L1: à Nice, enfin l’heure de Maolida?

L’attaquant de Nice, Myziane Maolida, buteur lors du match de Ligue 1 à domicile face à Angers, le 7 février 2021
/ © 2021 AFP

Décisif, enfin! Impliqué sur quatre des sept derniers buts niçois et désormais épargné par les blessures, Myziane Maolida semble abandonner ses habits d’intermittent du talent et commence à faire son trou à l’OGC Nice, opposé samedi au Paris SG en Ligue 1 (17h00).

A 22 ans, l’attaquant formé à Lyon, mais Parisien de naissance, est bien sûr attendu sur la durée. Car les étincelles récentes ne suffisent pas à éclairer pleinement les trois saisons très anonymes livrées sur la Côte d’Azur.

A son arrivée à l’été 2018, les espoirs étaient pourtant réels. Pour remplacer Alassane Plea, parti en Allemagne, Nice s’était en effet tourné naturellement vers la filière lyonnaise, qui l’a rarement déçu.

Le club azuréen mise sur Maolida et investit sans hésitation 10 millions d’euros pour engager jusqu’en 2023 le prometteur attaquant, passé par toutes les sélections de jeunes et déjà auteur avec l’OL de trois buts toutes compétitions confondues, dont un contre… Nice.

Mais près de trois ans plus tard, le bilan de l’ancien de l’AC Boulogne-Billancourt est terne: 20 titularisations seulement, dont trois cette saison, pour trois buts et sept passes décisives.

“Oui, mon bilan est négatif mais je travaille au quotidien pour inverser la tendance”, a reconnu cette semaine celui dont le maillot est floqué “Myziane”.

“Angers est mon match le plus complet dans le contenu et dans le temps de jeu. C’est un bon déclic pour moi et l’équipe. L’essentiel est d’enchaîner et confirmer”, a-t-il ajouté, en référence à la victoire 3-0 des Aiglons la semaine dernière, lors de laquelle il s’est illustré avec un but et une passe décisive pour Amine Gouiri, un autre ancien Lyonnais.

“Gros travailleur”

L’attaquant a aussi récemment été dans les bons coups conclus par Pierre Lees-Melou à Monaco (défaite 2-1) et en Coupe à Nîmes (3-1), confirmant sa bonne forme actuelle, soulignée aussi par son coach Adrian Ursea, successeur de Patrick Vieira depuis décembre, qui a plusieurs fois ces dernières semaines mis en avant la qualité de son travail à l’entraînement.

Le courant passe d’ailleurs bien entre le joueur et la nouvelle équipe de techniciens. “Vieira avait confiance en moi mais il ne l’a pas toujours démontré. Avec le nouveau staff, il y a plus de dialogue et je me sens mieux. Je suis plus libéré”, a ainsi admis Maolida.

“Nous essayons de le mettre dans les meilleures conditions en dialoguant”, a de son côté expliqué Ursea. “Il a beaucoup de potentiel et un registre bien particulier. Il a tout pour bien faire”, a assuré le technicien roumain.

Mais pourquoi alors a-t-il fallu attendre si longtemps pour voir le talent éclore ?

“Il y a eu de nombreuses circonstances défavorables. Primo, les blessures. Les gens ne se rendent pas compte que ce sont des épreuves difficiles à traverser. Et puis je n’ai pas eu l’opportunité d’enchaîner dans certaines situations. Maintenant, je suis bien dans ma tête”, a expliqué le joueur, qui a aussi été baladé à tous les postes de l’attaque en fonction des besoins du moment.

Une apparente nonchalance a pu également jouer en sa défaveur. “J’ai un langage corporel qui déplaît à beaucoup mais il est trompeur. Je suis un gros travailleur”, assure pourtant l’ancien Lyonnais, ce que confirme l’adjoint d’Ursea, Frédéric Gioria.

“Depuis son arrivée, c’est un petit toujours en demande. Du rab après l’entraînement, du travail individuel avec la vidéo pour ses déplacements, de la +muscu+ lorsqu’il est blessé… Il est très déterminé”.

Désormais lancé, “Myziane” doit trouver sa vitesse de croisière sur la Riviera.