L1: A l’OM, Pablo Longoria au centre du jeu

Le directeur sportif de l’OM Pablo Longoria, le 29 septembre 2020 à Marseille

Par Stanislas TOUCHOT / © 2021 AFP

Pilote d’un mercato prolifique mais qui a provoqué la rupture avec André Villas-Boas, le directeur sportif de Marseille Pablo Longoria doit désormais trouver un nouvel entraîneur et se retrouve plus que jamais en première ligne d’un projet totalement chamboulé et qu’il incarne par défaut.

Plus d’entraîneur, un président haï d’à peu près tous les supporters et un propriétaire américain qui n’a plus posé les pieds à Marseille depuis un an et demi: aujourd’hui, le visage de l’OM est celui de Pablo Longoria, jeune Espagnol (34 ans) débarqué cet été avec le titre imposant de “Head of Football”.

Jusqu’à lundi soir minuit, quand le mercato a fermé, Longoria semblait avoir réussi une forme d’exploit, avec un marché actif dans le sens des arrivées comme dans celui des départs, au point d’apparaître comme l’anti-Zubizarreta, son très placide prédécesseur.

Longoria avait trouvé un attaquant de valeur (Milik), un indispensable latéral droit (Lirola), des portes de sortie pour Strootman, Mitroglou et leurs monstrueux salaires et un point de chute intéressant pour Sanson (Aston Villa) avec une belle vente à la clé pour l’OM (autour de 18 millions d’euros).

Il avait même innové avec une double opération qualifiée de “moderne” avec la Juventus (arrivée de Tongya, départ d’Aké), source d’une jolie plus-value pour le club provençal, dont les comptes rouges vifs avaient bien besoin.

Mais tout a basculé autour du profil d’Olivier Ntcham, venu remplacer numériquement Sanson, à la grande fureur de l’entraîneur André Villas-Boas, opposé à ce choix dont il a dit ne pas avoir été informé. La suite est connue: démission puis mise à pied de l’entraîneur pour, notamment, des “propos tenus en conférence de presse à l’égard de Pablo Longoria”.

“année zéro”

Mercredi, au lendemain de cette nouvelle forte secousse, Longoria était à Lens pour accompagner un groupe ébranlé et le duo d’entraîneurs intérimaires formé de Nasser Larguet, directeur du centre de formation, et Philippe Anziani, coach de la réserve.

“Nous sommes dans une période vraiment difficile après tout ce qui s’est passé samedi et hier avec le départ du coach”, a-t-il dit sur Téléfoot, petite voix et cernes profondes. Le club “a fait un bon mercato” et doit désormais “continuer à travailler pour le futur”, a-t-il ajouté.

De fait, Longoria a du boulot. Sa priorité est désormais de trouver un nouvel entraîneur pour l’OM. Les noms de l’Argentin Jorge Sampaoli (ex-Séville) et de l’Italien Maurizio Sarri (Naples, Chelsea, Juventus) circulent, reflets des ambitions de Longoria et de son regard tourné vers l’Espagne ou l’Italie.

Natif d’Oviedo et supporter du Sporting Gijon, Longoria est en effet passé par la Ligadirecteur du recrutement à Huelva et directeur sportif à Valenceet par la Serie Arecruteur à l’Atalanta Bergame puis directeur du recrutement à Sassuolo et à la Juventusavant d’atterrir à l’OM, où il a été proposé par un cabinet de chasseur de têtes.

“La Juventus a été mon université”, a-t-il aussi expliqué au mois de décembre dans une interview accordée au quotidien La Provence.

Mais au-delà du coach, Longoria va devoir rebâtir en profondeur l’effectif, ce qu’il a d’ailleurs commencé à faire cet hiver. Plusieurs joueurs majeurs arrivent en fin de contrat en juin (Thauvin, Amavi…) et des prolongations de contrat semblent de plus en plus improbables.

Les joueurs prêtés sont eux aussi nombreux (Lirola, Cuisance, Balerdi…) et le visage de l’OM 2021-2022 reste extrêmement flou. Pour Marseille, la saison prochaine sera “l’année zéro”. La formule est de Villas-Boas, mais l’architecte, c’est Longoria.