L1: A Nantes, après le fiasco Domenech, place à Kombouaré

Antoine Kombouaré, alors entraîneur de Toulouse, lors d’un match de championnat à Nice le 21 décembre 2019
Par Fanny CARRIER / © 2021 AFP

L’insolite parenthèse Domenech vite refermée, c’est Antoine Kombouaré, ancien défenseur des Canaris et habitué des missions compliquées, qui s’attaque jeudi au défi de relever un FC Nantes en pleine déroute.

Le nouvel entraîneur sera présenté à la presse jeudi à 11h30, accompagné de Franck Kita, directeur délégué du club et fils de Waldemar Kita, l’homme d’affaires propriétaire et président du FC Nantes depuis 2007.

Ni Franck ni Waldemar Kita ne s’étaient déplacés pour la présentation de Domenech fin décembre.

Ce sont pourtant eux, bien plus que l’ancien sélectionneur des Bleus, que de nombreux supporters conspuent lors de rassemblements réguliers, sur les murs de la ville ou lorsqu’une poignée d’entre eux avaient diffusé de la musique de cirque lors du premier entraînement de Domenech.

Désormais 18e de Ligue 1 et barragiste virtuel, piteusement éliminé mercredi en Coupe de France par des Lensois sans complexes (4-2) et meurtri par une série record de 16 matches sans victoire, Nantes est plongé dans une crise sans fin.

Kombouaré a l’avantage de bien connaître les lieux: arrivé à Nantes à 19 ans, il a porté le maillot du club entre 1983 et 1990.

A 57 ans, il revient pour relever le défi de devenir le 16e entraîneur (sans compter les intérims) de l’ère Kita, et le 4e de cette saison après Christian Gourcuff, un intérim d’un mois de son adjoint Patrick Collot et six semaines de Domenech.

Succès à Dijon, échec à Toulouse

Sa mission: tenter d’éviter la relégation en Ligue 2. Il y a deux ans, il y était parvenu à Dijon: arrivé début janvier, il avait permis au club bourguignon de se maintenir en Ligue 1 après des barrages contre Lens.

Le technicien kanak a aussi sauvé plusieurs fois Valenciennes, mais n’a pas pu empêcher la relégation de Lens en 2015, une saison après l’avoir fait remonter dans l’élite.

Il n’a pas non plus réussi à redresser Toulouse la saison dernière: le TFC était dernier à son arrivée et toujours dernier à son départ, début janvier.

Comme entraîneur, il a en outre dirigé une saison et demie un autre de ses anciens clubs comme joueur, le Paris SG, qui l’a limogé en décembre 2011 alors que le club de la capitale, tout juste racheté par le fonds souverain qatari, était en tête de la L1.

Il est aussi passé par Strasbourg, Guingamp ou encore l’Arabie Saoudite.

Lors de ses années guingampaisesachevées brutalement après une défaite 5-0… à Nantes fin 2018

, Kombouaré avait accompagné la révélation de Ludovic Blas, aujourd’hui l’un des joueurs les plus doués du FCN, même si Gourcuff regrettait sa désinvolture et Domenech se méfiait d’une propension à vouloir tout résoudre seul.

Six semaines pour Domenech

L’ancien défenseur central devra aussi s’attaquer au cas de Nicolas Pallois, “le roc” de la charnière centrale la saison dernière, intronisé capitaine cette saison mais désormais très en deçà de son niveau. Suspendu les deux derniers matches à cause d’une exclusion pour contestation, il est sorti à la mi-temps mercredi face à Lens après une prestation catastrophique.

Pour Raymond Domenech, arrivé fin décembre à la surprise générale parce qu’il n’avait plus entraîné depuis le fiasco de Knysna lors du Mondial-2010 en Afrique du Sud, c’est un nouvel échec, avec un record de brièveté sur le banc, même pour Kita: six semaines, sept matches et aucune victoire.

Son discours optimiste même après les matches ratés, insistant sur la nécessité de retrouver le plaisir de jouer et sur sa confiance dans les qualités de ses joueurs, n’a pas eu d’effet sur le terrain.

Et sa sortie de scène n’a pas échappé au surréalisme: placé à l’isolement à la suite d’un test de Covid-19 positif, et malgré un contre-test négatif, il avait cédé sa place sur le banc à Patrick Collot mercredi. Selon ce dernier, il a continué à donner ses instructions depuis sa chambre d’hôtel, alors même que la nouvelle de son limogeage, sortie juste avant le match, se répandait dans les médias.