brutale au classement en championnat, une défense passoire et une attaque stérile : le tableau est sombre pour Rennes, mais avant d’affronter Nice dimanche (13H00), le club breton peut encore croire à un sursaut.

. Une volonté de construire

Avec sept défaites sur les huit derniers matches, une anonyme 9e place en Ligue 1, à 7 points de l’objectif européen, et un seul petit point glané en six matches de Ligue des champions, beaucoup d’entraîneurs pourraient sentir leurs oreilles siffler.

Mais le président Nicolas Holveck a répété après l’échec européen qu’il n’avait “aucun doute” sur le projet à long terme avec Julien Stéphan. Et l’intéressé a déclaré que les Pinault, actionnaires uniques du club depuis 1998, s’étaient montrés “extrêmement rassurants, extrêmement positifs” après la nouvelle déroute, tant au score que dans la forme, samedi face à Lens (0-2).

Pour se donner les moyens d’aller de l’avant, le club a emmené les joueurs trois jours en stage en Andalousie cette semaine. Au menu : entraînements, activités collectives, échanges, repos… Le tout pour “retrouver de la fraîcheur mentale”, a expliqué Stéphan.

. Des joueurs qui s’accrochent ?

Ces dernières semaines, tous les matches de Rennes pouvaient être résumés dans ce constat amer de Benjamin Bourigeaud: “On a le ballon, c’est bien, mais on n’est pas tranchants, on ne pèse pas, c’est stérile et on se fait retourner”.

Avec une litanie d’occasions manquées en championnat, un but tous les 24 tirs en C1 et même 12 frappes sur les montants depuis le début de saison, les Rouge et Noir souffrent d’un manque d’efficacité manifeste.

Mardi pourtant, même menés 3-0 par Séville, ils n’ont pas renoncé, continuant à presser comme aux meilleures heures du “Stéphan Time”, ces fins de matches où ils ont su tant de fois retourner la situation l’an dernier. Ils y ont gagné un penalty, pour sauver l’honneur.

Et si, malgré la fin de la Ligue des champions, ils vont continuer à enchaîner les matches tous les trois ou quatre jours, au moins leurs adversaires de L1 seront-il cette fois à la même enseigne.

. Des jeunes bien présents

Ils ont à peine 18 ou 19 ans mais ils ont saisi leur chance : Brandon Soppy s’est révélé en début de saison, Adrien Truffert a apporté la fougue et le dynamisme qu’on attendait de Dalbert, recruté en prêt pour pallier la blessure de Faitout Maouassa.

Et face à Séville, Georginio Rutter, entré en jeu 10 minutes plus tôt pour redonner du peps à l’attaque, n’a pas hésité à tirer le penalty, transformé d’une frappe imparable en pleine lucarne.

Certes, ceux qui étaient attendus ont déçu. Le jeune Belge Jérémy Doku, transfert le plus cher du club, a mis du temps à trouver ses coéquipiers sur le terrain. Mais mardi, il a enfin multiplié les dribbles, les accélérations et surtout des passes qui auraient pu être décisives.

Déjà pilier de l’équipe, Eduardo Camavinga a perdu de sa splendeur depuis son passage chez les Bleus. Il a changé de statut, d’agent, subi une nouvelle blessure… S’il est encore loin de son meilleur niveau, il a semblé mardi avoir retrouvé un peu de rythme.

. Des absents qui reviennent

L’infirmerie rennaise n’a pas désempli cet automne. La blessure de Faitout Maouassa en septembre a sonné le début des soucis. Celle de Daniele Rugani, arrivé en prêt de la Juventus Turin, a privé le groupe d’un défenseur d’expérience sur la scène européenne.

Plus récemment, Serhou Guirassy, Alfred Gomis ou encore Romain Del Castillo se sont blessés, tandis que Nayef Aguerd et Martin Terrier ont été touchés par le Covid-19. Mais Maouassa est rétabli, et Aguerd est entré en fin de match face à Séville…

Porté disparu pendant des mois le temps temps d’un transfert raté et d’une longue remise en forme, Mbaye Niang s’est montré à nouveau combatif et dangereux face à Séville. Lui aussi a manqué de réussite, mais il s’en est fallu de peu.