L1: à Monaco, Jardim s’accroche pour inverser la tendance

L’entraîneur monégasque Leonardo Jardim partage sa joie avec ses joueurs à l’issue de la victoire face à l’OGC Nice à Louis II, le 24 septembre 2019
Par Christophe BELLEUDI / © 2019 AFP

“Il n’y a pas d’autre façon de mesurer le travail d’un entraîneur que ses résultats”: Leonardo Jardim, le coach de Monaco, sait qu’il a obligation de victoire contre Brest samedi, pour insuffler une nouvelle dynamique à son équipe, barragiste avant la 8e journée de L1.

Sous le feu des critiques d’une frange des supporters, d’une partie de la population monégasque mais aussi de personnes proches du club, le technicien portugais a obtenu un sursis grâce à la nette victoire sur le rival Nice (3-1), mardi dernier.

Avec six points récoltés, Monaco demeure toutefois loin des exigences présidentielles de Dmitri Rybolovlev. La réception de Brest sera cruciale pour la suite de la saison. Jardim le sait. Mais contrairement à la saison dernière, lors de laquelle il avait été limogé avant d’être rappelé, il estime avoir les moyens de réussir.

. Confiance en sa méthode

Si Jardim a longtemps tâtonné pour trouver le schéma tactique de son équipe, il n’a en revanche aucune interrogation pour mener son son groupe à la performance. Sa méthodologie de travail n’évoluera pas.

Selon lui, à l’exception des entraîneurs aux objectifs spécifiques à courte durée, tous passent par des cycles de résultats irréguliers. Mais il sait pertinemment que “les entraîneurs vivent des victoires”. Il vient de remporter sa 3e en L1, seulement, depuis le 15 mars dernier (pour 6 nuls et 8 défaites).

“Le résultat, il n’y a pas d’autre façon de mesurer notre travail d’entraîneur, lance-t-il. Ici, au Real Madrid ou à Beausoleil. Mais il dépend de différent facteurs, dont la qualité de l’équipe ou de son développement.”

. Joueurs réceptifs

Si l’attaquant Islam Slimani reconnaît que la victoire fait du bien à son entraîneur comme aux joueurs, “tous sous pression”, l’ambiance est restée studieuse à La Turbie.

“Travailler ainsi est positif, souligne Jardim. Mais on ne change rien à notre méthodologie, nos idées, notre planning. Avec l’implication de chacun. Cette victoire est importante mais signifie peu. Il faut enchaîner contre Brest.”

Le technicien insiste sur deux points: maintien du 3-5-2 et implication collective. Ce 3-5-2 “avait bien marché à Strasbourg (2-2), indique-t-il. On a changé contre Marseille (défaite 4-3), et donné trop d’espaces. On est revenu à ce positionnement contre Reims (0-0). C’est celui dans lequel l’équipe est la plus équilibrée actuellement.”

Jardim veut “un groupe uni, des joueurs proches au milieu et sur la ligne défensive, pour répondre au manque de confiance de l’équipe”.

Sans Glik ni Fabrégas? Il balaie: “Je fais une gestion d’effectif. Il est difficile d’enchaîner trois matches. On l’a vu avec Slimani, Silva, d’autres. J’ai parlé avec Glik (avant Nice, ndlr) et Fabrégas (…), des joueurs importants, avec une histoire, qui aideront beaucoup.”

D’ailleurs, la façon avec laquelle le buteur Ben Yedder et le remplaçant Glik ont célébré ensemble le troisième but contre Nice, atteste de la bonne ambiance actuelle.

. Direction vigilante

Pourtant, l’équilibre est fragile. Rybolovlov, qui est allé féliciter ses joueurs et son entraîneur dans les vestiaires après le derby et, le vice-président Oleg Petrov, au quotidien, maintiennent la pression et exigent des joueurs une implication totale.

Ce dernier s’adresse parfois au groupe. Mais le plus souvent, c’est à Jardim qu’il fait passer son message. Les deux hommes savent que d’importants intérêts communs les lient. De la réussite de leur saison dépend leur futur.

Petrov estime l’effectif très solide, les investissements réalisés (137 millions d’euros) suffisants pour rebondir. “On est au début, conclut Jardim. On a perdu beaucoup de points. L’ambition est de remonter au classement.” Le podium, veut Rybolovlev.