L1: à Nantes, que vogue la galère…

L’entraîneur de Nantes, Antoine Kombouaré, lors du match de barrages de la Ligue 1 à Toulouse, le 27 mai 2021
Par Fanny CARRIER / © 2021 AFP

Un maintien arraché sur le fil, un président toujours plus isolé, des finances en berne, un mercato compliqué et un conflit avec les supporters qui tourne au grand-guignol: la nouvelle saison de Ligue 1 s’annonce encore rock ‘n’ roll à Nantes.

“On n’est pas passés loin de la catastrophe. Il ne faut jamais oublier ça. Mais en même temps il faut passer à autre chose, c’est une nouvelle saison, avec une nouvelle préparation, on espère de nouveaux joueurs, une nouvelle équipe”, explique à l’AFP l’entraîneur Antoine Kombouaré, qui parle de “page blanche”.

Le décor reste cependant le même. Début juillet, Franck Kita, fils du président Waldemar et directeur délégué du club a été clair: “On va rester là, le club n’est pas à vendre”.

Malgré le fossé qui s’est créé avec le tissu local, le départ de plusieurs sponsors et un bilan peu reluisant depuis leur arrivée en 2007 avec seulement deux saisons terminées dans le top 10 de Ligue 1…

“On a ça en nous”, a assuré Franck Kita, tout en rappelant que son père s’était toujours dit prêt à vendre, à condition de rentrer dans ses frais et d’avoir l’assurance que le projet est viable pour le club.

“Renouer” avec les supporters

Dans cette optique, l’un de ses sponsors, Philippe Plantive, patron de Proginov (logiciels de gestion), et l’ancien gardien Mickaël Landreau ont présenté en juin le “Collectif nantais”, une société réunissant des investisseurs locaux encore loin d’avoir rassemblé les dizaines de millions d’euros nécessaires pour racheter le club et éponger ses dettes.

Entre le fiasco des droits TV et les mesures sanitaires, Nantes affiche 40 millions d’euros de pertes depuis le début de la crise du Covid-19. Les Canaris ont failli se voir privés de mercato cet été par le gendarme financier du foot français et ils vont devoir rogner sur leur budget (de 75 à 65 millions d’euros) cette saison.

Aucune discussion n’est ouverte pour l’instant mais le ton du Collectif nantais comme des Kita est resté très courtois, contrairement au conflit avec une partie des supporters: manifestations en marge des matches à huis clos, railleries en tous genres ont ponctué la saison passée, jusqu’à l’enterrement du “FC Kita” lors de la dernière journée de championnat.

Une semaine plus tard, fêtant le maintien arraché en barrage contre Toulouse, des salariés du club accompagnés de Mogi Bayat et Bakari Sanogo, deux agents controversés très proches de Kita, sont allés déterrer le cercueil. Une trentaine de supporters masqués ont alors pénétré de force au stade pour le récupérer.

Même pour un club nantais habitué aux turbulences régulières, c’était trop: deux assaillants présumés seront jugés en novembre, les associations de supporters ont appelé à l’apaisement, Franck Kita lui-même a reconnu “des erreurs des deux côtés” et l’entraîneur insiste: “On veut renouer le contact avec les supporters, leur dire qu’on est là, qu’on a besoin d’eux.”

Des trous en attaque

Pour Kombouaré, qui est devenu en février le 16e coach de l’ère Kita (sans compter les intérims et les retours) et le 4e de la saison, il n’est pas question d’ignorer cet environnement mais pas non plus “de nous chercher l’excuse de ces problèmes pour ne pas faire bien notre travail”.

Pour cela, il se prépare avec un groupe d’environ 25 joueurs, où la priorité est désormais de renforcer l’attaque, puisqu’il ne peut pas compter sur le duo en réussite en fin de saison: Kalifa Coulibaly est retenu par des soucis de santé et Randal Kolo Muani, qui brille actuellement à Tokyo avec l’équipe de France olympique, refuse de prolonger et rêve d’Allemagne.

Le milieu Imran Louza, grande réussite du centre de formation nantais, s’est envolé pour Watford (1ère div. anglaise). Et des rumeurs de presse évoquent aussi un départ de l’ailier Moses Simon ou du meneur de jeu Ludovic Blas.

En revanche, le gardien international Espoirs Alban Lafont n’est peut-être plus aussi impatient de partir. Wylan Cyprien est arrivé en prêt de Parme (2e div. italienne) pour remplacer Louza. Et comme à chaque mercato, des rumeurs courent sur des arrivées plus ou moins souhaitées par le coach via les réseaux de Bayat.