L1: à Monaco, le collectif au soutien de Ben Yedder

L’attaquant de Monaco, Wissam Ben Yedder, marque sur penalty lors du match de Ligue 1 contre Lyon, à Décines-Charpieu, le 25 octobre 2020
Par Christophe BELLEUDI / © 2021 AFP

Ralenti par le Covid-19, incapable de marquer hors penaltys depuis septembre, Wissam Ben Yedder vit une période compliquée à Monaco. Mais l’attaquant est couvé par son entraîneur et ses partenaires, qui espèrent un déclic contre Montpellier vendredi en Ligue 1 (21h00).

Huit buts et deux victoires (5-2 à Lorient, 3-0 contre Angers) en 2021 ont permis à Monaco, qui se déplace à Montpellier, de retrouver le quatuor de tête de L1. Pourtant, tout n’est pas rose en Principauté.

Si l’entraîneur Niko Kovac doit s’assurer que les rouages de son équipe ne se grippent pas, que ses joueurs ne se relâchent pas, il doit aussi résoudre un point plus complexe: permettre à Ben Yedder de marquer au plus vite. L’image de son dépit après son remplacement contre Angers résume une situation devenue délicate.

Certes, l’international français reste important dans le dispositif offensif. Il initie certaines actions, crée des décalages. Mais il n’est plus à la finition. +Miarma+ (+Mon âme+, le surnom affectueux de ses années sévillanes) a inscrit ses quatre derniers buts sur pénalty. Dans le jeu, cela remonte au 27 septembre, contre Strasbourg (3-2)! Une éternité!

Cette disette n’est pas anodine. “C’est mon capitaine, j’échange beaucoup avec lui, la semaine, souligne Kovac. On essaie de l’aider pour le mettre dans les meilleures conditions pour marquer à nouveau. Il est attaquant et veut marquer.”

“Evoluer collectivement”

A l’entraînement, de nouveaux automatismes pour permettre au co-meilleur buteur de la saison dernière (18 buts avec Kylian Mbappé) de se retrouver plus souvent en position préférentielle, ont été élaborés.

Auteur, contre Angers, d’une passe décisive pour Kevin Volland, le latéral gauche Caio Henrique l’explique: “Nous, ses coéquipiers, devons tout faire pour lui permettre de se créer des occasions. Si le ballon ne va pas à lui, c’est difficile. Nous devons évoluer collectivement.”

“Mais Wissam est un exemple, poursuit le Brésilien. Il reste serein même si la situation est frustrante. Il travaille énormément et, comme on se crée beaucoup d’occasions, il va avoir des opportunités et en profiter.”

En parallèle à l’opération +Relancer WBY+, Kovac doit veiller à ne pas freiner l’épanouissement de Kevin Volland (9 buts, 5 passes), “qui marche sur l’eau”, dit le défenseur Benoît Badiashile. Car l’objectif N.1 est de pérenniser la dynamique de l’équipe.

Entre gestion d’égos, management humain et stratégie sportive, Kovac s’appuie sur son expérience et son sens diplomatique pour continuer à valoriser Ben Yedder, malgré sa période délicate.

WBY: “Être plus fort”

“Il n’est pas heureux actuellement, reconnaît le coach monégasque. Mais n’a pas le blues. Il rit, reste positif et donne son maximum à l’entraînement. C’est un grand professionnel, focus sur le football. J’apprécie son attitude.”

“Vous allez être surpris mais, ce match contre Angers a été pour moi le meilleur de Wissam, assure-t-il encore. Même s’il n’a pas marqué (…), je mets 10/10 à son travail défensif.”

En lui imposant un harcèlement continu de l’arrière-garde adverse, Kovac force la nature de son capitaine, qui a étoffé son jeu. “Je lui ai dit: +Écoute, Kevin travaille aussi beaucoup pour l’équipe. Pourtant, il marque et donne des passes décisives. En travaillant moins ou courant moins, tu marqueras pas forcément plus. Kevin démontre le contraire.+”

WBY a écouté et accepté. Car il veut progresser dans l’optique d’une place en Bleu à l’Euro. “J’aurais préféré de ne pas avoir le Covid qui m’a éloigné de l’équipe de France et de Monaco, disait-il fin décembre. Je me fixe maintenant l’objectif d’être plus fort. Je n’ai pas de limite.”

“On est une équipe. On a besoin de lui. Il a besoin de nous, conclut Kovac. Le foot est fait de hauts et bas. Mais dans le futur, il marquera beaucoup de buts très importants pour Monaco.”