L’entraĂ®neur de Nice Patrick Vieira lors du 16e de finale de Coupe de la Ligue au Mans (L2), le 30 octobre 2019
Par Janine GIANARIA / © 2019 AFP

DĂ©but d’incendie Ă  Nice après quatre dĂ©faites de rang ? L’entraĂ®neur Patrick Vieira et son capitaine, Dante, jouent les pompiers, mais le plus efficace serait de battre Reims, ce dimanche (17h00) pour la 12e journĂ©e.

Vieira endosse aussi le rĂ´le du gendarme. A-t-il Ă©tĂ© trop gentil avec les joueurs? “Je dirai plutĂ´t trop patient avec certains”, rĂ©pond-il, tançant pour la première fois de la saison son groupe en confĂ©rence de presse.

Pour la première fois depuis son arrivĂ©e sur la CĂ´te d’Azur, Patrick Vieira a pointĂ© les dĂ©faillances individuelles de ses joueurs après la sortie de route en Coupe de la Ligue chez le 18e de L2, Le Mans (3-2).

“AgacĂ©, très Ă©nervĂ©”, après “une performance inacceptable”, le technicien a mis en garde “certains joueurs” qui “doivent prendre conscience que leur rendement est insuffisant”.

Vieira prend sa part, se jugeant “pas assez derrière eux, pas assez prĂ©cis dans (ses) demandes”, mais sort aussi le bâton.

“Etat d’esprit”

“Le repli dĂ©fensif est par exemple un Ă©tat d’esprit. Quand on ne l’a pas, tout devient très compliquĂ© sur le terrain”, prĂ©vient le coach.

Nice, dont la dernière victoire remonte au 21 septembre (Dijon, 2-1), est Ă  trois longueurs du barragiste, il y a donc urgence, mĂŞme si l’OGCN n’est aussi qu’Ă  cinq longueurs des RĂ©mois (4e).

C’est surtout sportivement que Nice est sur une mauvaise pente. Son jeu se dĂ©lite, sa volontĂ© aussi. Très palpable en première pĂ©riode Ă  Strasbourg (1-0) et plus encore dans la Sarthe.

Le jeu et l’Ă©tat d’esprit n’y sont plus vraiment alors que ce sont les points clĂ©s du message du champion du monde 1998.

“On vit un moment difficile, ça fait partie de la construction”, admet “PV”, Ă©voquant l’arrivĂ©e du puissant nouveau propriĂ©taire, le groupe pĂ©trolier Ineos, qui n’a vĂ©cu que deux victoires depuis sa prise de pouvoir.

Vieira, qui a balayĂ© l’hypothèse d’un retour du chĂ´meur Hatem Ben Arfa (“Il ne rentre pas dans le projet”, a-t-il assurĂ©), n’est pas pour autant en danger.

“Accepter les critiques”

Son prĂ©sident, Jean-Pierre Rivère, lui a assurĂ© un “soutien total” mercredi dans les colonnes de Nice-Matin. “Il n’y a pas de crise. Il faut se serrer les coudes”.

En huit ans passĂ©s dans le fauteuil prĂ©sidentiel, il n’a Ă©cartĂ© qu’un seul entraĂ®neur. A ses tout dĂ©buts (Eric Roy, en novembre 2011). Et il avait ensuite soutenu Claude Puel puis Lucien Favre lors d’automnes sous pression.

Vieira peut aussi compter sur le soutien de son capitaine. Dante et le coach sont sur la mĂŞme longueur d’onde, y compris sur l’idĂ©e d’un certain embourgeoisement avec l’arrivĂ©e du milliardaire Jim Ratcliffe fin aoĂ»t et dans son sillage de recrues de talent ouvrant de nouvelles perspectives Ă  une formation classĂ©e 7e Ă  la force du poignet au printemps.

“Il faut accepter les critiques et se regarder tous dans le miroir. J’ai la chance d’en avoir un grand chez moi”, dit Dante au sujet du changement de ton de Vieira.

Pour le BrĂ©silien, le groupe est derrière son coach. “Il met un système en place et il peut dire tout ce qu’il veut, ce n’est pas lui qui joue sur le terrain. On doit retrouver notre Ă©tat d’esprit de l’an passĂ©, faire les efforts ensemble”.

“Contre Reims et Bordeaux nous avons dĂ©jĂ  le devoir de retrouver nos valeurs. Car si nous gagnons en jouant comme au Mans, nous ne serons pas contents”, assure un Dante tout autant volontariste que pragmatique: “j’aimerais bien avoir 6 points de plus Ă  la trĂŞve”.

Les Niçois ont deux matches pour se mettre à la hauteur des exigences de leur coach.