L1: à Monaco, objectif confirmation, consolidation et… Ligue des champions

Le vice-président de l’AS Monaco, le Russe Oleg Petrov, en conférence de presse à Monaco, le 21 juillet 2021
Par Christophe BELLEUDI / © 2021 AFP

Troisième de Ligue 1 la saison passée, l’AS Monaco veut se “pérenniser au niveau européen”, comme le clame son vice-président Oleg Petrov, qui mise sur un effectif stabilisé pour retrouver la Ligue des champions dès septembre.

Champion en 2017, au bord de la relégation deux ans plus tard, l’ASM semble aujourd’hui avoir retrouvé de la stabilité, grâce aux bases posées l’an dernier par les arrivées de Paul Mitchell comme directeur sportif et de l’entraîneur Niko Kovac.

“Les fondations que nous construisons visent le long terme, explique Petrov. Nous voulons que le club devienne le plus stable possible.”

“On fait en sorte d’être structuré dans chaque branche pour ne plus faire de pas en arrière et vivre les difficultés récentes”, assure le dirigeant russe, qui a reçu cette année les clés du nouveau centre de performance du club.

Dans le même temps, il a fermé la porte à la politique de “trading” à outrance, qui a fait que l’ASM a compté jusqu’à plus de 70 professionnels sous contrat.

Solder les vestiges

Depuis son arrivée, Mitchell a pour mission de réduire ce nombre, tout en renforçant le groupe. A un mois de la fin du mercato, Monaco possède 48 joueurs sous contrat, dont une douzaine, très jeunes, est affectée à l’équipe réserve.

Une autre dizaine est vouée à partir, parmi lesquels certains gros salaires, vestiges du passé, comme Keita Baldé, Henry Onyekuru, Pelé et Antonio Barreca, qui ne s’entraînent plus à La Turbie.

D’autre part, si l’orientation est toujours de valoriser les meilleurs éléments, Monaco ne les vendra désormais qu’avec parcimonie, d’autant que “la situation actuelle du mercato est inédite, incertaine et difficile pour beaucoup de clubs”, souligne Mitchell.

Mais le président et actionnaire principal, Dmitri Rybolovlev, a les reins solides. “Il a soutenu le club et a été très important” durant la pandémie et la crise des diffuseurs, assure Petrov sans dévoiler de chiffres.

Cette saison, le budget prévisionnel est de 225 millions d’euros. Cette hausse de 10 M EUR est un indicateur de l’implication du milliardaire russe dans la consolidation du club, vitrine essentielle de la Principauté.

Ce soutien n’a d’ailleurs pas laissé le Palais insensible. Même si Rybolovlev est toujours englué dans des affaires judiciaires en Principauté et que leurs relations n’ont pas toujours été au beau fixe, le Prince Albert a suivi quelques rencontres au côté de l’oligarque la saison dernière. Un signe fort de la part du souverain.

Bientôt Lucas et Boadu

Albert aime voir son club performant. Il l’a été en 2021.

Monaco a réussi une phase retour canon, avec une 3e place au bout et une finale de Coupe de France (perdue face au PSG) qui portent la marque de Kovac, dont les principes, entre système évolutif (4-2-3-1 en phase défensive, 3-5-2 en phase offensive) et pressing haut, ont été convaincants.

“Le club est déjà fort, indique Petrov. Chaque année, nous visons l’Europe. Avec la volonté d’aller le plus souvent en Ligue des champions.”

Pour y parvenir cette saison, Monaco devra éliminer le Sparta Prague, puis franchir un autre tour. Un parcours périlleux.

Mais la préparation a été longue et intense, les matches amicaux intéressants. Kovac a vanté la qualité du travail fourni par un effectif très jeune mais renforcé par les retours de l’Euro de Wissam Ben Yedder et Kevin Volland.

“Le groupe actuel est consistant, très fort athlétiquement, analyse Mitchell. La volonté est de mettre un maximum de concurrence entre les joueurs pour offrir la plus grande qualité”.

Les recrutements ciblés du gardien Alexander Nübel et du latéral gauche Ismail Jakobs, deux jeunes Allemands à fort potentiel, vont dans ce sens. Ceux, attendus, du milieu brésilien Jean Lucas (Lyon) et de l’attaquant néerlandais Myron Boadu (Alkmaar) également. Comme la confiance dans l’évolution des talents déjà présents, tels Sofiane Diop, Eliot Matazo, Enzo Millot ou Chrislain Matsima.

Désormais à Monaco, on veut toujours des résultats. Mais on entend aussi semer patiemment…